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PMA : "Maintenant, je suis sa mère", témoigne une Française

TÉMOIGNAGE - Après s'être mariée avec la mère de son enfant né d'une PMA effectuée en Belgique, Camille est enfin reconnue comme la mère légale de son fils, 17 mois après sa naissance. Elle raconte.

Un enfant sur trente en France est conçu grâce à l'assistance médicale à la procréation, selon l'Ined (Illustration)
Un enfant sur trente en France est conçu grâce à l'assistance médicale à la procréation, selon l'Ined (Illustration) Crédit : Fred DUFOUR / AFP
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Cécile De Sèze
Journaliste RTL

"Le plus compliqué, c'était après la naissance". Camille est soulagée. Elle est désormais, au regard de la loi, la mère de son fils. Elle et son épouse ont fait une PMA (procréation médicalement assistée, à différencier de la GPA) en Belgique en février 2016. Une pratique très courante car en France la PMA n'est autorisée que pour les couples hétérosexuels présentant des pathologies qui les empêchent d'avoir des enfants. Début juin, une étude révélait qu'un enfant sur trente est actuellement conçu via une PMA

Mais après la naissance du bébé, Camille n'est pas reconnue comme étant sa mère, puisqu'elle n'a pas porté l'enfant. "Après la naissance, je suis allée le déclarer mais je n'ai pas pu récupérer l'acte de naissance, je n'avais pas le droit, se souvient Camille. Ça gâche le moment, le bonheur". 

Afin de pouvoir l'adopter, les deux compagnes décident de se marier, le 25 mars 2017, un an après l'insémination réussie, et deux jours plus tard elles déposent la demande d'adoption chez le notaire. Si elles ont échangé leurs alliances à ce moment-là, c'est bien pour des raisons légales et pour pouvoir demander l'adoption. 

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Mais aussi à cause de l'élection présidentielle. Elles craignaient une victoire de François Fillon, qui avait promis de revenir sur l'adoption plénière pour les couples homosexuels mariés. L'objectif : déposer le dossier le plus rapidement possible pour ne courir aucun risque. 

C'est un soulagement car s'il y a un souci, je suis reconnue comme sa mère

Camille, mère d'un enfant né d'une PMA
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En septembre dernier, Camille espérait une décision consentie du tribunal et racontait à RTL.fr le parcours semé d'obstacles qu'elles ont traversé. Depuis octobre, les deux femmes attendent désormais que le tribunal ordonne la retranscription de l'adoption sur l'acte de naissance afin d'aller chercher le livret de famille en septembre prochain, avec leurs trois noms en commun. Pour le moment, elles en ont un avec leurs deux noms et un autre avec le nom de la mère et celui de l'enfant. 

Mais légalement, désormais, "s'il arrive quelques chose à ma femme, c'est moi qui ait la charge. Maintenant, s'il est à l'hôpital, je suis sa mère. C'est un soulagement car s'il y a un souci, je suis reconnue. Je suis sa mère", répète-t-elle. Son fils a 18 mois. Elle n'a été reconnue légalement comme sa mère à ses 17 mois. Soit un an et demi après sa naissance. 

Les deux mères veulent fonder une famille et ces démarches administratives lourdes, complexes et longues ne les décourageront pas. "Oui, on veut d'autres enfants, confie Camille. Mais pas toute de suite". Quand ce sera le moment, elles referont le même parcours d'aller à l'étranger si d'ici là "la loi n'a pas évolué en France". 

En France, il n'y aura pas assez de donneurs de sperme

Camille, mère d'un enfant né d'une PMA
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Et même si la PMA s'ouvre à toutes les femmes (couples et femmes célibataires), Camille devra quand même faire les procédures de demande d'adoption, sauf si la législation prévoit que la mère qui ne porte pas l'enfant, si les deux sont mariées, soit directement reconnue comme légalement mère.

Et même si la législation va aussi loin, Camille parie sur le fait "qu'il n'y aura pas assez de donneurs de sperme", et que "l'attente risque d'être hyper longue". Elle raconte qu'en Belgique n'ont plus ils n'ont pas assez de donneurs et font appellent à des banques de sperme danoises. "Peut-être que la France fera pareil", espère-t-elle.

En attendant, elles vont "profiter" et n'ont "aucun regret". "On n'a eu aucun problème, là-dessus, on a eu de la chance", se réjouit-elle. Mais elle se dit tout de même qu'une fois leur fils scolarisé, "on sait qu'on aura des réflexions pas toujours sympas, on le sait et on fera avec". Une loi sur la PMA, est attendue pour l'automne, à l'issue des États généraux de la bioéthique

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2018-06-09 08:35:00
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