2 min de lecture Féminisme

Le premier rapport sexuel d'une femme sur 6 n'était pas consenti, révèle #NousToutes

Le collectif féministe #NousToutes publie mardi 3 mars les résultats de son enquête sur le consentement sexuel : 9 femmes sur 10 ont déjà eu le sentiment de subir une pression de leur partenaire pour avoir un rapport sexuel. Elles sont appelées à témoigner grâce au hashtag #JaiPasDitOui.

Des manifestantes à la marche #NousToutes contre les violences faites aux femmes le 24 novembre 2018.
Des manifestantes à la marche #NousToutes contre les violences faites aux femmes le 24 novembre 2018. Crédit : AFP
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

#JaiPasDitOui. C'est le hashtag lancé par le collectif #NousToutes à la suite de la publication des résultats de sa grande enquête sur le consentement mardi 3 mars. Parmi les chiffres marquants : 9 femmes sur 10 ont déjà eu le sentiment de subir une pression de leur partenaire pour avoir un rapport sexuel, et dans 88% des cas, c'est arrivé plusieurs fois. 

L'ensemble des données issues de l'enquête, menée du 7 au 16 février, sont disponibles en open-data. Les résultats publiés portent sur le consentement des femmes hétérosexuelles (96.600 répondantes). La majorité d'entre elles (75%) ont moins de 35 ans. "Cette enquête montre à quel point ce sujet est un sujet majeur pour les femmes, confie la militante féministe Caroline De Haas à France Info. Il y a une méconnaissance dans la société de ce que sont des rapports à égalité." 

Avoir commencé sa sexualité par un rapport non consenti et non désiré accroît très fortement le risque d'être victime de violences

Caroline De Haas, #NousToutes
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Le collectif féministe s'est plus particulièrement attardé sur les réponses (aux 30 questions) des femmes dont le premier rapport sexuel n'était pas consenti, soit 1 femme sur 6. "Quand on compare leurs réponses à toutes ces questions aux réponses générales, on se rend compte que le fait d'avoir commencé sa sexualité par un rapport non consenti et non désiré accroît très fortement le risque d'être victime de violences par la suite", explique Caroline De Haas dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux de #NousToutes, aux côtés de la militante Léonor Guénoun.

Par exemple, au total, 28% des répondantes disent avoir déjà subi un rapport non consenti et non protégé de la part d'un partenaire sexuel - un acte pouvant s'apparenter à un viol selon le Code pénal seulement s'il est commis "par violence, contrainte, menace ou surprise". "Lorsque l'on regarde la réponse (à la même question) des femmes ayant fait leur entrée dans la vie sexuelle par un rapport non consenti et non désiré, on passe à 43%".

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Les rapports sexuels sont aussi des moments où se manifestent les violences. Au total, 8 femmes sur 10 déclarent avoir été victimes de violences psychologiques, physiques ou sexuelles dans le cadre de rapports sexuels avec un ou plusieurs partenaires. Par ailleurs, près de la moitié des répondantes (49,1%) rapportent avoir déjà entendu des remarques dévalorisantes sur le fait qu'elles n'avaient pas envie d'avoir des rapports sexuels ("frigide", "coincée", "pas normale", "chiante"), note le collectif dans le rapport de son enquête.

Garantir le consentement

Avec la publication de cette enquête, #NousToutes espère faire du consentement sexuel un sujet politique. C'est dans cette perspective qu'une campagne a été lancée mardi avec le hashtag #JaiPasDitOui. "Cette enquête sur le consentement a plusieurs objectifs : créer un débat collectif, inciter à la réflexion individuelle et réclamer au gouvernement une vaste étude sur ce thème, au-delà des jeunes qui nous ont répondu majoritairement", explique Caroline De Haas au Parisien

Le collectif féministe souhaite également la mise en place d'un "module obligatoire à l'école sur les questions de l'égalité, du respect et de la non-violence". Car, selon l'enquête, seuls 12,7% des répondantes se rappellent que la question du consentement ait été abordée à l'école.

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