2 min de lecture Discriminations

SOS Homophobie dénonce une hausse "alarmante" des actes anti-LGBTQ+

Les témoignages de victimes d'actes anti-LGBTQ+ ont augmenté de 26% en 2019 dénonce l'association dans son rapport annuel.

Un drapeau LGBTQ+ lors de la Marche des Fiertés de Paris, le 30 juin 2018
Un drapeau LGBTQ+ lors de la Marche des Fiertés de Paris, le 30 juin 2018 Crédit : Emma PROSDOCIMI/SIPA
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy
et AFP

Une hausse continue et "alarmante". Dans son rapport annuel dévoilé lundi 18 mai, SOS Homophobie déplore une augmentation de 26% des témoignages de victimes d'actes anti-LGBTQ+ en France en 2019.

L'an dernier, l'association a recueilli 2.396 témoignages de personnes LGBTQ+, soit le deuxième total le plus élevé depuis la création du rapport après 2013, année marquée par les manifestations contre le mariage pour tous (3.517 témoignages). Ces chiffres confirment ceux publiés samedi par le ministère de l'Intérieur qui a recensé 1.870 victimes d'infractions à caractère homophobe ou transphobe en 2019, en hausse de 36% par rapport à 2018.

"Les mêmes mouvements qui, en 2013, ont manifesté contre le droit au mariage pour les couples de même sexe ont fait entendre leur voix en 2019 contre l'extension de l'accès à la PMA" pour toutes les femmes, soulignent en préambule du rapport Véronique Godet et Jérémy Faledam, co-présidents de SOS Homophobie. "Leur parole a été largement relayée, souvent au détriment de celle des premières personnes concernées par cette loi, et a encore une fois cristallisé et généré des violences LGBTIphobes."

Explosion d'agressions transphobes

Le rapport note par ailleurs "une explosion" du nombre d'agressions physiques à l'encontre de personnes trans, passées de 14 à 32 entre 2018 et 2019. "De nombreux témoignages nous sont parvenus au second semestre, en réaction à la prise de parole courageuse de Julia", explique SOS Homophobie, en référence à cette jeune femme trans dont l'agression filmée fin mars 2019 à Paris avait été très médiatisée.

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Le nombre d'agressions physiques continue d'augmenter avec 237 cas signalés, contre 231 en 2018, ce qui constituait déjà un triste "record". Cela témoigne d'"un ancrage profond des violences" - des coups et blessures dans deux tiers des cas - motivées "par une vision stéréotypée et dépassée de la société", souligne l'association.

Signalements sur les réseaux sociaux

Les manifestations de rejet (72%) et les insultes (47%) sont les faits les plus fréquemment signalés par les victimes, devant les discriminations (22%), les menaces (19%) et le harcèlement (18%).

Comme chaque année, les victimes qui témoignent sont principalement des hommes (73%) de la tranche 25-50 ans (quand leur âge et leur genre sont connus). Depuis 2010, le principal lieu d'expression anti-LGBT demeure Internet et les réseaux sociaux avec une "explosion des signalements", de 383 cas en 2018 à 596 l'an passé (+56%).

Le deuxième espace le plus propice aux actes anti-LGBT sont les "lieux publics" où les couples de femmes sont plus particulièrement visés (58% des lesbiennes étaient avec leur compagne lors de leur agression contre 22% des gays).

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