Présidentielle 2017 : en attendant la décision de François Hollande, certains ténors de la gauche se préparent

ÉCLAIRAGE - Entre les revendications de primaire, les rumeurs de démission de Manuel Valls et la montée en puissance d'Emmanuel Macron, les prétendants à la course pour l'Élysée ont quelques mois pour sortir du bois.

François Hollande, Manuel Valls et le gouvernement, le 17 février 2016
Crédit : STEPHANE DE SAKUTIN / AFP
François Hollande, Manuel Valls et le gouvernement, le 17 février 2016

Selon une information RTL, François Hollande fera savoir en janvier 2017 s'il est candidat à sa propre succession. S'il ne l'est pas, il l'annoncera dès le mois d'octobre prochain, pour permettre à la gauche de trouver son candidat. Sa candidature dépendra - promesse de longue date - de l'inversion ou non de la courbe du chômage. L'avenir du président de la République est donc suspendu à l'évolution de la croissance et de l'emploi. 

À gauche, la décision du chef de l'État est attendue. Membres de la majorité ou anciens alliés ont tout intérêt à avancer leurs pions dès aujourd'hui, afin d'être prêt en cas de renoncement de François Hollande ou, au contraire, de jouer la carte d'une candidature indépendante si le Président choisit de se lancer dans la course.

Manuel Valls pour 2017 ou 2022 ?

Au Parlement, des bruits de couloir évoquent un éventuel départ de Manuel Valls. En cause, la tournure que prend le projet de réforme du Code du travail. Il a beau avoir annoncé qu'il irait "jusqu'au bout" de cette réforme, Manuel Valls se trouverait affaibli par le report de la présentation en Conseil des ministres du projet de réforme du Code du travail. 

Quitter Matignon pourrait néanmoins avoir ses avantages pour le Premier ministre. Sa cote de popularité a baissé mais se situe tout de même à 48%, derrière Emmanuel Macron (53%) et Alain Juppé (58%). Il est, de fait, le troisième présidentiable parmi les personnalités politiques. Reste à savoir si l'actuel premier ministre se verrait président dès 2017, ou s'il ne préférerait pas viser la présidentielle 2022.

L'omniprésent Emmanuel Macron

Son nom est continuellement évoqué dans l'actualité du gouvernement. Dernière performance en date : son interview accordée au Financial Times, dans laquelle il exhorte David Cameron à maintenir le Royaume-Uni dans l'Union européenne. Un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en France datant de mi-janvier fait d'Emmanuel Macron le seul candidat de gauche capable de porter son camp à la présidence de la République en 2017. Il apparaît ainsi comme le favori à gauche pour le 1er tour, susceptible de se retrouver au second tour face à Alain Juppé

Le ministre de l'Économie semble attentif à cette popularité. Mercredi 2 mars, L'Obs a annoncé qu'il venait de créer, en catimini, sans prévenir ni l'Élysée, ni Matignon, son association, "à mi-chemin entre le laboratoire d'idées et le parti politique". Mais la route est encore longue. Pour s'imposer, Emmanuel Macron doit d'abord écarter Manuel Valls de sa route. Le ministre de l'Économie ne s'est d'ailleurs jamais soumis au jugement des urnes.

2017, la fronde au pouvoir ?

Au sein de la gauche, les frondeurs sont désormais une puissance à part entière avec laquelle les cadres de la majorité doivent composer. Il n'est pas à exclure que le pan frondeur du camp de gauche envoie l'un de ses représentants dans la course à 2017. Une décision qui pourrait être prise quelle que soit la décision de François Hollande. Si le Président était candidat, les frondeurs pourraient décider de s'opposer à lui de manière indépendante. S'il ne l'était pas, ils pourraient être tentés d'envoyer un représentant à la primaire de la gauche.

Martine Aubry finalement tentée ?

Emmanuel Macron ? Elle n'en supporte plus ni "l'arrogance" ni "l'ignorance". Dans le gouvernement, il n'y a d'ailleurs plus grand-chose qu'elle supporte. La maire de Lille a écrit une tribune dans Le Monde daté du 25 février, dans laquelle elle tape ardemment sur le couple exécutif. "Ce n’est plus simplement l’échec du quinquennat qui se profile mais un affaiblissement durable de la France qui se prépare", lance l'ancienne première secrétaire du PS, qui a d'ailleurs annoncé qu'elle s'apprêtait à en quitter ses fonctions à la direction. La maire de Lille a toutefois démenti sur RTL envisager une candidature en 2017. Si elle s'y refuse, Martine Aubry semble toutefois recueille toutefois de nombreux encouragements venus de son camp.

Christiane Taubira, libre comme l'air

Un peu plus d'un mois après sa démission, l'ex-garde des Sceaux revient de quelques jours de repos en Guyane... Si elle a répété à mainte reprises sa loyauté envers François Hollande, le retour de Christiane Taubira sur le devant de la scène publique, tandis qu'elle ne joue plus de rôle politique de premier plan, peut laisser dubitatif. D'après une information RTL, celle-ci rentre à Paris son agenda rempli de rendez-vous, notamment dans de grandes écoles, et fait savoir qu'elle tient à s'exprimer. Celle-ci pourrait toutefois ajouter sa voix à la contestation et rallier à sa cause des soutiens tels que Benoît Hamon ou Cécile Duflot, qui avaient vivement regretté son départ du gouvernement. 

Jean-Luc Mélenchon, seul contre tous

"Oui, je propose ma candidature pour l'élection présidentielle", a annoncé Jean-Luc Mélenchon le 10 février, sur le plateau du JT de TF1. "L'intérêt général doit prévaloir", avance l'eurodéputé de 64 ans, qui a pour l'occasion d'ores et déjà lancé un site Internet de campagne. Pour "changer la façon de produire, d'échanger et de consommer" qu'il propose, celui qui avait recueilli 11,10% des voix en 2012 assure n'avoir consulté aucune formation avant d'annoncer sa candidature. "C'est le peuple qui va en disposer. Je ne demande la permission à personne, je le fais hors cadre de partis. Je suis ouvert à tout le monde, les organisations, les réseaux, mais les citoyens d'abord", a-t-il indiqué. S'il ne fait pas partie de la majorité, Jean-Luc Mélenchon a toutefois la capacité de prendre de nombreuses voix au candidat de la majorité.

Les écologistess pourraient s'émanciper

Le dernier remaniement ministériel, qui a permis les arrivées de Jean-Vincent Placé, Emmanuelle Cosse et Barbara Pompili au gouvernement, a entériné les divisions au sein d'Europe Écologie Les Verts. Une partie d'entre eux pourrait être tentée d'envoyer un candidat à la présidentielle indépendamment de la majorité. Une autre pourrait, au contraire, choisir de soutenir le président sortant ou de participer à une éventuelle primaire de la gauche conjointement avec le PS.

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par Clémence BauduinJournaliste
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2016-03-03 17:54:36
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