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États-Unis : chez les catholiques, polémique autour du vaccin Johnson & Johnson

Décrivant la vaccination comme un acte "charitable", la Conférence des évêques catholiques des États-Unis invite cependant à préférer, lorsque cela est possible, les vaccins de Moderna et Pfizer plutôt que celui de Johnson & Johnson.

Le vaccin Johnson & Johnson pourrait être distribué dans l'UE dès la fin du mois de mars.
Le vaccin Johnson & Johnson pourrait être distribué dans l'UE dès la fin du mois de mars. Crédit : JUSTIN TALLIS / AFP
Victor
Victor Goury-Laffont Journaliste

À peine autorisé et déjà sous le feu des projecteurs. Le vaccin de l'entreprise Johnson & Johnson, dont la distribution aux États-Unis a démarré ce mardi 2 mars, suscite surtout de l'espoir, étant le premier vaccin disponible à ne nécessiter qu'une seule injection. Chez les catholiques américains, en revanche, il crée un certain inconfort.

Comme le précise un article de la radio américaine NPR, le vaccin Johnson & Johnson a été développé à l'aide d'une "lignée cellulaire", constituée à partir d'un fœtus avorté en 1985. Les cellules prélevées sur ce fœtus ont ensuite été reproduites d'innombrables fois. Conséquence : les cellules utilisées sont séparées de milliers de générations du fœtus de 1985, explique un médecin interrogé par CNN

Les cellules sont ensuite infectées avec un adénovirus, une famille commune de virus, dont l'ADN a été modifié pour que la protéine Spike, qui permet à la Covid-19 de pénétrer le système immunitaire, y soit ajoutée. L’adénovirus est ensuite extrait, désactivé pour ne pas provoquer la maladie, et injecté pour créer une réponse immunitaire.

Les vaccins Pfizer et Moderna conseillés

Les vaccins Pfizer et Moderna, eux, ont également eu recours à des lignées cellulaires de ce type. Cependant, il s'agissait uniquement d'un moyen pour tester leur produit. "Si aucun de ces deux vaccins est libre de toute connexion à des lignées cellulaires moralement compromise, la connexion est dans ce cas très éloigné du mal initial de l'avortement", expliquait la Conférence des évêques catholiques des États-Unis dans un communiqué en décembre.

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Cette même organisation durcit désormais le ton. Dans un nouveau communiqué, elle invite les croyants à préférer, lorsque cela est possible, les vaccins Pfizer et Moderna : "S'il est possible de choisir entre des vaccins contre la Covid-19 à l'efficacité et de sécurité équivalente, le vaccin avec le moins de connexion à des lignées cellulaires dérivées d'avortements devrait être choisi. En conséquence, si l'un à la possibilité de choisir un vaccin, les vaccins de Pfizer ou Moderna devraient être choisis plutôt que celui de Johnson & Johnson".

Malgré cela, la Conférence des évêques catholiques des États-Unis décrit la vaccination comme un acte "charitable", "qui sert le bien commun". En décembre, le Vatican avait publié un communiqué qui avance que "lorsqu'aucun vaccin éthiquement irréprochable n'est disponible (...) il est moralement acceptable d'utiliser un vaccin contre la Covid-19 pour lequel des lignées cellulaires issues de foetus avortés ont été utilisées dans le processus de recherche ou de production".

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