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CAN : un Maroc sous pression à domicile défie le Cameroun en quarts de finale

Petits vainqueurs d'une modeste Tanzanie au tour précédent, les Lions de l'Atlas semblent légèrement inhibés par l'enjeu devant leur public. Face à un Cameroun décomplexé, ils devront lâcher les chevaux pour se hisser dans le dernier carré, vendredi 9 janvier à Rabat (20 heures).

Les Marocains Brahim Diaz et Achraf Hakimi lors du 8e de finale de la CAN contre la Tanzanie, le 4 janvier 2026 à Rabat.

Gabriel Joly

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Le costume de favori est-il trop grand pour le Maroc ? S'il semble un peu trop tôt pour le dire, les Lions de l'Atlas n'ont pas complètement rassuré sur leur capacité à aller au bout de leur CAN, avant de défier le Cameroun en quarts de finale ce vendredi 9 janvier dans leur nouvelle antre du stade Prince Moulay Abdellah de Rabat (20 heures).

Sortis premiers de leur groupe, malgré une prestation décevante contre un Mali accrocheur (1-1), les Marocains ont ensuite peiné en huitièmes de finale contre la Tanzanie, qui n'avait pourtant jamais pris part à une phase à élimination directe dans la compétition (1-0). Sans un éclair de l'inévitable Brahim Diaz, buteur sur chacun des quatre matchs disputés par sa sélection depuis trois semaines, le pays-hôte aurait même pu subir une improbable déconvenue.


"Ça a été un match difficile, on n’a pas été à notre niveau. On a perdu 45 minutes, avec beaucoup de déchet technique, de stress. On n’est pas entrés dans le match et on aurait pu se faire surprendre. Ensuite, on a eu beaucoup de situations mais on ne marque pas et on commence à douter", a déploré le sélectionneur Walid Regragui au coup de sifflet final.

Dans le Royaume, le coach est dans le viseur des supporters qui lui reprochent une qualité de jeu pas au niveau, en dépit de l'un des effectifs les plus fournis du continent. Demi-finaliste surprise à la Coupe du monde 2022, son Maroc avait à l'époque misé sur sa rugosité défensive, laissant l'initiative avec ballons à ses adversaires pour les prendre en contre. Reste que son statut a évolué et que l'équipe n'est pas assez protagoniste selon les fans, se heurtant régulièrement à des blocs bas.

Brahim Diaz et la montée en puissance d'Achraf Hakimi pour chasser les doutes ?

Mais pas de quoi perturber le sélectionneur : "Je vous avais dit qu’on allait souffrir jusqu’à la dernière minute et on a souffert jusqu’à la dernière minute", a-t-il répondu dimanche aux journalistes en conférence de presse, sans se démonter.

"J’ai grandi en France et je me rappelle de 1998, quand ils ont gagné la Coupe du monde. En huitièmes de finale, ils gagnent avec un but en or contre le Paraguay, ils se qualifient aux tirs au but face à l'Italie en quarts de finale, puis en demi-finales, ils sont menés 1-0 par la Croatie et c’est leur arrière droit qui n’a jamais mis un but de sa vie qui a mis deux buts", a-t-il rappelé sans citer Lilian Thuram. Manière de dire que le jeu affiché ne présage en rien d'une éventuelle désillusion, alors que tout autre résultat qu'une deuxième CAN gagnée, 50 ans après la première, serait vécue comme un échec sur place.

'Ce sont des scénarios qu’il faut qu’on apprenne quand on veut grandir en tant qu’équipe qui veut gagner les CAN. Il y a une équipe qui est encore en lice qui sait parfaitement gagner comme ça", a-t-il ajouté Walid Regragui en référence à l'Égypte, septuple vainqueur, que le Maroc pourrait affronter en finale le 18 janvier.

D'ici là, ses joueurs devront lâcher les chevaux pour franchir l'obstacle des quarts de finale, contre de surprenants Camerounais revitalisés par l'arrivée de David Pagou sur leur banc. "On joue le pays organisateur, une grosse équipe. Je ne suis pas historien, mais ça fait très longtemps que le Maroc n’a pas perdu à domicile [octobre 2019 en amical contre le Gabon, 2-3]. Ce sera une motivation supplémentaire", a d'ailleurs assuré le sélectionneur jeudi.

Pour affronter les Lions indomptables, ceux de l'Atlas seront privés du milieu Azzedine Ounahi, forfait pour le reste de la compétition et aperçu en béquilles avec le pied gauche dans une attelle dimanche. "Il a une déchirure au mollet et est indisponible entre 5 à 6 semaines", a confirmé Walid Regragui, regrettant la perte d'un "leader technique" à la suite d'une blessure à l'entraînement.

Il faudra donc de nouveau repenser l'entrejeu, où Bilal El Khannouss pourrait être reconduit. Mais le Maroc espère surtout une montée en puissance d'Achraf Hakimi, de retour de blessure contre la Tanzanie et auteur d'une passe décisive pour le héros Brahim Diaz. La connexion entre le Parisien et le joueur du Real Madrid sera attendue. Idem pour l'avant-centre Ayoub El Kaabi, qui a marqué trois buts dans le tournoi dont deux retournées acrobatiques (!) face aux Comores (2-0) et au Mali, mais qui reste muet dans les rencontres tendues.

En cas de qualification, le Maroc affrontera le vainqueur du duel entre le Nigeria et l'Algérie mercredi prochain, en demi-finales.

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