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Coronavirus : comment les masques jetables sont-ils recyclés ?

REPORTAGE - Désormais ancrés dans notre quotidien, les masques sont devenus une source importante de pollution. Des initiatives ont donc vu le jour.

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Coronavirus : comment les masques jetables sont-ils recyclés ? Crédit Image : PHILIPPE LOPEZ / AFP | Crédit Média : Christian Panvert | Durée : | Date :
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Christian Panvert édité par William Vuillez

Le masque, cet objet devenu central dans notre quotidien, est aussi l'une des pires sources de pollution. Ils ont remplacé les sacs plastique, on les voit, accrochés dans les arbres, dans les caniveaux, flottant dans les rivières... Et il faudra sans doute plusieurs centaines d'années pour qu'il disparaissent complètement lorsqu'ils atterrissent ainsi dans la nature. Pour éviter ça, une usine de la Vienne a mis au point une technique pour les recycler, dans un premier temps à Châtellerault et maintenant à Poitiers.

La ville parle d’une expérience collective écologique et solidaire. Elle a mis à disposition des collecteurs en carton dans toute l’agglomération. "On a installé près de 50 bornes, où les salariés de la collectivité, dans les bâtiments qui appartiennent à la ville, peuvent déposer leurs masques, et aussi dans des lieux de vie et de passage comme les centres commerciaux, ou encore les maisons de quartiers ou les médiathèques. Sur trois semaines de déploiement des bornes, on est à près de 10. 000 masques aujourd’hui", explique Bastien Bernela, conseiller municipal délégué au Développement économique.

Les masques sont ensuite récupérés par des salariés de Valoris, un établissement d’insertion de la Croix-Rouge. "Des personnes collectent dans les bornes ce qui a été déposé par les usagers. On prend les sacs, on les met dans le fourgon, on les ramène dans l’atelier à Buxerolles (Vienne)", explique Joan Frey directrice de l'établissement , qui coordonne le travail. "On retire, masque par masque, les barrettes métalliques qui sont à l’intérieur. Cette opération s’appelle le délissage des masques. Une fois ces barrettes retirées, on peut les acheminer sur le site de Plaxtil à Châtellerault qui fera lui le recyclage", poursuit-elle.

Les masques transformés "en une sorte de flocon"

Cette manipulation est effectuée avec beaucoup d’attention par Benjamin et Rémi : "On a blouse, gants, visière, toute la protection adéquate. Et des ciseaux. On découpe le masque. On retire la barrette. On la met dans un pot. Le masque dans un sac poubelle. Et ça part pour être transformé", détaillent les deux hommes. 

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Chez Plaxtil, qui fabrique des polymères à base de déchets, le recyclage à proprement parler peut enfin commencer. "On va commencer par broyer la matière. On va la transformer en une sorte de flocon. On fait subir à ce flocon une nouvelle décontamination, via un système d’ultraviolet, validé par l’Agence Régionale de la Santé", dit Valentin Magord, responsable du développement de l’entreprise.

"Une fois que les flocons sont décontaminés, on va pouvoir les mélanger à une matrice plastique de façon à pouvoir les utiliser dans nos presses à injection pour développer de nouveaux objets. Donc, là, on va aller vers la presse à injecter qui nous sert à réaliser les objets finaux", poursuit-il.

Recyclés en fournitures scolaires

La dernière étape est expliquée par Fabrice Mongella, chargé de production, devant ces impressionnantes machines : "Vous imaginez une grosse seringue. On prend de la matière avec la seringue. Autour de cette seringue, il y a des résistances qui font fondre la matière. Et après on pousse la matière. Ça fait comme une pâte à modeler qu’on injecte dans un moule", dit-il. 

"Vous imaginez un gaufrier. Vous ouvrez votre gaufrier, vous mettez votre pâte, vous fermez et ça prend la forme de la gaufre. Et bien-là, on fait l’inverse. On ferme le gaufrier avant d’injecter. On injecte la pâte qui va là où il y a du vide. Et on obtient une pièce. Imaginez que chaque pièce a un gaufrier différent", poursuit le chargé de production. 

Ces pièces, ce sont des règles graduées, des équerres, des rapporteurs. Tous ces kits de mesures seront remis aux élèves de Poitiers à la rentrée prochaine. Des fournitures scolaires qui pourront à leur tour, être, un jour recyclées.

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