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Comment l'Humanité a échappé à l'apocalypse nucléaire dans les années 1980

ÉCLAIRAGE - L'Humanité a échappé à une apocalypse nucléaire grâce au sang froid et au bon sens de deux officiers, un russe et un américain.

Le président Ronald Reagan prononce un discours en juin 1987. "Abattez ce mur", demande-t-il à M.Gorbatchev
Le président Ronald Reagan prononce un discours en juin 1987. "Abattez ce mur", demande-t-il à M.Gorbatchev
Crédit : AFP
Comment l'humanité a échappé à l'apocalypse nucléaire dans les années 1980
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Comment l'humanité a échappé à l'apocalypse nucléaire dans les années 1980
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Isabelle Choquet - édité par Emmanuelle Brisson

On se demande comment l'humanité a échappé à l'apocalypse nucléaire dans les années 1980, et pas une fois, mais deux, la même année, en 1983. Tout cela grâce au sang froid et au bon sens de deux officiers, un russe et un américain. On le sait grâce à des archives décalcifiées, racontées dans l'Obs de cette semaine.

1983, c'est une année de tension extrême dans la guerre froide. Les Etats-Unis et l'URSS s'affrontent plus ou moins directement sur plusieurs terrains, en Afghanistan, en Pologne. Et les deux pays viennent de déployer des missiles nucléaires de moyenne portée en Europe, les Pershing et les SS20, des engins qui peuvent atteindre leur cible en quelques minutes à peine.

En plus, le président américain Ronald Reagan est convaincu que c'est le bon moment pour porter un coup fatal à l'empire du mal, comme il dit. Il dégaine donc son improbable plan "guerre des étoiles". Et il envoie quarante navires dans le Pacifique. "Ces actions avaient pour but de créer la paranoïa, disent les archives de la NSA, et cela a réussi". Un peu trop bien en fait.

5 engins nucléaires américains se dirigeraient vers l'URSS

Notre premier héros, c'est le lieutenant colonel Stanislas Petrov. Dans la nuit du 26 au 27 septembre, il est l'officier de service au bunker Serpukhov 15, tout près de Moscou. Le centre de commandement chargé de repérer les attaques de missiles intercontinentaux. Généralement, il ne s'y passe rien. Mais cette nuit-là, un peu après minuit, tous les voyants se mettent à clignoter. Une sirène retentit. Alerte rouge! 5 engins nucléaires américains se dirigeraient vers l'URSS. Temps de parcours jusqu'à la cible : 20 minutes. 

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Normalement, Pétrov doit alerter immédiatement ses supérieurs. Mais il est paralysé, en état de choc, c'est ce qu'il racontera plus tard. Les minutes passent, les ordinateurs confirment la menace, les autres militaires s'agitent, il faut prévenir les chefs. Mais Petrov hésite. A l'instinct, il se dit que si les Américains avaient vraiment décidé de déclarer la guerre, ils auraient envoyé des centaines d'engins, pas 4 ou 5. Alors il décide de ne rien dire et au bout de 20 minutes, 20 minutes interminables, il respire: fausse alerte. Il apprendra quelques jours plus tard qu'il s'agissait du reflet d'un rayon de soleil sur les nuages.

Un mois et demi plus tard, Reagan autorise l'Otan à lancer un exercice de très grande ampleur. La simulation grandeur nature d'une guerre conventionnelle qui déraperait en conflit nucléaire, rien que ça. Bien sûr, les Sovétiques sont prévenus, comme toujours. Mais cette fois, dans l'ambiance de l'époque, ils se disent que ce n'est peut-être qu'un camouflage pour une attaque bien réelle. Donc ils lancent une vraie réplique. Et pour la première et la dernière fois de l'histoire, des charges atomiques sont installées sur des avions russes en RDA et en Pologne.

Les Russes n'iront pas plus loin

Cela n'échappe pas au lieutenant colonel Leonard Peeroots. Notre deuxième héros, responsable du renseignement de l'US Air Force en Europe. Lui, il informe ses supérieurs et normalement, là, c'est l'escalade. Le protocole, c'est de suivre les russes, de charger aussi des bombes atomiques dans les avions. Mais Perroots hésite. 

A l'instinct, il se dit que les Soviétiques risquent de se méprendre, ils vont croire qu'une attaque américaine est vraiment déclenchée. Alors ils conseillent aux forces aériennes de ne rien faire, de temporiser et il fait bien. De fait, les Russes n'iront pas plus loin. Il apprendra plus tard que le commandement soviétique avait ordonné une utilisation immédiate des armes nucléaires. Les chasseurs bombardiers étaient en alerte à 30 minutes.

Ces deux crises ont permis de comprendre une chose : une guerre nucléaire pouvait très bien être déclenchée sur un simple malentendu. Reagan prend peur. Quelques mois plus tard, il propose à Gorbatchev de réduire l'arsenal nucléaire des deux cotés. Pour la petite histoire, Perroots l'américain sera traité en héros. Petrov le russe mourra dans la misère et l'oubli.

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