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Ligue 1 : comment Mediapro a mis le football français au pied du mur

La Ligue de Football Professionnel attend toujours la somme promise par le groupe Mediapro pour les droits de diffusion de la Ligue 1.

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Ligue 1 : Comment Mediapro a mis le football français au pied du mur Crédit Image : AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Martial You édité par Nicolas Barreiro

On est dans les arrêts de jeu du côté du football français avec la crise Mediapro et toute une série de réunions se déroule ce jeudi 10 décembre à la Ligue de Football Professionnel car le groupe espagnol qui détient les droits du foot ne paie plus rien.

On approche de la trêve des confiseurs mais ce sont les petits clubs de Ligue 1 qui vont être marrons. La crise est en train de gagner le ventre mou du classement. Lors des premières difficultés de paiement, quand il y a eu le confinement au mois d'avril et qu'on a stoppé le championnat, les rentrées financières en moins étaient surtout le versement des primes de performances. En gros, cela touchait les gros clubs qui continuent à avoir des actionnaires solides et de gros moyens financiers. 

Aujourd'hui, c'est la trésorerie des clubs plus modestes comme Niort, Caen, Angers qui se retrouve à sec. Il faut aussi reconnaitre que 2020 a été une année atypique pour le modèle de financement du foot, mais la réalité, c'est que dans le crash de l'avion Mediapro, on est dans le suraccident. Les droits TV, en temps normal, c'est 50 à 60% du financement d'un club. La billetterie c'est 30%.

Les recettes de petits clubs en chute libre

Plus vous êtes un petit club et plus la part des droits télé est importante car vous avez moins de merchandising, moins de capacité d'accueil de spectateurs, moins de rentrées sur des affiches de rêve.

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Évidemment, avec des matchs à huis clos, la billetterie est tombée. Et avec Mediapro, les trois quarts du budget sont menacés. Donc on a des clubs qui risquent de faire faillite. Notamment parce qu'ils vivent depuis la chimère Mediapro au-dessus de leurs moyens.

La Ligue de Football Professionnel a dû contracter un emprunt bancaire pour verser les sommes promises aux clubs en octobre, mais cela devient compliqué car les garanties bancaires tombent les unes après les autres pour la LFP. Cela commence à ressembler à une économie de famille surendettée.

Mais, surtout, quand on regarde le calendrier. Le mercato s'est terminé le 5 octobre quand on croyait encore au milliard qu'allait verser Mediapro. Le 6 octobre, quand les clubs avaient acheté les joueurs, Mediapro a fait comprendre qu'il n'honorerait pas les sommes promises.
Les clubs, eux, sont comme Perrette et le Pot au lait, ils avaient commencé à vivre dans un château en Espagne. Aujourd'hui, ils se retrouvent avec une économie exsangue et leurs meilleurs joueurs qui vont pouvoir partir car ils ne seront plus liés par leurs contrats si les clubs font faillite ou ne paient pas leurs salaires.

Qui pour sauver le foot français ?

L'État a déjà prévenu, il ne renflouera pas. C'est vrai que ce serait un peu dur à admettre de sauver des clubs avec des joueurs millionnaires au moment où des PME se battent aussi pour leur survie.

On comprend qu'on va essayer d'exfiltrer Mediapro et de redonner le championnat à Canal ou BeIn. Mais on va forcément y laisser des plumes au niveau financier. Aujourd'hui, ça se joue au Tribunal de Commerce de Nanterre comme une entreprise du BTP. Cela n'est pas du tout adapté au business-modèle du football. On ne peut pas stopper l'activité et annuler les factures aux fournisseurs.

Le championnat continue. Tous les mois, c'est 15% du résultat annuel qui n'est pas financé. Il y a urgence. Et puis, il y a peut-être urgence aussi à se dire que 20 clubs, c'est trop et qu'il faut réformer le championnat et le mode de financement du foot. Cela sert aussi à ça les crises : nettoyer les écuries d'Augias. 

La note : 18/20 encourageant pour l'Europe

Elle se révèle avec la crise, comme souvent. Sommet aujourd'hui à Bruxelles, et visiblement, la Pologne et la Hongrie lèvent leur véto et on aura bien le plan de relance de 750 milliards pour aider les pays à rebondir après la crise.

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