3 min de lecture Pédophilie

Gabriel Matzneff "est indéfendable", affirme Pauline de Saint-Rémy

ÉDITO - Gabriel Matzneff, 83 ans aujourd’hui, a été dans les années 70 et 80 la figure de proue d’un mouvement de promotion de la pédophilie. "Une pratique émancipatrice" estimaient certains à l'époque.

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Gabriel Matzneff "est indéfendable", affirme Pauline de Saint-Rémy Crédit Image : Pierre GUILLAUD / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Pauline de Saint-Remy
Pauline De Saint-Rémy
édité par Paul Turban

La polémique enflamme les réseaux sociaux depuis quelques jours. L’écrivain Gabriel Matzneff est sous le feu des critiques en vue de la sortie d'un livre, signé Vanessa Spingora. Cette écrivaine de 47 ans aujourd'hui a eu une liaison avec l'écrivain alors qu’elle n’était qu'une collégienne de 14 ans. Il en avait 50. Le livre s’appelle Le Consentement.  Elle y donne sa version des faits, celle d'une relation sous emprise. Mais Gabriel Matzneff a encore ses défenseurs, aussi bizarre que cela puisse paraître. 

Alors, de quoi, de qui parle-t-on ? Gabriel Matzneff, 83 ans aujourd’hui, a été dans les années 70 et 80 la figure de proue d’un mouvement de promotion de la pédophilie. Tout simplement. Certes, il n’utilisait pas ce mot-là, mais le mot, lui, est justement apparu dans le vocabulaire courant des Français, dans les années 70. 

Cet écrivain était peu connu du grand public, mais encensé par la critique, très admiré dans un certain milieu intellectuel parisien. Il avait notamment son rond de serviette sur le plateau de la grand-messe littéraire qu’était l’émission de Bernard Pivot, Apostrophes, sur Antenne 2. 

Gauche émancipatrice versus droite moralisatrice

Non seulement cet homme n’a jamais été inquiété par la justice – ce qui pose question, évidemment – mais, en plus, quand il se plaisait à raconter, parfois dans le détail, ses ébats avec des enfants, garçons ou filles, quelques fois âgés de 8 ans, certains journaux, de gauche, comme Le Monde ou Libération, y voyaient un discours de défense de la liberté.  
 
Et si vous vous demandez qui, à l’époque, en France, condamnait cette façon de penser, j’ai posé la question à l’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, qui est l’auteur d’une  Histoire de la pédophilie. Elle m’a répondu qu’ils étaient "rares". Dans la presse, ils étaient essentiellement de droite ou d’extrême droite, citons France Soir et Minute. Le problème c’est que plus ceux-là se rangeaient du côté de la morale, plus une certaine gauche prenait plaisir à les provoquer. 
 
C’est ahurissant, on a du mal à y croire. Mais il faut bien avoir en tête qu’on est, à l’époque, quelques années après mai 68, et la pédophilie est présentée, par ceux qui la défendent, et dès lors qu’elle se fait "sans contrainte" - avec des guillemets à cette notion, on va y revenir - comme une pratique émancipatrice pour l’enfant, et donc révolutionnaire parce qu’elle remet en question l’ordre social bourgeois, fondé sur la famille notamment. 

L'art contre le droit ?

Lorsque l’immense majorité des Français découvre cette affaire, elle tombe des nues - le mot est faible –, on est surtout écœurés. Il se trouve une minorité pour les traiter, pour nous traiter, de "Tartuffe", de "puritains", de "moralisateurs". Pour nous répondre benoîtement : "autre temps autres mœurs !" Comme si nos cris d'effroi les dérangeaient.

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Le premier débat, celui que Matzneff lui-même voudrait imposer, c’est celui de l’art. De l’art comme excuse. Lorsqu’il s’est lui-même défendu contre des attaques, en 2013, dans une tribune publiée sur le site du Point, Matzneff écrivait, je le cite : "Juger un livre sur sa moralité ou sa prétendue immoralité est une spectaculaire connerie". Or, ça n’est pas le sujet. Ni celui de l’art, ni celui de la morale. Ses livres doivent être jugés sur le seul critère esthétique. Et ses actes, selon le code pénal. Point à la ligne. 
 
Le second débat est celui de la nature de sa relation, de ses relations. Cela peut surprendre, mais rappelons tout de même que le droit français, quand il différencie l’agression sexuelle de l’atteinte sexuelle, suppose que le consentement peut exister chez un mineur. C’est aussi sujet à débat, mais pas celui d’aujourd’hui. Toute la question est donc celle du consentement de ses victimes. De toute évidence, l’aspect répétitif, frénétique, assumé de ses rapports avec des mineurs rend caduc cet argument. Gabriel Matzneff laissait libre cours à ses pulsions. Il est indéfendable. Et tout le monde ferait bien de le reconnaître.

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