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De la matière fécale sur certaines carcasses : les importations de poulet chinois gagnent discrètement du terrain en France et inquiètent

La France importe désormais plus de la moitié du poulet qu'elle consomme, faute d'une production suffisante. Dans ce contexte, les exportations chinoises vers l'Europe progressent fortement, portées par des prix très compétitifs.

Un élevage de poulet au Brésil (illustration)

Crédit : Silvio AVILA / AFP

Le poulet chinois arrive en force dans vos rayons

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Joanna Chabas - édité par La rédaction numérique de RTL

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La demande de poulet est telle que la production française ne suffit plus. La France doit aujourd'hui importer de l'étranger plus de la moitié du poulet qu'elle mange. L’un des grands gagnants de cette crise, c'est la Chine. Les exportations de volailles chinoises vers l'Europe ont bondi de 27% en un an, 57% en deux ans. Ça représente 150.000 tonnes par an. 

Ce poulet chinois est déjà présent dans l'alimentation quotidienne, mais pas forcément sous une forme identifiable au premier coup d'œil. On le retrouve surtout dans le poulet cuit utilisé dans les salades, les sandwichs préparés, les produits transformés comme les nuggets, et jusque dans certains restaurants.

Au Salon de l'agroalimentaire à Paris, un importateur interrogé par RTL, explique que de grands industriels ont recours à cette viande. Il détaille les écarts de prix : "Le chinois, c'est l'option la moins chère. Par exemple, là, c'est 4,70 le kilo, alors que le poulet polonais, ce serait 5,50. Et la volaille française, c'est bien plus de 7 euros le kilo." Ce poulet arrive par bateau et met quatre semaines à atteindre le port de Rotterdam, aux Pays-Bas, avant d’être envoyé dans des usines européennes.

Comment font ces producteurs chinois pour proposer du poulet si peu cher ?

Si les producteurs chinois peuvent proposer des tarifs aussi bas, c'est aussi en raison des habitudes de consommation locales. En Chine, les consommateurs mangent davantage les ailes, les cuisses et les pattes, et moins le blanc de poulet. Les entreprises écoulent donc ces filets à très bas prix sur les marchés étrangers.

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Au salon, un producteur chinois décrit des capacités industrielles considérables : "Nous avons quatre abattoirs. Les employés n'ont que quatre jours de repos par mois. On peut abattre jusqu'à 1 million de poulets par jour."

Paul-Henri Lava, qui travaille pour la filière européenne de la volaille, dit son inquiétude face à cette puissance de production. Après avoir vu les images présentées sur place, il constate : "Il y avait des photos des outils de production et on voit que c'est clairement surdimensionné par rapport à ce qu'on a en Europe. On se sent un peu petit pour le coup, ça s'avère aussi complètement neuf. Donc on voit que le gouvernement chinois met en place des outils de production importants. C'est un peu inquiétant pour nos producteurs."

Y a-t-il des risques sanitaires ?

Sur le plan réglementaire, l'Union européenne n'autorise que l'entrée de poulet cuit en provenance d'une région précise de Chine, le Shandong, avec, en théorie, les mêmes normes sanitaires que pour les autres produits importés.


Mais les inspections menées sur place ont mis en évidence plusieurs anomalies. Des enquêteurs de la Commission européenne ont relevé la présence de matières fécales sur certaines carcasses, du matériel mal stérilisé et des problèmes de traçabilité. Bruxelles a demandé à la Chine de se mettre en conformité, et un nouvel audit doit avoir lieu cet automne.
 
Pour le consommateur, la question de l'information reste centrale. En rayon, il est aujourd'hui impossible de savoir clairement si un produit contient du poulet chinois. Les emballages portent seulement la mention "origine HORS UE", sans préciser s'il s'agit d'une viande venue de Chine, du Brésil ou d'Ukraine.


La filière française de la volaille et des associations de consommateurs réclament donc un affichage plus précis du pays d'origine. Au restaurant, en revanche, cette provenance doit être clairement indiquée.

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