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JO 2024 : Édouard Philippe va donner les premiers coups de pioche du village olympique

Le Premier ministre est attendu lundi en Seine-Saint-Denis pour défendre l'utilité des futures infrastructures olympiques.

Édouard Philippe, le 5 octobre 2018
Édouard Philippe, le 5 octobre 2018 Crédit : NICOLAS MESSYASZ/SIPA
Félix Roudaut
Félix Roudaut
et AFP

Édouard Philippe va devoir revêtir un casque de chantier. Accompagné de 11 membres du gouvernement, le Premier ministre se rend lundi en Seine-Saint-Denis pour donner le coup d'envoi du chantier controversé du village des athlètes de Paris 2024 et défendre l'utilité des futures infrastructures olympiques. Cinq jours après un déplacement à Bobigny, le locataire de Matignon sera de retour dans le département le plus pauvre de métropole qui accueillera le village olympique et paralympique.

Au côté notamment du président du comité d'organisation Tony Estanguet, Édouard Philippe lancera symboliquement à Saint-Ouen le début de ces travaux pharaoniques qui doivent durer plus de trois ans. Plus tôt dans la matinée, à Saint-Denis, il présidera un comité interministériel pour faire le point sur les projets liés aux JO et tenter de démontrer qu'ils seront bénéfiques, avant comme après la compétition. Des emplois pour les jeunes du département pourraient ainsi être annoncés.

"Levier de transformation durable"

Le gouvernement entend ainsi défendre l'idée d'un "héritage" de ces JO 2024 qui doivent être "un véritable levier de transformation durable pour le territoire et le quotidien des Français", selon Matignon. La tâche ne sera pas aisée : des protestations s'élèvent déjà contre le projet de village olympique qui promet de faire table rase d'une zone où sont implantés plus d'une vingtaine d'entreprises, trois écoles, un hôtel, une résidence étudiante et un foyer de travailleurs étrangers.

Tous ces bâtiments devront être rasés en 2020 pour permettre de loger près de 15.000 athlètes et officiels. La plupart des entreprises, qui représentent un millier d'emplois, ont déménagé dans des villes limitrophes, mais certains rechignent. "Cela fait quarante ans que nous sommes là et il n'y a plus de place pour nous, c'est insultant", déplore Boubacar Diallo, représentant des résidents du foyer de travailleurs étrangers de Saint-Ouen sur lequel a été accrochée une large banderole "En lutte pour un relogement digne".

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En remplacement, deux nouvelles résidences doivent voir le jour en 2022. Mais les résidents refusent le relogement provisoire proposé par la Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), l'établissement public chargé des chantiers des JO. "Il s'agit de logements modulaires de haute qualité", assure la Solideo. Mais la préfecture de Seine-Saint-Denis reconnaît que le terrain attribué pour les installer est situé "dans une zone de chantier" et "essaye d'examiner une autre solution".

Nuisances

En conflit avec différents partenaires des JO, l'école publique d'ingénieurs Supméca , dont le campus sera coupé en deux par le chantier, est, elle, "en voie de trouver une solution d'apaisement", explique son directeur Alain Rivière, sans cacher son mécontentement. "On nous supprime notre réserve foncière. C'est l'argent public qui va permettre de régler le problème des promoteurs privés", tempête le directeur.

À Saint-Denis, certains habitants craignent, eux, des nuisances en termes de pollution et de circulation. Dans une zone d'à peine deux kilomètres se concentreront ainsi la future piscine olympique, la plus grande gare du Grand Paris, l'enfouissement des lignes à haute tension, le mur anti-bruit de l'A86 et l'aménagement des berges de Seine. "On a l'excellence environnementale du village olympique d'un côté et de l'autre côté le quartier Pleyel qui sera saturé", dénonce Cécile Gintrac, membre du comité de vigilance JO 2024. "La période va être difficile en matière de bruit, de sécurité et de transport", s'inquiète le directeur de Supméca.

En réponse, la Solideo promet "qu'il n'y aura pas de chantier de nuit" et promet l'installation de capteurs de bruit "pour moduler l'intensité des travaux". "On est dans une transformation profonde d'un territoire, on a pleinement conscience collectivement que l'on crée des nuisances, mais il faut passer par là", affirme Benoît Piguet, directeur des relations institutionnelles de la Solideo. "Ce qui va se passer en 3-4 ans est la compensation de ce qui ne s'est pas passé depuis 30 ans". Un message qui fait écho à celui du gouvernent qui a dévoilé jeudi une batterie de mesures spécifiques pour la Seine-Saint-Denis.

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