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Michel Cymes alerte sur le traumatisme de la fausse couche

1 femme sur 4 est victime d'une fausse couche. Un véritable traumatisme pour celle qui a perdu le fœtus, qui en plus de devoir se justifier, se sent responsable et culpabilise.

Michel Cymes : comment faire face au traumatisme de la fausse couche ?
Michel Cymes : comment faire face au traumatisme de la fausse couche ?
Crédit : JAUBERT/SIPA
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Michel Cymes
Animateur

Une fausse couche peut laisser des séquelles aux femmes qui en sont victimes. Ce traumatisme est bien plus répandu que ce que l'on imagine. En effet, cela concerne 1 femme sur 4 et ça n’a évidemment rien d’anodin. 

Au-delà du drame intime que peut représenter la perte d’un fœtus pour une femme ou même un couple qui rêve d’avoir un enfant, il y a tout un tas de choses induites par la fausse couche et auxquelles on ne pense pas forcément, jusqu’à ce qu’on y soit confronté.


Faire une fausse couche, c’est déjà difficile. Mais quand il faut ensuite en parler à son entourage comme si l’on avait à se justifier, quand il faut répondre aux questions des collègues de bureaux qui vous demandent où vous étiez passée pendant les quelques jours qu’a duré votre arrêt maladie, quand il faut, parce que ça existe aussi malheureusement, endurer les sous-entendus du conjoint, ça commence à faire beaucoup pour une seule et même femme qui peut culpabiliser et s’en trouver démoralisée pour un moment.

Ne pas refuser le soutien psychologique

Chacun réagit et gère ce traumatisme à sa manière mais une chose est sûre : il ne faut pas que la parole soit maintenue sous l’éteignoir. Il est rare qu’une femme ayant fait une fausse couche n’ait pas besoin de parler. En tout cas, quand on en ressent le besoin, il ne faut surtout pas bouder le soutien psychologique auquel on a droit, ne serait-ce que pour éviter de ruminer de mauvaises questions.

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Beaucoup de femmes se demandent ce qu’elles ont fait de mal ou ce qu’elles n’ont pas fait comme il faut. Elles se repassent le film et se demandent ce qu’elles auraient dû changer dans leur comportement. 

Bref, elles retournent le même type de questions dans tous les sens et ça aboutit toujours à la même conclusion : "La responsable, c’est moi".  Mais tout cela est absurde. Il n’y a pas de responsabilité à chercher quand la Nature a décidé que les choses ne se feraient pas. Ou en tout cas pas ce coup-ci.

Attention aux termes employés par les soignants

Et puis, je voudrais dire un mot à propos du personnel soignant, on lui reproche parfois d’annoncer les choses un peu froidement. Je suis tout à fait conscient que dans les hôpitaux, on travaille dur et avec insuffisamment de moyens. Pour ceux qui en douteraient, je crois que ce qu’on a vécu ces dernières semaines a permis de remettre les idées en place. 

À l’hôpital, on est en permanence confronté à toutes sortes de malheurs et, oui, il y a plus grave qu’une fausse couche... Mais peut-être faudrait-il que le personnel soignant bannisse ces phrases censées remonter le moral mais qui ne font que renforcer le mal-être des femmes ayant fait une fausse couche. "C’est pas grave", "Ce sont des choses qui arrivent", "Ça fonctionnera la prochaine fois", "Vous n’aurez qu’à recommencer" etc.

Je sais bien que ce sont là des mots qui se veulent apaisants mais malheureusement, ils sont inaudibles pour les femmes qui viennent de perdre l’enfant à naître. Mais on touche là à la formation du personnel soignant à qui on n’a pas toujours appris comment dire les choses et surtout annoncer les mauvaises nouvelles, que ce soit dans le cas qui nous préoccupe aujourd’hui ou dans d’autres cas, beaucoup plus graves. 

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