3 min de lecture Féminisme

"Culottées" : 3 raisons de regarder la série féministe tirée de la BD de Pénélope Bagieu

La bande dessinée "Les Culottées" de Pénélope Bagieu a été adaptée en série télé par France Télévisions. Voici trois raisons de regarder ces petites pastilles vidéos colorées.

La bande-dessinée "Culottées" de Pénélope Bagieu a son adaptation télévisée.
La bande-dessinée "Culottées" de Pénélope Bagieu a son adaptation télévisée. Crédit : Silex Film
Marie Zafimehy
Marie Zafimehy

Vous connaissez certainement Joséphine Baker, mais connaissez-vous Nelly Bly, Jesselyn Radack ou Wu Zetian ? Toutes ces femmes historiques ont vu leur destin immortalisé en dessins par Pénélope Bagieu. Depuis leur publication, les deux tomes des Culottées se sont écoulés à plus de 550.000 exemplaires. Une oeuvre à succès désormais adaptée à la télévision : depuis le vendredi 6 mars, les aventures de ces femmes qui ont marqué l'Histoire sont diffusées sous forme de pastilles vidéos sur les chaînes du groupe de France Télévisions.

Publiés en 2016 puis 2017, les deux tomes des Culottées ont été traduits dans 17 langues. Pénélope Bagieu a elle-même été récompensée en juillet dernier du prestigieux Prix Eisner, souvent défini comme le "Prix Nobel de la bande dessinée". Une bonne raison, parmi d'autres, de binge-watcher les trente épisodes (une par personnage) de la série télé.

1. Des héroïnes badass

Toutes les femmes dépeintes par Pénélope Bagieu ont eu une vie exceptionnelle : qu'elles aient révolutionné le journalisme (Nellie Bly) ou la médecine (Agnodice), dirigé des pays pendant des années (Nzinga) ou combattu pour leurs droits au prix de nombreux sacrifices (Phulan Devi), leur engagement a permis un tournant dans l'Histoire des droits des femmes. Pourtant, la plupart ont été invisibilisées au fil du temps.

Joséphina van Gorkum dans "Les Culottées".
Joséphina van Gorkum dans "Les Culottées". Crédit : Silex Production

De l'Antiquité à nos jours, de l'Afrique à l'Océanie, les Culottées ce sont des femmes dont on a rarement - voire pas du tout - entendu parler. "J'ai été cherché toutes ces femmes anonymes (à quelques exceptions près) pour les mettre à l'honneur, les raconter et transmettre cette admiration que j'avais pour elles", expliquait Pénélope Bagieu à France Info en 2016. Une démarche féministe qui, comme la réhabilitation du matrimoine, participe à (re)valoriser le rôle des femmes dans l'Histoire.

2. Une série animée avec talent

À lire aussi
La chanteuse Duffy en 2009 Cinéma
"365 jours" : Duffy demande à Netflix de retirer le film car il "érotise le viol"

Comme les vignettes de la bande-dessinée, les dessins de la série, dont chaque épisode dure environ 3 minutes, ont des traits fins et colorés. La narration, opérée par Cécile de France (Mauvaise foi, L'Auberge espagnole) jongle entre les tons joyeux et graves (certaines histoires sont tragiques). L'actrice prête également sa voix aux personnages. "J’ai parfois amené ma petite touche personnelle, notamment de l’humour mais il fallait avant tout que je sois respectueuse de ces vies", raconte-t-elle à TV Magazine

Phulan Devi, dite "la reine des bandits" dans "Culottées".
Phulan Devi, dite "la reine des bandits" dans "Culottées". Crédit : Silex Production

Point important : l'équipe à l'origine de cette adaptation est entièrement féminine (Mai Nguyen et Charlotte Cambon à la réalisation et Émilie Valentin et Elise Benroubi au scénario). Un choix délibéré car il est encore "trop rare que des projets d'envergure soient confiés  à des femmes" dans le monde de l'animation, explique la productrice Priscilla Bertin à France Info. Culottées a tous les ingrédients pour inspirer des générations de femmes et de filles à changer le monde, au son d'une bande originale rock'n'roll.

3. Pénélope Bagieu, une autrice engagée

En plus d'être une talentueuse autrice et dessinatrice, Pénélope Bagieu s'illustre régulièrement en défendant les droits et les représentations des femmes. Dans une récente interview à Madame Figaro, elle définit d'ailleurs le féminisme, comme un mot qu'elle "revendique".

En pleine promotion pour sa dernière bande dessinée, l'adaptation du roman de Roald Dahl Sacrées Sorcières, elle a récemment illustré son engagement sur le plateau de France 5. "C'est compliqué pour moi d'arbitrer ce qui est raciste ou pas, a-t-elle reconnu, parce que le racisme, je ne le vis pas". Elle raconte ensuite comment elle a pu modifier certaines histoires de Culottées jugées racistes ou transphobes. "C'est à cela que sert la parole des concernés."

Lors de la même émission, elle a répondu au chroniqueur Thomas Snégaroff avec un discours puissant sur ce que signifie le fait d'être victime de violences sexuelles. "Elles sont intimidées, vous parliez du fait qu'on finit par intimider, on dit que tous les hommes sont des violeurs, mais personne ne dit ça (...) qu'on accorde aux femmes victimes le vrai statut de victime".  

Et pour les plus fans de la dessinatrice et de ses héroïnes, Instagram a mis les Culottées à l'honneur. Depuis le 9 mars, il est possible d'utiliser en storyun filtre qui vous attribue une des personnages de la série. Alors plutôt Annette Kellermann, Margaret Hamilton, ou Peggy Guggenheim ?

>>>>> Culottées, Mai Nguyen et Charlotte Cambon, inspirée de la bande-dessinée de Pénélope Bagieu, diffusée sur France 5 et sur France.tv depuis le vendredi 6 mars, 3min30

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Féminisme Bande dessinée Séries
Restez informé
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants