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Ticketmaster et sa maison mère Live Nation reconnus coupables de monopole illégal aux États-Unis, vers un possible démantèlement du géant des concerts

Un jury fédéral a déclaré mercredi Live Nation, maison mère de Ticketmaster, coupable de monopole illégal à l’issue d’un procès fleuve à New York. Malgré un accord amiable conclu avec le ministère de la Justice, une majorité d’États américains ont poursuivi l’entreprise. Le juge doit désormais fixer les sanctions, qui pourraient aller jusqu’au démantèlement du groupe.

Ticketmaster poursuivi en justice par les autorités américaines

Crédit : Jaque Silva / NurPhoto / NurPhoto via AFP

AFP

Un jury civil fédéral a reconnu mercredi 15 avril Live Nation, maison mère de Ticketmaster, coupable de monopole illégal en violation des lois antitrust américaines. Le verdict intervient après plusieurs semaines de procès à New York, relancé par 34 États malgré un accord conclu en amont avec le ministère de la Justice.

Début mars, le groupe avait en effet trouvé un terrain d’entente avec l’administration fédérale, qui s’était retirée des poursuites. Mais une majorité d’États a refusé ce compromis, estimant les concessions insuffisantes, et a choisi de poursuivre la procédure jusqu’au verdict.

À la suite de cette décision, le juge Arun Subramanian doit désormais déterminer les réparations dans une procédure distincte. Parmi les scénarios envisagés figure un possible démantèlement du groupe, avec notamment la cession de Ticketmaster.

Selon plusieurs médias américains, le jury a estimé que Ticketmaster avait surfacturé ses clients de 1,72 dollar par billet vendu. Le montant total des dommages et intérêts sera fixé dans les prochains jours.

Une position dominante contestée depuis des années

Le rachat de Ticketmaster par Live Nation en 2010, validé à l’époque par le ministère de la Justice sous conditions, est au cœur des critiques. Depuis, le groupe est accusé d’abuser de sa position dominante sur les marchés de l’organisation de concerts et de la billetterie.

Lors du procès, le patron du concurrent AEG Presents a souligné que les frais sur les billets de concert atteignent en moyenne 25% du prix aux États-Unis, contre environ 15% en Europe, une différence qu’il attribue à la domination de Ticketmaster.

Les États en première ligne face aux géants

Le procès avait initialement été intenté par le ministère de la Justice et 40 États. L’accord amiable prévoyait notamment le versement de 280 millions de dollars de dommages et intérêts et la vente de 13 salles de spectacle. Mais ces mesures ont été jugées insuffisantes par une majorité d’États, qui ont maintenu la pression judiciaire.

"Face au recul de l’application des lois antitrust par l’administration Trump, ce verdict montre jusqu’où les États peuvent aller pour protéger nos citoyens", a réagi Rob Bonta, procureur général de Californie. Il a accusé les grandes entreprises d’utiliser leur pouvoir pour "augmenter illégalement les prix et escroquer les Américains".

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