4 min de lecture Santé

Coronavirus : après l'interdiction de la chloroquine, quelles autres pistes ?

ÉCLAIRAGE - Ce mercredi 27 mai, l'administration de l'hydroxychloroquine pour soigner des patients atteints de la Covid-19 a été interdite hors essais cliniques.

Une infirmière ajuste son masque de protection, dans une unité Covid-19, en France.
Une infirmière ajuste son masque de protection, dans une unité Covid-19, en France. Crédit : Ludovic Marin - AFP
signature paul turban
Paul Turban Journaliste

Nombre de personnes avaient placé de grands espoirs dans la chloroquine, et dans son dérivé l'hydroxychloroquine, deux molécules présentées par certains comme un remède miracle contre la Covid-19. Ce mercredi 27 mai, l'administration de chloroquine pour soigner des patients atteints du coronavirus a été interdite en dehors des essais cliniques.

Par ailleurs, ces derniers jours, de nombreux essais cliniques pour évaluer l'efficacité de cet anti-paludique contre la Covid-19 ont été mis à l'arrêt. En effet, après un engouement manifesté par certains spécialistes, la molécule semble finalement être inefficace contre le coronavirus et dangereuse pour les patients.

Mais à côté de la très controversée chloroquine, de nombreuses pistes de traitement sont à l'étude en France et dans le monde. Si aucune n'a pour l'instant définitivement prouvé son efficacité, plusieurs molécules sont à l'essai. En voici 8.

1. L'azithromycine

Si ce nom vous dit quelque chose, c'est probablement parce que cette molécule, l'azithromycine, est prescrite en association avec l'hydroxychloroquine dans le protocole du professeur Raoult. Il s'agit d'un antibiotique, mais qui a montré in vitro une activité sur certains virus.

À lire aussi
Un hôpital à Moscou, pendant la crise du coronavirus (illustration) coronavirus
Coronavirus : même avec peu de symptômes, le virus pourrait affecter le cerveau

Des médecins généralistes de l'Est ont mis en place un protocole qui associe l'azithromycine avec du zinc, réputé pour améliorer l'efficacité de l'antibiotique. Néanmoins, la Société française de pharmacologie et de thérapeutique explique qu'il y a actuellement "très peu d’arguments scientifiques en faveur d'un bénéfice spécifique de l’azithromycine".

2. Le ABX464

Derrière ce nom barbare se cache une molécule d'une entreprise française, Abivax. L'ABX464 est présentée comme "une molécule avec un triple effet potentiel, anti-viral, anti-inflammatoire et réparation tissulaire." Sa mise à l'essai a été autorisée en France le 15 mai dernier.

L'ABX646 aurait une action sur "l'orage citokynique", c'est-à-dire un emballement du système immunitaire, et l'hyper-inflammation provoqués par la Covid-19. Ces deux mécanismes sont responsables du syndrome de détresse respiratoire aiguë. Elle ralentit aussi la réplication virale du coronavirus in vitro dans un modèle d'épithélium respiratoire humain.

3. Le remdesivir

Le 28 avril, une étude a montré que le remdesivir, antiviral créé pour lutter contre Ebola, permettait d'accélérer la guérison des malades, bien qu'il n'ait qu'un faible impact sur la mortalité, proche du seuil d'erreur statistique. Ces résultats ont été confirmés depuis par une autre étude publiée dans le New England Journal of Medecine.

En moyenne, les patients traités ont guéri en 11 jours de la Covid-19, contre 15 jours pour les patients sous placebo. En revanche, les chercheurs notent que la molécule n'est vraiment utile que si elle est administrée tôt aux malades. Elle s'avère peu efficace pour ceux déjà sous respirateur artificiel. L'EIDD 2801, proche du remdesivir, est également à l'étude, rapporte le Quotidien du Médecin.

4. Le tocilizumab

L'immuno-modulateur tocilizumab a réduit "significativement" la proportion de patients ayant dû être transférés en réanimation ou décédés, selon des résultats rendus publics par l'AP-HP le 5 avril. Ce traitement habituellement utilisé contre la polyarthrite a montré son effet sur des patients ayant des formes sévères de la Covid-19.

Une étude chinoise confirme ces résultats. Un essai sur 20 patients s'est conclu par la rémission de 90 % des malades et la disparition des opacités pulmonaires créées par la maladie. Cette molécule fait l'objet de plusieurs essais, notamment de la part de l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

5. L’ivermectine

L'ivermectine est un anti-parasitaire utilisé contre les vers intestinaux ou encore les acariens responsables de la gale. Une étude australienne a permis de constater que cette molécule tue le nouveau coronavirus en 48 heures dans une boîte de Pétri.

Des chercheurs américains ont mené une étude, citée par Le Figaro, en reprenant les dossiers médicaux de 1.400 personnes, dont la moitié traitée avec l'ivermectine, dans 169 hôpitaux. 1 % des malades traités avec l'ivermectine sont morts, contre 8 % des autres patients. Ces résultats, observés a posteriori, doivent néanmoins être confirmés par un essai clinique.

6. L'Avigan

Avigan est le nom de marque du favipiravir. Ce médicament est autorisé au Japon uniquement contre les épidémies de grippe contre lesquelles les traitements existants se révèlent inefficaces. Il n'est pas disponible à la vente et ne peut être produit et distribué que sur requête du gouvernement japonais. Le favipiravir agit en bloquant la capacité d'un virus de se répliquer à l'intérieur d'une cellule.

De premiers résultats indiquent que ce traitement pourrait contribuer à raccourcir le temps de guérison des patients et le ministère chinois des Sciences et Technologies a fait état de "très bons résultats cliniques", rapporte l'AFP. Quelque cinq essais cliniques sont actuellement en cours à travers le monde, aux États-Unis, en Italie et au Japon.

maison".

7. L'interféron alpha-2b

L'interféron alpha-2b est un anti-viral utilisé habituellement dans le traitement de l'hépatite C. Des chercheurs américains ont traité 77 patients. Une partie recevait de l'interféron alpha-2b, une autre partie de l'arbidol (anti-viral contre la grippe) et une dernière partie avec une combinaison des molécules.

Les premiers résultats notent une réduction de la présence du coronavirus dans les voies respiratoires, ainsi qu'une diminution des marqueurs inflammatoires responsables des "orages cytokiniques". Ils ajoutent qu'un patient traité à l'interféron alpha-2b n'a nécessité d'assistance respiratoire.

8. Le plasma de patients guéris

Il ne s'agit pas ici d'une molécule, mais bien d'un transfert de plasma de patients guéris vers des malades. Le plasma humain contient plusieurs éléments, et notamment les anticorps qui ont pu être développés par les patients atteints par la Covid-19. Un essai clinique a été lancé en France le 7 avril.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Santé Coronavirus Médecine
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants