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Coronavirus : cantines, tests, vacances... Comment limiter la circulation du virus à l'école ?

La propagation du virus dans les établissements scolaires inquiète d'autant plus depuis l'arrivée du variant britannique, plus contagieux.

Une école (illustration)
Une école (illustration) Crédit : AFP / Archives, Mychèle Daniau
Florine Boukhelifa et AFP

L'inquiétude grandit dans l'Hexagone en raison de la propagation du variant britannique du coronavirus, plus contagieux. À la veille du point presse hebdomadaire, durant lequel le gouvernement devrait annoncer de nouvelles mesures, les regards se tournent vers les établissements scolaires. "On pense que les données sur la pénétration du mutant anglais dans les écoles ne sont pas suffisamment claires pour nous pousser à fermer les écoles en France", a affirmé mercredi 13 janvier le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil Scientifique au micro de Franceinfo.

D'autres idées circulent pour limiter la propagation du virus au sein des établissements, notamment la fermeture des cantines. La restauration scolaire reste en effet le "point noir" puisque les élèves s'y côtoient, sans masque, pour manger. "C'est le moment de la journée où ils peuvent souffler et même si une distance entre eux est respectée dans certains endroits, il y a forcément des échanges", souligne Guislaine David, secrétaire générale du Snuipp-FSU, le premier syndicat du primaire.

Dans les zones rurales, impossible de demander aux élèves qui habitent loin de rentrer chez eux le midi. "Si on supprime la cantine, certaines familles ne vont plus envoyer leurs enfants à l'école", prévient Agnès Le Brun, chargée des questions de l'éducation à l'Association des maires de France. Certains proposent de la remplacer provisoirement par des pique-niques que les élèves prendraient dans leur classe.

Des petits groupes et plus d'aération dans les salles

Près de 70% des lycées ont réduit leurs effectifs en introduisant un enseignement hybride, selon le dernier décompte. "Si les lycées semblent avoir trouvé un certain équilibre, certains gros collèges pourraient peut-être leur emboîter le pas", avance Philippe Vincent, secrétaire général du premier syndicat des chefs d'établissement (SNPDEN).

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Quant aux écoles, l'idée de réquisitionner des locaux et du personnel municipal supplémentaire afin de diviser les effectifs, qui avait été avancée fin août par le ministre Jean-Michel Blanquer, est restée pour le moment lettre morte. "À Paris, nous avons fait un énorme travail pour recenser les locaux disponibles et nous sommes prêts à recruter des personnels vacataires mais le ministère n'a pas donné suite à cette proposition", regrette Patrick Bloche, adjoint à la mairie, chargé d'éducation.

"La question de la bonne aération des salles de classe reste non résolue", assure Sophie Vénétitay, du Snes-FSU, premier syndicat du secondaire. Dans certains établissements, il n'est pas possible d'ouvrir correctement les fenêtres quand dans d'autres, les élèves se plaignent du froid, relate-t-elle. "Depuis plus d'un semestre, nous réclamons l'installation de capteurs de CO2... Sans succès", déplore-t-elle.

Multiplier les tests

"Il faut pouvoir dépister très vite les cas et identifier très vite s'il s'agit d'un mutant anglais ou pas et prendre une décision très rapide de fermeture de classe voire de collège si nécessaire", a souligné mercredi Jean-François Delfraissy. "À l'école, on aurait besoin de tester massivement car on passe forcément à côté de cas asymptomatiques", estime aussi Guislaine David.

Un million de tests antigéniques sont "prêts" à être utilisés à destination des personnels, des lycéens et des collégiens, selon le ministère qui a évoqué "une montée en puissance dès début janvier". "Pour l'instant, on n'en voit pas la couleur", fustige Sophie Vénétitay.

L'hypothèse d'un allongement des vacances de février a été évoquée par certains médecins pour ralentir l'épidémie. Dimanche, Jean-Michel Blanquer a assuré que l'idée n'était "pas à l'ordre du jour". Dans le contexte actuel, une telle perspective semble "lointaine" à Hubert Salaün, porte-parole de la Fédération des parents d'élèves Peep : "Les parents ont déjà besoin de savoir ce qui va se passer la semaine prochaine à l'école".

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