2 min de lecture Pédophilie

Affaire Gabriel Matzneff : la réaction poignante de Christine Angot

Dans une tribune publiée dans "Le Monde", l'écrivaine Christine Angot réagit à la tentative de défense de Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie.

La polémiste Christine Angot lors de l'émission "On n'est pas couché"
La polémiste Christine Angot lors de l'émission "On n'est pas couché" Crédit : Capture / France 2
Sarah Belien
Sarah Belien
Journaliste RTL

"Vous preniez vos désirs pour des réalités". L'écrivaine Christine Angot a tenu à interpeller Gabriel Matzneff ce mardi 31 décembre. L'écrivain, âgé aujourd'hui de 83 ans, est accusé d'acte pédophile par l'écrivaine Vanessa Springora dans son livre Le Consentement

Ce dernier a tenté de se défendre en dénonçant des "attaques injustes". Au moment des faits, Vanessa Springora avait 14 ans, il en avait 50. "Vous l'appelez Vanessa ? Vous pensez pouvoir vous autoriser à l’appeler par son prénom, alors qu’elle vient de publier ce livre ? Vous prétendez encore à cette intimité," questionne Christine Angot au début de sa tribune publiée par Le Monde.

L'écrivaine évoque son admiration pour Gabriel Matzneff lorsqu'elle était plus jeune, et son passé avec son père. "Je ne le voyais plus à l’époque où je vous lisais. J’avais réussi à couper, à dire à ma mère. Mais je continuais à me raconter qu’il m’avait aimée, comme vous disiez aimer les jeunes filles dont vous parliez dans vos livres," écrit-elle.

"On ne peut pas jouir tout le temps"

Christine Angot utilise des mots crus pour dénoncer la gravité des actes de l'écrivain et l'absurdité de sa défense. "Vanessa, beaucoup d’autres, moi-même, c’est exactement ce qu’on a ressenti, une tristesse qui suffoque, quand on avait la queue d’un père ou d’un homme qui aurait pu l’être dans la bouche. Pendant que nos copines vivaient leur adolescence," attaque l'écrivaine.

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L'autorité, le pouvoir, le savoir. "Vous en profitez. Abus de pouvoir, classique." Christine Angot n'hésite pas à dénoncer la perversion de Gabriel Matzneff, qui, par ailleurs à l'époque, ne cachait pas son attirance sexuelle pour les moins de 16 ans. "Son consentement était une fiction, un leurre pour se protéger. (...) Et vous, candide, 'aussi naïf que peut l’être un pervers', comme aurait dit Nabokov, vous y avez cru."

Christine Angot revient souvent sur les visites chez un psychanalyste, qui les ont aidées, elle et Vanessa Springora. "Vous réussissiez un bon coup. Maintenant, c’est fini. Le charme a dû se rompre dans le cabinet du psychanalyste." Et conclut : "On ne peut pas jouir tout le temps." L'écrivaine ne manque pas de rappeler la tentative du gouvernement de créer une loi pour définir l'âge de consentement à un acte sexuel avec un majeur. Elle n'a jamais été votée.

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