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Route du Rhum 2018 : pourquoi y a-t-il autant de casse cette année ?

ÉCLAIRAGE - Un tiers des skippers présents au départ dimanche 4 novembre à Saint-Malo sont déjà hors course à l'image d'Armel Le Cléach, Thomas Coville ou Sébastien Josse.

Le "Maxi Edmond de Rothschild" de Sébastien Josse le 4 novembre 2018
Le "Maxi Edmond de Rothschild" de Sébastien Josse le 4 novembre 2018 Crédit : Damien MEYER / AFP
fred veille
Frédéric Veille Journaliste RTL

Chavirages, démâtages, avaries... La 11e édition de la Route du Rhum tourne à l'hécatombe pour nombre de skippers, à l'image d'Armel Le Cléac'h qui a dû abandonner son bateau "Banque Populaire IX". Alors, autant de casse, est-ce du jamais vu ? Malheureusement, non. Cela c’était déjà produit il y a 16 ans : dans une flotte record de 18 grands trimarans, seuls 3 avaient franchis la ligne d'arrivée.

2002, c’est l’année de la victoire de Michel Desjoyeaux mais c’est aussi l’édition où, entre autres, les marins expérimentés comme Franck Cammas, Jean Le Cam, Francis Joyon, Yvan Bourgnon mais aussi Loïck Peyron avaient vécu l’enfer dans des creux de 10 mètres. Certains voiliers avaient été complètement détruits, d’autres ont sombré en mer

À l'époque, on avait dit halte au massacre, terminé, plus de grands multicoques sur cette course. Mais surtout, une polémique était née à propos de ces bateaux trop coûteux et pas assez fiables. Jean Le Cam avait même dit : "La machine a dépassé l'homme".

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2002, étape formidable pour la structure et la fiabilité

Mais alors pourquoi a-t-on continué à construire de tels voiliers, et surtout pourquoi a-t-on continué à les aligner sur les courses transatlantiques ? Car à l’issue cette hécatombe de 2002, le cahier des charges a évolué et les architectes ont beaucoup travaillé sur la résistance des bateaux. 

Franck Cammas disait encore il y a peu de temps que ça avait permis de franchir une étape formidable en matière de structure et de fiabilité. C’est ainsi qu’en 2010 on a vu réapparaître les grands multicoques avec lesquels Cammas puis Peyron ont inscrit leur nom au palmarès de cette course et que, plus récemment, avec François Gabart ou encore Thomas Coville, des records de Tour du Monde ont été pulvérisés.

La voile n’est pas une science exacte

Michel Desjoyeaux
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Mais alors si on a gagné en fiabilité, pourquoi autant de casse cette année ? Pour répondre, citons cette phrase confiée par Michel Desjoyeaux tout à l’heure : "la voile n’est pas une science exacte". Pour compléter cette réflexion, si vous regardez la liste des abandons en quatre jours vous avez la réponse. 

Sébastien Josse et Armel Le Cléac’h étaient sur des bateaux volants très récents, des maxi trimarans de 12 à 15 millions d'euros qui vont très vite, plus de 40 nœuds, mais qui ne sont peut-être pas tout à fait prêts pour affronter le gros temps. Pour Thomas Coville, c’est un voilier assez ancien avec une casse que l’on pourrait qualifier de normale compte tenu des rafales.

Restent les deux grands trimarans en course, celui de Francis Joyon qui barre le voilier qui a remporté les deux dernières éditions sous les ordres de Cammas puis de Peyron, et celui de Francois Gabart, un trimaran qui a fait ses preuves sur le tour du monde, avec aux commandes celui qu’on surnomme "le petit Mozart de la voile" mais qui, lui non plus, n’est pas à l’abri de la colère de Dame Nature.

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