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Covid-19 : quelle est la situation sanitaire dans l'enseignement supérieur ?

Dans les zones d'alerte renforcée ou maximale, les établissements de l'enseignement supérieur doivent respecter une jauge de capacité d'accueil fixée à 50% dans le cadre de la lutte contre la propagation du coronavirus.

L'université de Nice (illustration)
L'université de Nice (illustration) Crédit : Google Street View
Marie Guerrier
Marie Guerrier édité par Florise Vaubien

Quelle est la situation sanitaire réelle dans les Universités ? Désormais, dans les zones d'alerte renforcée ou maximale, les établissements de l'enseignement supérieur (universités et écoles post-bac) sont contraints d'accueillir seulement la moitié de leurs étudiants. Une jauge fixée à 50% par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus. 
 
Il n'y a pas un chiffre global du nombre d'étudiants testés positifs. En Ile de France, la plus grosse région étudiante (plus d’un quart des étudiants du pays y vivent), 796 cas ont été recensés depuis le 10 septembre sur 705.000 étudiants, ça représente 0.11% selon les données du Rectorat.
 
On dispose aussi des chiffres université par université quand elles veulent bien les communiquer, quelques exemples : 52 cas sur 60 000 étudiants à l'université de Lorraine. 32 à Montpellier-Université Paul Valéry sur 22 000 étudiants. 23 à Rennes 2 pour 21 000 étudiants depuis la rentrée.

Les clusters se forment dans les universités

À l'Université de Lille, on peut comparer le bulletin sanitaire d'une semaine sur l'autre et les chiffres augmentent. Le 24 septembre : 208 cas déclarés sur les 86.000 étudiants, le 1er octobre : 263. Le taux d'incidence (nombre de cas positifs du 100.000 tests rapportés au nombre d'étudiants) est passé de 269 à 337.
 
Jean Chambaz, le président de Sorbonne Université comptabilise pour son établissement parisien 103 étudiants testés positifs sur 55.000, 0.20%. "Les universités ne sont pas des foyers de contamination, dit-il, nous déclarons les cas mais les cas ne se déclarent pas à l'université, ça veut simplement dire que nous les traçons correctement." Le virus se transmet "lors de soirées étudiantes ou lors d'événement privés en dehors des universités", ajoute Jean Chambaz. 

Une situation que ne contestent pas les autorités sanitaires, mais, c'est bien dans les universités que les étudiants se retrouvent ensuite et forment localement des clusters.

168 clusters identifiés

Depuis début septembre, Santé publique France a recensé 168 clusters dans l'enseignement supérieur dont 26 en Île-de-France. C'est moins que dans les collèges et lycée, mais le problème avec les clusters d'étudiants, c'est qu'ils concentrent un plus grand nombre de cas positifs. On parle de cluster à partir de trois cas, et dans l'enseignement supérieur, un cluster est en moyenne constitué de 24 cas, ce qui représente un risque de transmission et de diffusion du virus beaucoup plus fort, d'où la nécessité de casser les chaînes de contamination.
 
Ainsi, des fermetures sont décidées, comme la semaine dernière, pour le campus de l'université de technologie de Compiègne à la suite d'un dépistage massif :  183 cas positifs sur 574 étudiants, soit près d'un tiers. Avant il y avait eu : Sciences Po Reims, Sciences Po Paris, l'école Polytechnique, et puis une école de commerce ici, une école d'ingénieur là... Cela peut aussi être des fermetures partielles. À l'université de Lille, la 2è année de médecine est en 100% distanciel par mesure de prévention pour une durée de 15 jours.

50% des capacités d'accueil

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Et, il y a désormais cette réduction de 50% des capacités d'accueil dans les zones d'alerte renforcée et maximale. Les universités qui avaient privilégié le présentiel en début d'année pour accueillir les étudiants, pour nouer le contact après 4, 5, 6 mois sans cours, doivent changer d'organisation. 

Sorbonne Université a opéré la bascule cette semaine, explique son président : "Pour limiter le brassage, c'est simple, les étudiants avec une carte d'étudiant au numéro impair venaient cette semaine, ceux avec un numéro pair la semaine prochaine, ce qui nous laisse le temps d'affiner les modalités pour obtenir une jauge à 50%, c'est quelque chose d'important. Notre objectif", dit Jean Chambaz. 

Dans 15 jours, il faudra démontrer "que les universités par le sérieux dont elles font preuve dans la lutte contre l'épidémie, peuvent continuer éventuellement à fonctionner avec cette jauge à 50% mais ne doivent pas être fermées. Si on les fermes, c'est vraiment un risque de décrochage pour nos étudiants, ils ont besoin de venir pour travailler ensemble et apprendre la méthodologie pour étudier".

Des universités qui avaient anticipé

Beaucoup d'universités avaient anticipé. À Cergy dans le Val d’Oise, le système d'alternance une semaine sur deux est en place déjà depuis la rentrée. À la Sorbonne nouvelle, les étudiants suivaient déjà différents types de cours en demi groupe, sur place ou à distance, en visioconférence ou sur des documents transmis par les enseignants. 

À Lille ou Rennes 2, la jauge de 50% était déjà appliquée dans les amphithéâtres, mais pas dans les salles de TD ou TP. Pendant l'été, les établissements qui en avaient les moyens ont investi dans du matériel – caméra/micro - pour la retransmission des cours en direct ou l'enregistrement. 45 salles équipées à l'université Paul Valéry de Montpellier pour plusieurs centaines de milliers d'euros... et tous les amphis de Paris 1 Panthéon la Sorbonne. L'université de Tours a fourni du matériel à ses enseignants : 600 ordinateurs, casques et caméras.
 
Il faut aussi que les étudiants soient équipés. Comme pendant le confinement, pour réduire la fracture numérique, les universités prêtent des ordinateurs, mobilisent leurs fonds sociaux ou d'aide d'urgence pour financer des achats de matériel, notamment de clés 4G  parce qu'il faut aussi pouvoir se connecter pour suivre cet enseignement qu'on appelle désormais "hybride".

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