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"L'élu" autoproclamé devra encore patienter : pourquoi Kylian Mbappé, battu d'un cheveu par Harry Kane, a encore vu le Ballon d'or se refuser à lui ?

Devenu meilleur buteur de l'histoire de la Coupe du monde cet été, le capitaine de l'équipe de France a établi le meilleur classement de sa carrière au Ballon d'or, avec une deuxième place derrière le lauréat anglais. Mais il en manquait trop à son bilan pour espérer mieux.

Kylian Mbappé lors de la cérémonie du Ballon d'or à Londres, le 26 octobre 2026.

Crédit : FRANCK FIFE / AFP

Gabriel Joly

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Encore raté. Au lendemain de son doublé au Camp Nou pour donner la victoire au Real Madrid dans le Clasico face au FC Barcelone (2-1), Kylian Mbappé espérait se voir remettre son premier Ballon d’or, lundi 26 octobre. Mais il a fini par déchanter, restant prostré sur son siège lorsque l’Anglais Harry Kane a finalement été appelé sur la scène du London Palladium. 

L’attaquant du Bayern Munich (73 buts en 65 matchs cette saison, contre 58 en 60 pour l’ex-Parisien) a même dû faire l'effort de venir vers lui pour le saluer, trophée en main, quand les autres concurrents lui ont au moins fait l'honneur de se lever pour lui.

À 27 ans, Mbappé devra encore patienter pour devenir le 7e Ballon d'or français de l'histoire (après Raymond Kopa, Michel Platini trois fois, Jean-Pierre Papin, Zinédine Zidane, Karim Benzema et Ousmane Dembélé), même s’il a accroché le meilleur classement de sa carrière en terminant deuxième, à un cheveu. Soit un rang de mieux qu’en 2023, lorsqu’il avait capitalisé sur sa Coupe du monde XXL au Qatar, avec un triplé en finale.

Son Mondial n'a pas suffi

C’est probablement la grande leçon de sa soirée : sa compétition estivale avec les Bleus, aussi réussie soit-elle individuellement, ne pouvait pas suffire à sauver son bilan cette année au vu de la densité de prétendants.

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Au Mondial, ses 10 réalisations sur cette édition nord-américaine lui ont permis d’exister dans la course au Ballon d’or, puisqu’il est également devenu le meilleur buteur de l’histoire du tournoi avec 22 pions, devançant d’une unité Lionel Messi. Si bien qu’il n'est pas étonnant que les 100 votants - un journaliste pour chacune des 100 nations les mieux classées à la Fifa - l’aient placé aussi haut, les champions du monde Lamine Yamal (3e) et Rodri (4e) se chipant mutuellement des voix.

Néanmoins, la fin en eau de boudin avec un non-match contre l'Espagne en demi-finales semblait sonner le glas de son ambition dorée (0-2). De fait, Mbappé reste un joueur qui n'a remporté aucun trophée la saison dernière, étant de nouveau supplanté par le Barça en Liga et éliminé en quarts de finale de la Ligue des champions par le Bayern Munich (1-2, 3-4), malgré deux réalisations de sa part sur la double confrontation.

In fine, son titre de meilleur buteur de la compétition tient essentiellement à sa phase régulière stratosphérique, avec un quadruplé contre le modeste Olympiakos en novembre (13 de ses 15 buts), car il était en difficulté avec son genou à l'hiver, puis avec sa cuisse au printemps.

L'un des écarts les plus infimes du siècle après une campagne intense

Et pourtant, sa stratégie de communication, presque politique, est passée proche de fonctionner, le rédacteur en chef de France Football Vincent Garcia ayant parlé d'un écart encore plus serré qu'entre Rodri et Vinicius en 2024 (il était de 41 points). Depuis l'annonce des nominés le 8 septembre dernier, le capitaine de l'équipe de France a multiplié les interviews pour plaider sa cause et défendre ses statistiques, puisqu'aucun candidat ne se démarquait spécialement.

"Pour qui je vote ? Pour moi. C'est un trophée individuel. Il n'y a pas meilleur que moi la saison dernière", soulignait le Pichichi du championnat espagnol (25 buts) dans un entretien XXL avec France Football. "Quand on regarde les arguments, quand on regarde la concurrence… Je regarde, et je me dis que ouais, ça ne serait pas volé". Et ce, pour ensuite multiplier les interviews à CNN, AS, The Athletic ou encore RFI, où il promettait de dédicacer son éventuel sacre à l'Afrique, manière de draguer les jurys issus du continent.

Cette entreprise, dans la foulée du Mondial, a certes permis de mettre sous le tapis quelques épisodes pour le grand public, entre le fait que le Real Madrid était meilleur sans lui lors de la démonstration en huitièmes de finale aller de C1 contre Manchester City (3-0) ou encore lorsque ses vacances avec sa compagne Ester Exposito - sur une période de blessure - se retrouvaient conspuées par les fans merengues. Mais les ficelles étaient un peu trop grosses et la démarche sûrement trop bourrine.

D’ailleurs, Mbappé n'a pas manqué de ternir ses relations avec Ousmane Dembélé, qui était également en course pour sa propre succession, le présentant "comme un joueur de talent", par opposition à lui, "toujours vu comme l'élu". Ce lundi, les deux habituels amis n’étaient pas à côté, leur compatriote Michael Olise s’étant glissé entre eux. L’une de ses missions sera de se rabibocher avec le Ballon d’or 2025, dont il aura besoin aux tours couperets de Ligue des nations, si sa saison madrilène est assez bonne pour prétendre à l’objet tant convoité.

Car "l'élu" autoproclamé est devenu le premier tricolore à aligner neuf présences dans le top 10 consécutives du Ballon d'or, depuis sa période monégasque... Mais il va un jour s'agir d'y triompher.

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