3 min de lecture Discriminations

Où en est la France en matière de défense et respect des droits LGBTQ+ ?

L'association internationale pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (ILGA) a publié jeudi 14 mai son état des lieux des droits des personnes LGBTQ+ en Europe. La France se situe à la 13ème place sur un total de 49 pays étudiés.

Le premier passage piéton permanent aux couleurs LGBT a été inauguré à Périgueux jeudi 17 mai
Le premier passage piéton permanent aux couleurs LGBT a été inauguré à Périgueux jeudi 17 mai Crédit : GEORGES GOBET / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Jeudi 14 mai, l'association internationale pour les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans et intersexes (ILGA) a publié son rapport annuel "Rainbow Europe". Celui-ci analyse les garanties des droits des personnes LGBTQ+ dans chaque pays du Vieux Continent. La France se situe à la 13ème place sur les 49 pays étudiés, un classement en baisse par rapport aux deux années précédentes.

Le classement "Rainbow Europe 2019" se base sur une série de critères que la France ne remplit qu'à 56% - contre 63% en 2019 et 73% en 2018. Ceux-ci sont divisés en six catégories : droit d'asile (remplis à 28% par la France), égalité et non-discrimination (40%), famille (37%), discours et crimes de haine (29%), reconnaissance légale du genre et intégrité corporelle (32%), société civile et espace public (85%). 

Le paradoxe français

"Ce que montre ce classement, c’est que depuis le mariage pour tous, en France, il ne s’est pas passé grand chose. La protection et la promotion des droits LGBT en France semble ne pas être une priorité", explique Sébastien Tüller, responsable des questions LGBTQ+ chez Amnesty France auprès de Têtu. "C’est un peu paradoxal : les agressions sont plus visibles, le sujet des droits des personnes LGBT a pris sa place dans l’espace public, médiatique, mais il n’y a aucune action concrète qui est menée."

En mai 2019, SOS Homophobie avait publié un rapport qui faisait état d'une hausse significative des violences à l'encontre des personnes LGBTQ+, rappelle l'ILGA dans son rapport. Deux mois plus tôt, la ministre de l'Éducation supérieure Frédérique Vidal annonçait que les universités devaient toutes utiliser les noms d'usage des personnes trans et non ceux inscrits sur leurs documents officiels. "Seulement 15 universités ont introduit cette nouvelle pratique", insiste par exemple l'organisation.

À lire aussi
Un don de sang (illustration) santé
Don du sang : le délai d'abstinence imposé aux homosexuels supprimé

Seule avancée majeure de l'année écoulée, la PMA pour toutes elle-même n'est apparue que comme une victoire en demi-teinte pour la communauté LGBTQ+ : adopté par le Parlement à la fin de l'année 2019, le texte exclut les personnes trans de l'accès à la procréation médicalement assistée. Par ailleurs, son entrée en vigueur a été repoussée par le confinement cette année, laissant pléthores de familles homoparentales dans l'ambiguïté. 

Les droits LGBTQ+ menacés en Europe

Le rapport "Rainbow Europe" est publié dans un contexte où les droits des personnes LGBTQ+ sont menacés sur le continent. Le jour-même de la diffusion du classement de l'ILGA, l'agence européenne des droits fondamentaux (FRA) a elle aussi communiqué sur les discriminations visant la communauté LGBTQ+ au sein des pays européens. 

Selon cette enquête inédite de par sa large échelle, les personnes LGBTQ+ sont 43% à s'être senties discriminées dans les douze mois ayant précédé le questionnaire, un chiffre en augmentation de 6 points par rapport à la dernière enquête effectuée en 2012. Pour les personnes transgenres, cette proportion grimpe même à 60%. Pour obtenir ces résultats, la FRA a interrogé en 2019 140.000 personnes LGBTQ+ dans les 27 pays de l'Union européenne (UE), au Royaume-Uni, en Serbie et en Macédoine du Nord. Pour la première fois, son enquête inclut les expériences des personnes intersexes et des adolescents âgés entre 15 et 17 ans.

Le directeur de la FRA Michael O'Flaherty prévient que les difficultés dans le domaine de l'emploi et des soins de santé "peuvent s'aggraver en raison du nouveau coronavirus". Dans ce même souci de protection des droits, le Conseil de l'Europe a appelé les États à protéger les jeunes LGBTQ+, victimes de violences pendant cette période de crise sanitaire et de confinement dans de nombreux pays. 

En France, le secrétariat d'État de Marlène Schiappa a annoncé vendredi 24 avril un "plan d'urgence" pour leur venir en aide, à la suite des demandes pressantes des associations. Un total de 300.000 euros a notamment été débloqué pour "financer 6.000 nuitées d'hôtel pendant le confinement" pour accueillir de jeunes personnes LGBTQ+ en danger pendant la période d'isolation.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Discriminations Homophobie Transgenre
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants