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Les Nigérians Victor Osimhen et Ademola Lookman lors du quart de finale de la CAN contre l'Algérie, le 10 janvier 2026 à Marrakech.
Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP
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Elle est l'équipe qui, de très loin, a le plus convaincu. Avec 14 buts marqués, cinq victoires en autant de rencontres et une qualité de jeu au-dessus du lot, la Nigeria du Franco-malien Éric Chelle peut poser de gros problèmes au Maroc, son adversaire en demi-finales de la CAN, ce mercredi 14 janvier au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat (21 heures). Arrivée revancharde mais sur la pointe des pieds après avoir échoué à se qualifier à la Coupe du monde 2026 en novembre à l'issue d'une défaite contre la RD Congo (1-1, 4-3 t.a.b.), la sélection ne cesse d'impressionner depuis le début du tournoi.
Vainqueurs sans forcer de la Tanzanie (2-1) en ouverture, les Super Eagles ont survolé le choc de leur groupe contre la Tunisie pendant 70 minutes, avant de se faire peur en fin de match (3-2). Une piqûre de rappel, qui a visiblement fait du bien : l'Ouganda pour boucler le premier tour (3-1), le Mozambique en huitièmes (4-0), puis l'Algérie en quarts de finale (2-0) en ont d'ailleurs fait les frais ensuite.
"Cela n'a pas été facile, contre une équipe de bonne qualité. Mais aujourd'hui on a montré nos qualités, notre envie et ce qu'on veut faire. On prend les matchs les uns après les autres. Maintenant on est en demi-finale, c'est très bien. C'est un plaisir. On sait que c'est une compétition très exigeante", a rappelé Ademola Lookman, après une qualification contre les Fennecs acquise avec une facilité déconcertante.
Malgré une première partie de saison tronquée avec l'Atalanta Bergame, le milieu offensif réalise un tournoi exceptionnel jusqu'ici avec trois buts et quatre passes décisives, mais surtout toujours plus justesse sur et en dehors du terrain.
"Je n'ai pas vu Osimhen encore mais je ne crois pas que ce soit très important. Vic est notre atout numéro un, tout le monde le sait, c'est un super attaquant. Alors tout ça n'a pas tellement d'importance", s'est-il empressé de dédramatiser, après le huitième de finale marqué par une colère de son coéquipier star, furieux au point de s'approcher de son lieutenant tête contre tête pour lui reprocher de ne pas l'avoir servi.
Une scène entre les Ballons d'or africains 2023 et 2024, filmée en mondovision, qui a fait couler beaucoup d'encre et généré autant de bruits de couloir, certains médias allant jusqu'à craindre à un départ anticipé de l'avant-centre masqué (quatre buts, deux passes décisives) pour regagner son club de Galatasaray. Celui-ci avait demandé à être remplacé et boudé les célébrations collectives.
La preuve qu'Ademola Lookman - souvent aux cœurs de polémiques, parfois malgré lui, avec l'Atalanta à qui il a pourtant offert la Ligue Europa 2024 d'un triplé contre Leverkusen - est arrivé à l'âge de la maturité. Mais également que rien ne semble pouvoir arriver à ce Nigeria, en quête d'une quatrième couronne continentale (1980, 2000, 2013), après avoir échoué en finale de la dernière édition.
Il faut croire que les partenaires de l'ex-Montpelliérain Akor Adams ne brillent jamais plus que dans l'adversité. Pour ne pas avoir reçu des primes promises par leur Fédération, les joueurs ont brandi la menace de boycotter la fin de la CAN, la semaine passée. La ministre d’État aux Finances, Doris Uzoka-Anite, a finalement promis leur versement, selon la presse locale. Mais avant même la résolution de ce conflit interne, le capitaine de l’équipe Wilfred Ndidi - suspendu contre le Maroc - a assuré à ses compatriotes qu'il paierait de sa poche si aucune solution n'était trouvée.
"J'ai insisté auprès de l'équipe pour qu'elle s'entraîne et joue contre l'Algérie, a-t-il déclaré dans des propos rapportés par la BBC. Je le fais depuis le deuxième match. Je me suis engagé auprès du staff et des joueurs à payer personnellement les primes si les autorités échouent à le faire. Je ne veux pas que ces primes impayées perturbent notre préparation." De quoi souder les liens de l'équipe, chahutée en fin de rencontre après des tensions avec les Verts autour de l'arbitrage.
"On est ensemble avec mes joueurs, on prend du bon temps ensemble, on souffre ensemble, on est famille. Ils ont mon respect, j’ai le leur je crois, c’est pour moi la plus belle des victoires. Je donne le meilleur pour eux et j’espère qu’on va gagner ce trophée", a d'ailleurs confirmé Éric Chelle en conférence de presse, mardi.
Pour y parvenir, les vice-champions d'Afrique devront écarter le Maroc de sa CAN, en dépit du ferveur soutien des fans des Lions de l'Atlas. Porté par Brahim Diaz (cinq buts en cinq matchs) et le retour d'Achraf Hakimi, les hôtes ont enfin semblé dépasser la pression de l'enjeu contre le Cameroun en quarts de finale, bien aidés un pénalty oublié sur Bryan Mbeumo (2-0). Et ce, après des prestations en demi-teinte malgré les dénégations du sélectionneur Walid Regragui mardi.
"On pourrait croire qu’on est monté en puissance à ce moment-là. Mais dans les premiers tours, il y a des essais, des joueurs à remettre en forme… Ce sont des matchs où on prend des risques contrôlés. La prestation contre le Cameroun nous a en revanche rassurés physiquement. Le Nigeria va encore être un bon test. Pour nous, mais pour eux aussi car ils ne sont pas encore tombés contre une équipe d’une qualité équivalente à la nôtre", a-t-il assuré face aux journalistes.
Dans le même temps, Éric Chelle a préféré calmer le jeu sur un éventuel statut de favori de ses hommes : "Mon groupe est fatigué, il va peut-être falloir que je change mon fusil d’épaule. On va peut-être laisser la balle au Maroc et les attendre. On a vu que c’était difficile pour eux face à une équipe jouait bloc bas. On va sans doute commencer comme cela et voir comment ça évolue. Il faut que je fasse attention aux physiques". Alors info ou intox ? En tout cas, le Nigeria se verrait bien mettre fin aux espoirs des demi-finalistes du Mondial 2022, de s'offrir un deuxième sacre en Afrique, 50 ans après le premier. Sur le papier, il a tout pour.
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