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Alain Finkielkraut, le 21 février 2026 sur RTL
Crédit : RTL
Après la mort de Quentin Deranque, militant identitaire, battu à mort par des militants d'ultragauche le 12 février dernier à Lyon, des rassemblements sous tension ont lieu ce samedi 21 février dans plusieurs villes du pays. Le jeune homme s'était notamment investi auprès de plusieurs mouvements d'extrême droite, dont notamment l’Action française, l'Academia Christiana, ou encore le collectif Némésis, qui affirmait qu'il faisait partie de son service d'ordre le jour de sa mort. L'étudiant avait aussi participé au défilé néonazi du Comité du 9 mai et cofondé le groupuscule national-révolutionnaire des Allobroges Bourgoin en 2025.
Interrogé à son sujet au micro du Journal inattendu sur RTL, le philosophe et essayiste Alain Finkielkraut, qui publie Le Cœur lourd, aux éditions Gallimard, estime que Quentin Deranque "n'était pas un militant d'ultra-droite". "C'était un homme qui était devenu catholique traditionnaliste, affirme-t-il. Il assistait aux messes en latin et on dit qu'il adhérait aussi à l'Action française. L'Action française est devenue un groupe totalement inoffensif qui a complètement rompu avec l'antisémitisme de Maurras.".
L'essayiste considère également que l'antifascisme est devenu un réel danger. " Il a été lynché à mort, ce Quentin, par des antifas. L'antifascisme a été un mouvement de résistance à un pouvoir effroyablement totalitaire. Depuis la chute du Troisième Reich, l'antifascisme est devenu une idéologie mensongère, violente et criminelle qui transforme la sphère politique en ennemie du genre humain. Et donc, évidemment, ça peut mener au lynchage : les 'fachos' ne font pas partie de l'humanité commune", insiste-t-il.
L'Action française est un mouvement historiquement antisémite fondé en pleine affaire Dreyfus, nationaliste et royaliste classé à l'extrême droite et fondé par l'essayiste antisémite Charles Maurras. En 2024, Alain Finkielkraut, qui devait s’exprimer lors d'une conférence organisée par l'Action française, a finalement annulé son intervention par crainte que sa présence "soit mal interprétée", comme il l'avait justifié auprès de Libération.
Alain Finkielkraut nomme, par ailleurs, plusieurs députés LFI qu'il accuse d'antisémitisme, sujet au cœur de son dernier ouvrage. "On a constitué un front républicain tout récemment, qui a mené à l'Assemblée nationale des antisémites passionnés. Thomas Portes, Aymeric Caron, David Guiraud et quelques autres. Et aussi Raphaël Arnault (dont plusieurs assistants parlementaires sont placés en détention provisoire, soupçonnés d'être impliqués dans la mort de Quentin Deranque). Raphaël Arnault a été élu contre la députée sortante d'Avignon qui était du Rassemblement national. Le fascisme n'est pas passé. Mais Raphaël Arnault est passé." L'antisémitisme est un délit puni par la loi et aucun de ces députés n'a à ce jour été condamné.
Alain Finkielkraut qualifie également le député LFI Raphaël Arnault de "pogromiste qui siège à l'Assemblée nationale", en raison d'un message que ce dernier a posté sur X au lendemain des attaques du 7 octobre. "La violence aujourd'hui, elle est du côté de ceux qui se nomment les antifas. Et malheureusement, l'antisémitisme est passé en France très majoritairement à l'extrême gauche. Au Rassemblement National, l'antisémitisme peut être dit 'résiduel'", considère-t-il.
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