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Coronavirus : qu'est-ce que le rétro-tracing ?

Déjà effectif dans 60 départements, le rétro-tracing sera généralisé à toute la France à compter du 1er juillet.

Des gens portant le masque à Biarritz (Pyrénées Atlantiques).
Des gens portant le masque à Biarritz (Pyrénées Atlantiques).
Crédit : GAIZKA IROZ / AFP
Marie Gingault & AFP

Le rétro-tracing va permettre de "remonter plus haut dans les chaînes de contamination" pour identifier "les moments, les lieux, les événements" à l'origine de la transmission du Covid-19 ainsi que tous ceux qui ont été "co-exposés". Ce dispositif sera généralisé en France à compter du début du mois de juillet. 

Jusqu'à maintenant, le tracing visait à identifier les cas contacts d'une personne positive, en remontant sur une période de 48 heures pour les symptomatiques et de 7 jours pour les asymptomatiques. Le rétro-tracing ira "plus loin sur la chaîne de contamination" en prenant en compte les 10 jours ayant précédé l'identification de la maladie, a expliqué le directeur général de la Caisse nationale de l'Assurance Maladie (Cnam), Thomas Fatôme, lors d'une conférence de presse ce jeudi 17 juin.

"Cette enquête sanitaire plus approfondie", comme la décrit Pierre Rousseau, directeur général de la CPAM de Loire-Atlantique, permettra "d'aller interroger la personne positive sur les raisons, les éléments ou les moments de contamination, plus ou moins collectifs, qui ont pu être la source de cette contamination" si cette dernière s'est produite hors du foyer.

Un dispositif efficace au-dessous de 5.000 cas par jour

L'objectif du rétro-tracing est également de débusquer des "co-exposés", c'est-à-dire des personnes qui ont partagé ces événements de contamination avec la personne infectée. 
Le but de ce dispositif, qui a été testé pendant deux mois en Côte-d'Or et Loire-Atlantique, état d'inciter ces "co-exposés" à s'isoler. 

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Le 1er juin, le rétro-tracing était effectif dans 17 départements et dans 60 le 15 juin. Il sera généralisé à toute la France dès le 1er juillet. "Le consensus scientifique nous dit que ce dispositif n'est valable, n'est efficace qu'au-dessous d'un seuil de circulation qui correspond à peu près à 5.000 cas par jour", a précisé Thomas Fatôme, ce qui est le cas en France depuis la semaine dernière. 

Si comme pour le tracing dit "classique" ou "prospectif", l'Assurance maladie est aux manettes, les questions ont été "réajustées" afin d'être "plus intrusives". En effet, "la seule question ne consiste pas à savoir quelles personnes on aurait pu contaminer mais dans quelle situation, dans quel lieu, à quel moment", souligne Pierre Rousseau.

Renforcer la recherche de variants

D'après les données résultant de l'expérimentation menée dans les deux départements, quand la contamination s'est produite hors du foyer, 10% des personnes sont capables d'identifier leur circonstance de contamination, "autant de situations que l'assurance maladie va pouvoir investir".

Selon ces mêmes chiffres, cette identification permettrait en moyenne de débusquer une quinzaine de personnes co-exposées (dont environ 10% deviennent positives). Dans certains cas, les agences régionales de santé (ARS) pourront prendre le relais. "Notamment quand l'événement trouvé ne permet pas à l'Assurance maladie d'identifier nominativement toutes les personnes", explique Jean-Baptiste Calcoen, directeur de la mission nationale tracing à la Cnam, citant les compétitions sportives, les réunions culturelles, les foyers ou encore les établissements hospitaliers.

Les ARS pourraient également être amenées à se déplacer "pour délier les langues", quand la contamination a eu lieu lors d'un événement interdit, ou "sans que les parents soient au courant", précisé encore Pierre Rousseau. Selon l'Assurance maladie, le rétro-tracing permettra également de renforcer la recherche de variants. 

En outre, ce dispositif devrait également permettre d'identifier les endroits les plus contaminants. "Probablement que d'ici quelques semaines, nous pourrons dire s'il y a plus de risques d'être contaminé en participant à tel type d'événement ou à tel autre", assure Jean-Baptiste Calcoen.

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