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"Ce n'est que le premier jour de la révolution", "venir couvert, de noir vêtu" : comment les réseaux sociaux ont nourri les violences du 17 octobre

Avant la journée de mobilisation de samedi contre la vie chère, les services de renseignement assuraient que le 17 octobre "ne serait pas le grand soir". Mais des défaillances ont finalement été observées, en lien avec la difficulté de distinguer les vrais appels à manifester des fausses pistes sur les réseaux sociaux.

Des débordements sont observés au centre de Paris depuis le 17 octobre 2026

Crédit : AFP

17 octobre : comment les réseaux sociaux amplifient la crise

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Pierre Coplo & La rédaction numérique de RTL

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Ils constituent un vrai moteur de l'esprit de révolte. Ces derniers jours, en amont et durant les manifestations du 17 octobre, les réseaux sociaux ont joué un véritable rôle dans la crise que traverse le pays, permettant une nouvelle forme d'organisation. Entre les messageries cryptées, les boucles Telegram ou Signal rassemblant jusqu'à des dizaines de milliers de personnes et sur lesquelles sont partagées des consignes comme venir couvert de noir vêtu pour être anonymisé ou encore de se rassembler à des endroits non déclarés.

Il y a aussi des vidéos tournées face caméra d'influenceurs, certaines postées sur TikTok avant le 17 octobre, comme celle-ci par un utilisateur suivi par 60.000 personnes : "On sera bien tous d'accord, ce n'est que le début ! Le premier jour de la révolution. Le 18, on ne s'arrête pas, on continue. Et on continue le 19, le 20, le 21, le 22, le 23, le 24. En mode, il n'y a pas de règles. C'est mieux que je ne parle pas, parce qu'il y a la DGSI qui va venir débarquer devant ma porte demain matin. Mais voilà", dit un internaute, dans une vidéo aimée en 24 heures par 27.000 personnes.

D'ailleurs, l'intelligence artificielle n'est pas en reste, avec des visuels de bâtiments en flammes générés lors du 17 octobre et des vidéos aussi accompagnées en fond d'une musique épique. "Si vous pensez obtenir vos droits dans le confort, vous vous trompez. Il peut y avoir des gaz, des tirs, des blessés, vous risquez la garde à vue... J'aimerais vous poser une question : est-ce que vos valeurs et votre morale se limitent à la loi", entend-on par exemple sur l'un de ses contenus, avec un format qui galvanise et qui fédère.

"Si quelqu'un veut un truc, DM moi"

Samedi dernier, les casseurs ont partagé des vidéos de leurs dégradations en direct, bien souvent via des applications utilisées pour les jeux vidéo : dans des lives parfois visionnés par jusqu'à 80.000 personnes en simultané, commentés et partagés, qui ont incité les plus opportunistes à se joindre à la casse et aux pillages, comme dans celui-ci où l'on voit un homme cagoulé, ressortir d'une boutique avec un appareil photo en main.

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Il interpelle ceux qui le suivent : "Si quelqu'un veut un truc, DM moi, parce que je suis encore là jusqu'à minuit. Enfin si c'est faisable, là j'ai pas de sac". C'est cette méthode de communication difficile à anticiper qui a échappé aux renseignements, occupés parfois à vérifier la véracité de certains appels au rassemblement générés par IA et qui n'étaient que des fausses pistes.
Les autorités craignent que ce fonctionnement se reproduise pour l'acte 2 samedi prochain. Elles indiquent d'ailleurs auprès de RTL travailler activement pour mieux gérer cette nouvelle forme de mobilisation en temps réel.

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