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Aimé Jacquet fête ses 80 ans : que devient le sélectionneur des Bleus de 1998

Aimé Jacquet avait 56 ans lorsque l'équipe de France de football est montée sur le toit du monde pour la première fois un 12 juillet.

Aimé Jacquet et Didier Deschamps à Décines-Charpieu le 9 juin 2018
Aimé Jacquet et Didier Deschamps à Décines-Charpieu le 9 juin 2018
Crédit : AFP / JEFF PACHOUD
Gregory Fortune & AFP

Sa dernière rare apparition en public remonte au 17 octobre dernier, au stade Matmut Atlantique de Bordeaux à l'occasion du 140e anniversaire des Girondins. On l'a notamment vu poser aux côtés d'Alain Giresse. Aimé Jacquet, l'emblématique sélectionneur de l'équipe de France championne du monde en 1998, atteint l'âge de 80 ans, samedi 27 novembre. Il en avait 56 lorsque les Bleus sont montés sur le toit du monde pour la première fois un 12 juillet.

Après le sacre et la finale de rêve face au Brésil au Stade de France (3-0), le natif de Sail-Sous-Couzan (Loire), passe la main à son adjoint Roger Lemerre, qui mènera les Bleus à la victoire lors de l'Euro 2000. Aimé Jacquet, lui, devient directeur technique national à la fédération, un poste qu'il occupera jusqu'en 2006. Brièvement consultant sur Canal+, il prend parfois la parole pour analyser les compétitions internationales ou défendre ses successeurs, comme Raymond Domenech, lui aussi peu épargné par la presse. 

Père de deux enfants, celui qui a épousé sa femme en 1970 passe désormais sa retraite sur les bords du lac d'Annecy (Haute-Savoie). "J'aime bien aller me balader sur les stades, le week-end, incognito", confiait-t-il au Dauphiné Libéré en mai 2021. Mais l'ex enfant modeste de parents qui tenaient la boucherie du village ne s'exprime plus du tout sur le monde du foot professionnel. Une question de caractère, de respect pour les entraîneurs en place aussi.

Intronisé après le cauchemar de France-Bulgarie

Ancien milieu de terrain de Saint-Étienne, avec qui il gagna cinq fois le championnat de France, le technicien a déjà entraîné Lyon et surtout Bordeaux, sacré champion à trois reprises en 1984, 1985 et 1987, quand il prend la tête des Bleus en 1993, dans un contexte cauchemardesque. L'équipe de France vient de subir l'un des plus grands fiascos de son histoire, en craquant contre la Bulgarie en fin de match (2-1), une défaite en qualifications qui la prive de Coupe du monde 1994.

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Gérard Houllier, le sélectionneur de l'époque, démissionne et c'est son adjoint, Aimé Jacquet, qui récupère le poste. Mais "Mémé" arrive sur la pointe des pieds. Officiellement, il n'est là qu'à titre "provisoire". Il s'impose pourtant, avec ses cheveux grisonnants, sa rigueur et sa poigne. Il écarte ainsi des joueurs prestigieux, de Éric Cantona à David Ginola, et emmène la France en demi-finale de l'Euro-1996 avec un nouveau maître à jouer : Zinédine Zidane. 

La blessure de l'avant-Mondial 98

Mais pendant la préparation du Mondial 1998, les choses se gâtent. "Laborieux", "fruste", "brave type"... Les critiques pleuvent sur le style de jeu des Bleus et la personnalité de leur entraîneur. "Jacquet n'est décidément pas l'homme de la situation", écrit L'Équipe. Le 12 juillet 1998, après avoir été porté en triomphe par ses joueurs, Jacquet répond devant les caméras : "Je ne pardonnerai jamais, jamais je ne pardonnerai", lance-t-il à propos des articles qui l'ont visé avant la Coupe du monde.

L'une des grandes blessures de Jacquet ? Les moqueries sur sa façon de parler et son accent du Forez, sa région d'origine. "Les Parisiens ont bien ironisé sur mon accent", protestera-t-il plus tard. Le joueurs, eux, n'ont cessé de louer la droiture et le sens du devoir de celui qui dans sa jeunesse alternait entre le foot et son métier de tourneur-fraiseur à l'usine. 

"Ce qui caractérise Aimé, c'est son humanité, son humilité, son professionnalisme, décrit l'ancien milieu de terrain Emmanuel Petit, interrogé par l'AFP. Il arrivait à mélanger rigueur, vision mais également management dans l'humain, c'est très important (...) Il avait l'adhésion de tout le groupe, parce qu'on sentait qu'on était dans un rapport respectueux, mais également sur des valeurs sincères".

Muscle ton jeu Robert

Aimé Jacquet dans "Les Yeux dans les Bleus"

Immortalisées par le documentaire Les Yeux dans les Bleus, ses causeries dans le vestiaire deviennent célèbres, notamment le "Muscle ton jeu Robert, muscle ton jeu" destiné à Pirès. Ses qualités d'anticipation lui valent aussi l'admiration. Avant la finale contre le Brésil, Jacquet délivre des conseils aux allures prémonitoires.

"Sur les coups de pied arrêtés, ils sont assez dilettantes, souligne-t-il. Si vous êtes un peu futés, malins, essayez de bouger, essayez de les perturber, ils n'ont pas une rigueur de marquage énorme". Zidane est là, au milieu des joueurs, concentré. Pendant le match, il marquera un doublé de la tête... sur corner (27e, 45e+1). 

Dans son autobiographie publiée en 1999, Ma vie pour une étoile, il résumait un vœu cher à son cœur : "Je n'ai qu'un souhait, que l'on dise plus tard 'Cet honnête homme a bien fait son travail'". Le souhait est exaucé. Largement.

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