1 min de lecture Bande dessinée

Claire Bretécher, l’illustratrice et mère d'Agrippine, est morte

L'une des plus importantes artistes de la bande-dessinée, fondatrice de "L'Echo des Savanes" et créatrice des "Frustrés" ou d'"Agrippine" est morte à 79 ans.

Claire Bretécher en 1987
Claire Bretécher en 1987 Crédit : Georges BENDRIHEM / AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

La mère d'Agrippine et des Frustrés n'est plus. Claire Bretécher, 79 ans, est morte le 11 février 2020 a-t-on appris dans les colonnes de nos confrères de L'Obs, magazine dans lequel l'illustratrice dessinait régulièrement depuis les années 70.

Née le 17 avril 1940, Claire Bretécher est tout particulièrement connue pour sa mordante critique sociale croquée par ses séries et ses personnages des Gnangnan, d'Agrippine ou des Frustrés. Elle fut la fondatrice en 1972 de L'Echo des Savanes après avoir participé à l'essor de la bande dessinée destinée aux adultes à la fin des années 60 dans la revue Pilote notamment. 

Elle a dessiné le quotidien en s’intéressant à la maternité, à la médecine, au tourisme et à l'adolescence grâce à son personnage d'Agrippine qu'elle développera sur neuf albums entre 1988 et 2009. Cette adolescente gâtée et fondamentalement bourgeoise lui permet de s'attaquer avec subtilité aux bouleversements sociétaux et familiaux de la fin du XXe siècle. Bourdieu avait même qualifié cette héroïne "d'évocation rigoureuse, quasi ethnographique" de la bourgeoise intellectuelle parisienne. 

Rare figure féminine dans un monde de la BD largement dominé par les hommes, Claire Brétecher représente une icône. Elle est l'une des seules femmes à avoir travaillé pour Tintin et Spirou. Elle a influencé toute une génération d'autrices comme Maitena Burundarena ou Hélène Bruller. Bretécher entretient un rapport singulier avec la pensée féministe, reconnaissant ne jamais avoir été victime de misogynie dans la BD, se revendiquant comme "violemment féministe" tout en se tenant à l'écart d'un quelconque militantisme classique. Elle défend ses idées dans son entourage et dans ses œuvres en parlant de contraception, du poids de la famille, de sexualités ou des inégalités professionnelles. L'héroïne de sa série Cellulite publiée dans Pilote est l'un des exemples de son féminisme. 

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Elle a remporté le Grand prix d'Angoulême en 1982 et le Centre Beaubourg lui a consacré une grande rétrospective en 2015. En 2016, elle a été récompensée en Allemagne du Prix Max et Moritz spécial pour une œuvre remarquable.

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