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Facebook sommé d'annuler la suppression d'une vidéo en faveur de l'hydroxychloroquine

Le conseil de surveillance de Facebook a annulé quatre des cinq décisions prises par le réseau social qu'il examinait. L'instance infirme notamment la suppression d'une vidéo française louant les mérites du traitement du professeur Raoult contre le Covid-19.

Didier Raoult dans son bureau
Didier Raoult dans son bureau Crédit : AFP
Benjamin Hue
Benjamin Hue
Journaliste RTL

Huit mois après sa création, le conseil de surveillance de Facebook a rendu ses premières décisions. Cette instance interne a été mise en place en mai dernier pour statuer de manière indépendante sur les problématiques relatives à la modération des contenus controversés sur la plateforme. 

Saisie de ses premiers dossiers en fin d'année, elle a annulé quatre décisions prises par le réseau social sur les cinq cas qu'elle examinait. L'instance a jugé ces choix problématiques et relevant d'une stratégie de modération pour le moins "vague".

L'une des annulations porte sur une publication en France que la société estimait présenter "un risque imminent de danger physique", selon un communiqué daté de jeudi. En octobre dernier, Facebook avait supprimé une vidéo publiée dans un groupe. La publication s'indignait de la décision des autorités de ne pas autoriser le traitement basé sur l'hydroxychloroquine promu par le professeur Raoult pour soigner l'infection au coronavirus. 

Le réseau social avait justifié sa décision en expliquant que cette vidéo partagée plus d'un millier de fois et vue environ 50.000 fois faisait courir des risques réels à ses utilisateurs dans le contexte de la pandémie en les incitant à ignorer les conseils de santé publique en vigueur ou à s'automédiquer.

Le conseil a jugé que le risque n'était pas caractérisé

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Le conseil de surveillance a finalement estimé que Facebook n'avait pas réussi à démontrer que le risque était aussi élevé qu'escompté. L'instance a noté que l'hydroxychloroquine et l'azithromycine, l'association de médicaments au coeur du remède en question, ne sont pas pas délivrées sans ordonnance en France. L'organe a aussi relevé que la publication n'incitait pas directement à s'en procurer ou à les prendre sans ordonnance. 

A la lumière de ces éléments, le conseil a jugé que la décision de Facebook de supprimer la publication était contraire aux normes internationales en matière de liberté d'expression. L'instance estime que Facebook dispose d'une palette d'outils pour traiter la désinformation et que le réseau social aurait pu se contenter d'apporter des précisions contextuelles à la publication (comme il l'a fait pour Donald Trump) plutôt que de la supprimer.

Facebook est donc invité à adopter des moyens moins intrusifs pour faire appliquer sers politiques de modération de la désinformation et à préciser ses règles sur la désinformation en matière de santé publique. Le conseil demande au réseau social de restaurer la publication supprimée dès que possible. 

"Nous mettrons en œuvre ces décisions contraignantes conformément aux statuts et avons déjà rétabli le contenu dans trois des cas, comme l'a demandé le Conseil de surveillance", a fait savoir Facebook qui se donne "jusqu'à 30 jours pour examiner et répondre pleinement" aux recommandations du conseil.

La suspension du compte de Donald Trump bientôt jugée

Les autres cas évalués par l'instance touchent à la publication de photos de poitrines de femmes montrant des symptômes de cancer du sein retirés par Facebook pour "nudité", une affaire concernant la publication d'une photo d'un enfant décédé et un commentaire sur le sort infligé par la Chine aux Ouïghours, un message contenant une citation présumée de Joseph Goebbels et des photos litigieuses dans le cadre du conflit du Haut-Karabakh.

Cette juridiction particulière est composée de vingt personnalités, dont la présidente de l'ONG Save the Children et ex-première ministre danoise Helle Thorning-Schmidt et la lauréate du Prix Nobel de la paix Tawakkol Karman.

Le conseil "ne va pas s'attaquer de façon significative aux très nombreux torts facilités par Facebook", a-t-elle assuré dans un communiqué, où elle évoque la présence sur Facebook de groupes d'extrême droite violents, décidés à en découdre avec le gouvernement américain.

La plateforme se voit régulièrement reprocher son manque de réactivité contre certains appels à la violence, des massacres de Rohingyas en Birmanie en 2017 aux émeutes pro-Donald Trump qui ont interrompu le Congrès le 6 janvier dernier, et fait cinq morts.

Ces derniers événements ont conduit Facebook à prendre des mesures plus radicales contre des groupes extrémistes, et même à suspendre indéfiniment le compte de l'ex-président américain, qui a encouragé ses fans à se rendre au Capitole. Le conseil de surveillance doit d'ailleurs décider si le milliardaire peut revenir ou pas.

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