1. Accueil
  2. Actu
  3. Société
  4. Baccalauréat 2021 : le Grand Oral fait polémique en pleine crise sanitaire
3 min de lecture

Baccalauréat 2021 : le Grand Oral fait polémique en pleine crise sanitaire

ÉCLAIRAGE - Un pétition lancée par des élèves de terminale réclame la suppression de cette nouvelle épreuve du baccalauréat. Jeudi 25 mars elle comptait plus de 11.000 signatures.

Un candidat passe la baccalauréat en juin 2019
Un candidat passe la baccalauréat en juin 2019
Crédit : DOMINIQUE FAGET / AFP
Marie Zafimehy

L'épreuve n'a encore jamais eu lieu mais elle suscite déjà l'inquiétude. Dans une pétition signée par plus de 11.000 personnes jeudi 25 mars, des élèves de terminale demandent la suppression du Grand Oral, grande nouveauté de la réforme du baccalauréat. "Monsieur Blanquer, regardez la réalité en face", implorent-ils le ministre de l'Éducation nationale en l'alertant sur le contexte sanitaire.

Épreuve inédite, le Grand Oral prend la forme d'un entretien entre l'élève et un jury composé de deux professeurs. Il porte sur les enseignements de spécialité choisis en classe de première - et dont les épreuves écrites ont été annulées cette année. Après 20 minutes de préparation sur une question (sur deux qu'il aura travaillées en amont pendant l'année), l'élève devra faire une présentation de 5 minutes suivie d'un échange avec le jury. Enfin, les professeurs l'interrogeront sur ses choix d'orientation.

La crise sanitaire a renforcé les inégalités entre les élèves et les établissements

Pétition "BACCALAURÉAT : SUPPRESSION DU GRAND ORAL 2021"

Qu'il s'agisse du corps enseignant ou des élèves, l'inquiétude porte sur l'impact qu'a pu avoir la crise sanitaire sur la préparation de cette épreuve dont le coefficient est de 10 pour la voie générale et 14 pour la voie technologique

"La crise sanitaire a renforcé les inégalités entre les élèves et les établissements, insistent ainsi les élèves dans leur pétition. Certains n’ont pas eu de réels cours de leurs spécialités pendant le 1er confinement entrainant des retards de programme. D’autres ne vivent pas dans un milieu les permettant de travailler correctement et certains n’ont même pas d’ordinateurs pour faire leurs recherches. Certains se voient même priver (sic) de leurs professeurs de spécialités !" 

À lire aussi

Dans Libération, les deux élèves à l'origine de cette pétition - qui souhaitent rester anonymes - confient les raisons qui les ont poussé à se faire les porte-paroles de leurs camarades. "Cette épreuve aurait dû être préparée dès la première, puis tout au long de l’année de terminale, ce qui n’est pas du tout le cas : on vient à peine de commencer", expliquent-elles au quotidien. "Aussi, la réforme a été annoncée entre 2017 et 2018, et l’Éducation nationale n’a toujours pas ajusté les détails trois mois avant de l’épreuve… On a l’impression que le ministre veut absolument qu’elle ait lieu car c’est un peu la nouvelle épreuve phare de sa réforme, mais même les profs manquent d’informations."

Dans ces conditions, comment préparer un examen national de façon équitable ?

Claire Guéville, en charge du bac au Snes-FSU

Interrogée par l'AFP, Claire Guéville, en charge du bac au Snes-FSU, premier syndicat du secondaire s'interroge ainsi : "Selon les établissements, des classes de Terminale resteront à plein temps en présentiel, d'autres vont passer en demi-groupe. Dans ces conditions, comment préparer un examen national de façon équitable ?" Son syndicat et d'autres demandent sa suppression, en cette année scolaire rognée par le Covid-19. "Avec la crise, tout le monde a pris du retard sur les programmes, il nous faut regagner du temps d'enseignement", plaide Jean-Rémi Girard, du Snalc (secondaire).   

Certains professeurs ont pu s'inscrire à des formations pour aider leurs élèves à se préparer au mieux pour cette épreuve orale, mais celles-ci interviennent trop tard, regrette David Boudeau, secrétaire général de l'association des professeurs de biologie et géologie. "Là, on bricole ; on essaye, tant bien que mal, de faire réfléchir nos élèves à leurs questions, mais le travail sur l'oral proprement dit, sur la posture ou sur la voix, on ne pourra pas le faire", prévient-il. 

Ces épreuves devraient pouvoir se tenir, avec des règles sanitaires strictes

Ministère de l'Éducation nationale

Contacté par RTL.fr, le ministère de l'Éducation nationale estime qu'il est "trop tôt" pour se prononcer sur un éventuel aménagement ou même une suppression du Grand Oral. "Les textes permettent de s'organiser jusque 15 jours avant les épreuves", rappelle le cabinet de Jean-Michel Blanquer en référence à une ordonnance passée en décembre dernier. "Le ministère ne souhaite pas s'inscrire dans cette perspective", poursuit-il. "Ces épreuves devraient donc pouvoir se tenir, avec des règles sanitaires strictes". Qu'il s'agisse du Grand Oral ou de l'épreuve de philosophie qui doit elle aussi se tenir en juin prochain.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/