3 min de lecture Harcèlement

Harcèlement de rue : qu'est-ce que le plan Angela annoncé par Marlène Schiappa ?

ÉCLAIRAGE - La secrétaire d'État à l'égalité entre les femmes et les hommes lance ce dispositif pour lutter contre le harcèlement de rue cet été.

Une manifestation contre le harcèlement et les violences sexuelles le 29 octobre 2017, à Marseille
Une manifestation contre le harcèlement et les violences sexuelles le 29 octobre 2017, à Marseille Crédit : Franck PENNANT / AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Angela. C'est le nom du plan détaillé par Marlène Schiappa pour lutter contre le harcèlement de rue. Une appellation tirée du dispositif principal de cette série de mesures qui visent "à mieux protéger les femmes" des violences sexuelles et sexistes dans l'espace public, a expliqué la secrétaire d'État à France Info.

Dans l'entretien diffusé jeudi 28 mai, Marlène Schiappa a précisé les modalités de ce nouveau dispositif intitulé "Demandez où est Angela" qui a,selon elle, déjà fait ses preuves aux États-Unis. "Les femmes pourront rentrer dans tous les lieux labellisés - les bars, restaurants, mais ça peut être aussi des commerces, également des pharmacies - quand elles sont suivies, qu'elles se sentent en insécurité dans la rue et dire simplement 'Je demande à voir Angela'", a-t-elle expliqué. 

S'il s'agit d'un bar, la personne en charge du service pourra ensuite apporter son aide à la femme qui en a besoin : appeler un taxi ou la police par exemple. "Cela permet de savoir où se réfugier pour les cas où il n'y aurait pas de policiers pour verbaliser en flagrant délit immédiatement." 

Les lieux seront sélectionnés en partenariat avec le dispositif HeForShe de l'organisation ONU Femmes, sur le modèle de ce qui a été fait pour le signalement des faits de violences conjugales dans les pharmacies et les centres commerciaux pendant le confinement. 

Des transports plus sûrs

Autre volet du "Plan Angela" : les transports. Pour lutter contre le harcèlement sexiste et sexuel, le secrétariat d'État de Marlène Schiappa annonce dans un communiqué travailler en collaboration avec l'Association des maires de France pour la "généralisation des arrêts de bus à la demande". Ce dispositif, déjà parfois mis en place en soirée et la nuit, vise à "offrir la possibilité à toute personne, voyageant seule et qui en fait la demande auprès du conducteur, de descendre entre deux arrêts de bus afin d'être rapprochée de sa destination."

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Par ailleurs, en collaboration avec Jean-Baptiste Djebarri, secrétaire d'État chargé des Transports, Marlène Schiappa souhaite impliquer davantage les plateformes de VTC comme Uber. L'entreprise a elle-même mis en place des mesures pour garantir la sécurité de ses utilisatrices l'année dernière à la suite d'une série d'agressions sexuelles commises par des chauffeurs et dénoncées sur les réseaux sociaux. Une piste évoquée est celle d'un module de formation "violences sexuelles et sexistes" obligatoire pour tous les candidats à l'examen de chauffeur VTC.

Sensibilisations et sanctions

Pendant le confinement, les actes de revenge porn se sont multipliés sur les réseaux sociaux. C'était le cas notamment sur Snapchat avec l'augmentation des comptes "ficha" dont le but était la publication de photos intimes sans le consentement des personnes y apparaissant. C'est pourquoi Marlène Schiappa souhaite impliquer davantage les plateformes dans le processus de sensibilisation au cyber-harcèlement pour lutter contre ces pratiques délictuelles. Elle prévoit de les réunir sans que les modalités de cette concertation n'aient été encore communiquées.

Dans la même perspective, le secrétariat d'État annonce également le lancement d'une campagne sur le consentement cet été. Un sujet primordial pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes : une enquête réalisée sur le sujet par le collectif #NousToutes au début de l'année révélait qu'une femme sur six avait fait son entrée dans la vie sexuelle par un rapport non-consenti et qu'une sur dix en avait déjà vécu un.

Enfin, au niveau juridique, Marlène Schiappa annonce travailler en collaboration avec le Ministère de la Justice pour sanctionner plus efficacement l'outrage sexiste, infraction créée en 2018 par la loi sur le harcèlement de rue et punie d'une amende jusqu'à 1.500 euros. "En cas de récidive aggravée par des faits délictuels", une personne suspectée de cette infraction pourra être jugée en comparution immédiate, explique Marlène Schiappa à France Info"La circonstance aggravante, c'est par exemple lorsque la jeune fille, qui est harcelée, est mineure de moins de 15 ans", complète-t-elle. En 2019, 713 contraventions pour outrage sexiste ont été dressées.

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