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Mort de Quentin à Lyon : qu'est-ce que le collectif nationaliste Némésis ?

Quentin D., mort après avoir été agressé à Lyon le 12 février dernier, était proche du collectif Némésis, qui menait une action ce jour-là devant Sciences Po Lyon.

Lors d'une manifestation du collectif identitaire Nemesis (illustration).

Crédit : Bastien Ohier / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

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Quentin, étudiant de 23 ans, est mort après une agression en marge d'une conférence de l'eurodéputée LFI Rima Hassan à Lyon, contre laquelle des membres du collectif Némésis manifestaient. Selon ce collectif, le jeune homme participait à l'encadrement d'une action du collectif Némésis à Lyon, selon sa fondatrice Alice Cordier. Ses parents ont toutefois indiqué via l'intermédiaire de leur avocat qu'il n'était "ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre". 

Le collectif Némésis a été fondé par Alice Cordier (nom d'emprunt), 28 ans, en 2019 pour représenter, selon elle, les victimes de violences "qui ne se sont pas senties écoutées par d'autres associations, sous réserve d'idéologie". "On s'est lancées sans aucun soutien, à droite personne ne nous connaissait, des militantes ont dû quitter leur travail", avait-elle décrit l'an dernier à l'AFP, affirmant alors que le collectif ne percevait pas de subventions. La militante, très présente dans les médias et sur les réseaux sociaux, est devenue au fil des années le principal visage du collectif. 

Némésis, qui emprunte son nom à la déesse grecque de la vengeance, se présente comme une "association de protection des femmes", bien que cette revendication soit remise en question par d'autres associations féministes et des chercheurs. Le collectif évoque la thématique des violences faites aux femmes en la liant systématiquement à l'immigration. "Le féminisme a été pendant des dizaines d'années l'apanage de la gauche et la gauche ne se rend pas compte aujourd'hui qu'il y a des enjeux nouveaux, notamment au niveau de la question migratoire", avait ainsi soutenu Alice Cordier auprès de l'AFP.
Un groupuscule très visible

Ce groupuscule, qui revendique quelque 300 militantes, tente de mobiliser sur les réseaux sociaux, où il compte environ 110.000 followers sur Instagram et 120.000 sur X. Il y répertorie notamment des affaires de violences sexuelles, insistant souvent sur la nationalité étrangère des suspects. Autre caisse de résonance: des médias comme Radio Courtoisie, ou les médias de la galaxie du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, CNews ou Europe 1, où intervient Alice Cordier.

Une "visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias inversement proportionnelle à leur capacité d'action dans la rue"

"Le noyau dur est encore moins nombreux" que les 300 militantes revendiquées, pointait l'an dernier auprès de l'AFP Magali Della Sudda, directrice de recherche au CNRS, soulignant une "visibilité sur les réseaux sociaux et dans les médias inversement proportionnelle à leur capacité d'action dans la rue".
Actions coups de poing

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Depuis sa création, Némésis mène des actions coups de poing, notamment dans les cortèges féministes. L'an dernier, le 8 mars, une cinquantaine de femmes de ce groupe avaient défilé à l'écart du cortège parisien, lors de la Journée internationale des droits des femmes. Parmi leurs mots d'ordre: "la fin de l'immigration de masse" et "l'application des OQTF" (obligation de quitter le territoire français). Des associations féministes et des syndicats les avaient accuséde "bordéliser (les) manifestations".

"On est en plein dans l'agitation propagande: l'objectif est de faire beaucoup de bruit avec peu de moyens", avait alors analysé pour l'AFP Tristan Boursier, chercheur associé au centre de recherches politiques (Cevipof). "Aller dans ces manifestations, les parasiter et se faire refouler ou se faire mal accueillir, c'est ce que recherchent ces groupes qui ne représentent pas beaucoup de monde".

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