1. Accueil
  2. Actu
  3. Bien-être
  4. Coronavirus à Marseille : la facture salée des patients traités à l'hydroxychloroquine passe mal
3 min de lecture

Coronavirus à Marseille : la facture salée des patients traités à l'hydroxychloroquine passe mal

Plusieurs consultations dans l'établissement du Professeur Raoult ont été facturées 3.800 euros à un malade traité à l'hydroxychloroquine. Et il n'est pas le seul à dénoncer des tarifs exorbitants.

Le professeur Didier Raoult, à Marseille, le 27 août 2020
Le professeur Didier Raoult, à Marseille, le 27 août 2020
Crédit : Christophe SIMON / AFP
Marseille : la facture salée des patients traités à l'hydroxychloroquine passe mal
03:47
Marseille : la facture salée des patients traités à l'hydroxychloroquine passe mal
03:47
Isabelle Choquet

Direction Marseille, où la facture de l'hydroxychloroquine a bien du mal à passer. C'est une grande enquête de Libération. Qui a été alerté par des patients de l'IHU, l'Institut du Pr Raoult.

Il y a d'abord Claude, 44 ans. Il y a un an presque jour pour jour, le 15 mars, il ressent les premiers symptômes du coronavirus. Fatigue, courbatures, il a perdu le goût et l'odorat. Après deux mauvaises nuits, il décide d'aller se faire tester. Deux jours plus tard, l'IHU le rappelle : il est positif à la Covid-19. On lui propose alors d'être pris en charge, et on lui demande de revenir le jour-même. Là, nouveau test PCR, consultation avec un médecin, un électrocardiogramme et il ressort aussitôt avec une ordonnance d’hydroxychloroquine.

Quatre jours plus tard, Claude revient pour un test du goût et de l’odorat, un nouveau test PCR, un autre électrocardiogramme. Le surlendemain c'est prise de sang, puis une dernière consultation le 29 mars. A l'arrivée, Claude s'en sort sans séquelle. La chloroquine, il n'en pense rien mais il n'a que du bien à dire sur le personnel de l’IHU. Bref, une très bonne expérience.

Facturé 1.264 euros

Jusqu'à la facture, courant novembre, quelques dizaines d’euros pour sa première visite, puis 1.264 euros pour les suivantes, soit 3.800 euros au total. Claude appelle immédiatement la comptabilité. "La dame au bout du fil avait l’air très gênée, dit-il. Elle m’a expliqué que je n’avais pas à payer l’intégralité, mais seulement la part mutuelle, 758 euros quand même ! 'Si vous avez une mutuelle, c’est totalement pris en charge', c'est ce qu'elle m'a dit pour tenter de me rassurer. Mais j’étais quand même très étonné. A aucun moment on ne m’avait dit que ça coûterait des sommes pareilles. La dame a soupiré et elle m’a dit : 'Oui, je comprends monsieur, vous n'êtes pas le seul. Nous recevons beaucoup d’appels'".

À lire aussi

Claude a été remboursé, mais Florian a vécu la même mésaventure et lui il n'a pas de mutuelle. "On nous parle d’hospitalisation de jour, dit-il, mais en fait la prise en charge dure dix minutes pour faire les prises de sang, trois minutes trente pour faire l’électrocardiogramme, et cinq minutes la consultation pour la délivrance de l’hydroxychloroquine, et voilà le reste, ce n’est que de l’attente dans les couloirs", explique-t-il.

L'hospitalisation de jour, c'est courant. Mais il faut qu'il y ait une batterie d'examens dans la journée, une chambre, un lit, une collation à midi. Sinon, ce sont des consultations externes. 54 euros pour un test PCR, à peine 40 euros pour un électrocardiogramme. On est loin du compte. Alors c'est vrai, au départ, l'hydroxychloroquine devait être prescrite à l'hôpital, mais à Marseille le recours aux hospitalisations de jour a perduré. Et pas qu'un peu, Libé s'est penché sur les chiffres sur toute la France, sans surprise, en 2020, les hospitalisations en court séjour pour infection respiratoire ont bondi mais avec de grosses disparités régionales.

Dans le Grand Est, elles ont été multipliées quasiment par 10, en Ile-de-France, par 14. A l'Assistance Publique-Hôpitaux de Marseille, on est passé de 47 hospitalisations à plus de 23.000, soit 491 fois plus. Autre enseignement : en région PACA, 98% des hospitalisations courtes sont des hospitalisations de jour.

L'IHU assure ne pas s'être enrichi

A l'IHU, on assure qu'il n'y a pas eu d'enrichissement. A l'AP-HM, on indique qu'il n'y a pas eu de surcoût pour la Sécu car le reste des activités étaient en nette baisse. Et on précise que des demandes de remise gracieuses sont en cours d'étude, pour les patients sans mutuelle. Reste une facture astronomique : 25 millions d'euros selon les calculs de Libé. A la charge de la Sécu, des mutuelles, et des patients sans complémentaires. 

Claude n’en revient toujours pas : "Comment peut-on proposer un traitement expérimental en expliquant que c’est un vieux traitement très peu cher, en faisant passer les autres médecins pour des rapaces avides de l’argent des laboratoires, quand cette prescription génère des dépenses aussi importantes ?". La facture de la chloroquine, c'est une grande enquête à lire dans Libération ce vendredi.

La rédaction vous recommande

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/