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13 novembre : une telle attaque terroriste peut-elle à nouveau avoir lieu ?

ÉCLAIRAGE - Plus de cinq ans après les attentats qui avaient touché Paris et avaient fait 131 morts, la menace terroriste n'est plus aussi élevée mais le risque zéro n'existe pas.

Les secours et les forces de l'ordre devant le Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris
Les secours et les forces de l'ordre devant le Bataclan le 13 novembre 2015 à Paris
Crédit : MIGUEL MEDINA / AFP
Où est en la menace terroriste sur le territoire français ?
05:05
Où est en la menace terroriste sur le territoire français ?
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Thomas Prouteau - édité par Nicolas Barreiro

Le procès des attentats du 13 novembre s'est ouvert ce mercredi 8 septembre, à Paris. Au total, 20 personnes doivent être jugées au cours des neuf mois à venir. Elles sont accusées d'avoir joué un rôle dans ces attentats qui avaient fait 131 morts et plus de 400 victimes. Près de six ans après, il est légitime de se demander si une attaque terroriste d’ampleur peut à nouveau avoir lieu sur le sol français.

Il faut évidement être très prudent, le risque zéro n'existe pas et tous les acteurs de l'antiterrorisme le disent. Mais les services de renseignement et au premier rang la DGSI s'accordent : l'État islamique est considérablement affaibli, les principaux cadres impliqués dans les attentats de 2015 sont morts et le groupe terroriste ne possède plus de territoire propre. La projection vers l'Europe d'un commando kamikaze, n'est donc plus considérée comme un risque immédiat.

Il reste toutefois deux bémols. D'une part l'État islamique n'a pas renoncé à frapper. Ses combattants mènent chaque jour des dizaines d'attaques en Irak et en Syrie. Et d'autre part, sa propagande continue de viser la France. Ce qui inquiète le plus aujourd'hui c'est le passage à l'acte d'individus isolés, sans lien direct avec l'État islamique, plus ou moins fragiles psychologiquement, et susceptibles de mener des attaques "inspirées". C'était le cas à Rambouillet en avril dernier lorsqu'une employée administrative du commissariat a été poignardée à mort par un chauffeur livreur radicalisé et dépressif.

Les autres menaces

L'État islamique n'est pas le seul groupe susceptible de frapper la France. L'autre groupe menaçant c'est encore et toujours Al-Qaïda. Ses capacités d'actions sont elles aussi réduites mais ses filières au Yémen et au Sahel sont très actives. Et Al-Qaïda a posté mi-juillet une longue vidéo, presque une heure, consacrée en grande partie à la France, à sa mécréance et la nécessité de nous attaquer. Là encore visiblement dans l'objectif d'inspirer des fanatiques isolés, de déclencher à peu de frais des attentats de basse intensité. 

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Là encore Al-Qaïda conserve la volonté de "frapper les pays occidentaux au cœur", nous disait un haut responsable de la lutte antiterroriste en début de semaine, mais doit prendre en compte des États, dont la France, beaucoup mieux préparés. 

Ce qui a changé depuis

Le procureur de la République de Paris au moment des attaques, François Molins, a reconnu sur RTL qu'il y avait des failles. Toutefois, il note que des progrès ont été réalisés depuis le 13 novembre. "Bien sûr il y a eu des failles, tout le monde le reconnait. Mais on voit aujourd'hui les choses avec une grille de lecture qu'on n'avait pas à l'époque. On sait après coup que la coopération à cette époque là aurait pu mieux marcher. Ce qu'il faut comprendre aussi c'est que c'était il y a cinq ans, que beaucoup d'efforts ont été faits depuis en renforçant l'arsenal législatif", expliquait-il.

Depuis ce drame, "On a certainement perdu en naïveté, on a progressé en coordination des renseignements, on a beaucoup progressé sur la coopération internationale sous l'égide d'Europol et d'Eurojust, on ne travaille pas de la même façon". Pour illustrer ces progrès, un exemple très simple. Quand Salah Abdeslam fuit en Belgique le lendemain du 13 novembre, il est contrôlé par des gendarmes français à la frontière belge.

Seulement le fichier européen, le SIS, à disposition des gendarmes ne leur dit pas qu'il est suivi pour terrorisme en Belgique. Ces informations ne sont pas partagées à l'époque mais elles le sont aujourd'hui. Même chose pour certains des kamikazes du 13 novembre, entrés en Europe avec les migrants dans le chaos de 2015. Leur nom n'a pas sonné lors de leur enregistrement en Grèce. Cela serait tout simplement impossible aujourd'hui.

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Plus de coordination entre les services de renseignement, cela signifie qu'ils ne se parlaient pas, ou presque pas. Cela avait d'ailleurs déclenché une colère mémorable de Bernard Cazeneuve lors des attentats de janvier 2015. 

Très concrètement, il y a aujourd'hui une cellule de coordination permanente au sein de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), avec un représentant de chaque service de renseignement dont la DGSE, la CIA française. À la moindre alerte, au moindre doute, les informations sont échangées. Une coordination existe aussi, même si c'est dans une moindre mesure, avec les services européens.  

Encore une fois, il reste impossible de prétendre réduire la menace à zéro mais l'époque de la naïveté, comme le dit François Molins, est révolue.

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