3 min de lecture Santé

Comment l'Homme a réussi à éradiquer la variole avec l'ancêtre de la vaccination

Retour sur l'histoire des vaccins qui ont permis de lutter contre les principales épidémies. À commencer par la variole, la seule maladie humaine que l'Homme a su éradiquer de la planète.

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TOUS LES VACCINS ONT UNE HISTOIRE - La variole, ancêtre de la vaccination Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Virgine Garin
Virginie Garin édité par Benjamin Hue

La variole se transmettait comme le coronavirus, par les voies aériennes, les postillons. Variola veut dire en latin "petite pustule", la maladie tuait une personne sur cinq et quand les malades s'en sortaient ils restaient souvent défigurés. C'est un médecin anglais qui a inventé le vaccin grâce à un troupeau de vaches. À la fin du XVIIIe siècle, Edward Jenner découvre qu'il existe une forme de variole chez les bovins, et quand les paysans l'attrapent, ils sont protégés de la variole humaine.

"On découvre que les gens qui contractent cette maladie bovine ne contractent pas la variole humaine. En particulier, les garçons et les jeunes filles qui s'occupaient de traire les vaches. Ils avaient des pustules sur les mains et quelque chose qui ressemblait à une forme bénigne de la maladie et jamais la forme sévère", raconte Laurent-Henri Vignaud, historien des sciences à l'université de Bourgogne. 

Le médecin décide alors d'inoculer le virus des vaches à des humains. "Il a transmis artificiellement, via une petite scarification à l'épaule, cette "variola vaccina", la variole des vaches, qui a donné le nom de vaccin, qui veut donc dire "vache" ou "de la vache"".

Le vaccin fonctionne. Mais pour éradiquer la maladie, il faudrait vacciner presque tout le monde. "Au milieu du XIXe siècle, aucun État européen n'a les moyens de mettre en place une couverture vaccinale de 80 ou 90%. Donc ça n'empêche pas un retour de la variole récurrent. La vaccination va être un outil parmi d'autres pour casser les chaînes de transmission", explique Laurent-Henri Vignaud. 

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L'épidémie revient régulièrement, en France notamment. En 1954, à Vannes, des patients présentent des pustules. Le 1er janvier, le docteur Guy Grosse, médecin et inspecteur principal du département, est appelé en urgence. "Il a pris sa voiture. Il a quitté la famille. Il est arrivé à Vannes. Dès le premier soir, il a enfilé une blouse et un masque pour aller faire des prélèvements qu'il a envoyés à l'Institut Pasteur", se souvient sa petite-fille Marie Griffo.

La variole ne circule plus depuis la fin des années 80

Les résultats tombent : c'est bien la variole. Le docteur Grosse recommande une vaccination massive dans le Morbihan et la mise en quarantaine du département. "Il y a à peu près 250.000 personnes qui ont été vaccinées en l'espace de quinze jours", raconte Marie Griffo. Le docteur Grosse se vaccine lui aussi, mais trop tard. "Le 17 janvier, il a commencé à avoir une irruption de fièvre. Puis il est rentré dans le coma sept jours plus tard. Il est mort d'une forme très grave de la variole". Quand il est allé faire des prélèvements, il avait malheureusement enfilé un masque contaminé.

Rapporté d'Indochine par un soldat blessé, le virus fait 7 morts cette année-là dans le Morbihan. La vaccination permet de stopper la dernière épidémie en France. Et dans le monde, elle disparaît complètement 24 ans plus tard. "Cette maladie est la seule à avoir été déclarée éradiquée à l'échelle mondiale par l'OMS. Aujourd'hui, il ne reste plus que de petites traces du virus de la variole dans des petites fioles conservées en laboratoires. La variole ne circule plus depuis fin 1979", explique Laurent-Henri Vignaud.

En mars dernier, l'hôpital de Vannes dans le Morbihan a été l'un des premiers foyers du coronavirus. Les 16 petits-enfants du docteur Grosse, mort de la variole dans le même établissement, ont écrit une lettre au personnel soignant, un témoignage pour leur rendre hommage. 

"En 1954, notre grand-père disait à son beau-frère que maintenant, avec la rapidité des transports, les épidémies risquent de nous tomber sur la tête en quelques heures. Et c'est exactement ce qu'on a vécu avec le Covid. On leur a écrit une lettre pour leur dire qu'ils s'inscrivaient dans une histoire. Que leur dévouement était aussi grand que celui du personnel de Vannes au moment de la Variole", confie l'une des signataires.

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