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Archie Mountbatten-Windsor : comment le fils de Meghan et Harry a bousculé la royauté

La naissance du petit garçon a précipité un schisme au sein de la famille royale britannique, une séparation qui mûrissait depuis des années.

Archie, Meghan et Harry en Afrique du Sud en septembre 2019
Archie, Meghan et Harry en Afrique du Sud en septembre 2019 Crédit : AFP
Aymeric Parthonnaud
Aymeric Parthonnaud
Journaliste

En un an, la famille royale britannique aura connu des bouleversements inédits. Des bouleversements liés à une personnalité nouvelle : Archie Mountbatten-Windsor. Depuis sa naissance, il y a tout juste un an, le premier fils du prince Harry et de Meghan Markle est passé de figure centrale de la monarchie à celle d'exilé. Naturellement, cet exil n'est pas de son fait et il pourrait bien être une opportunité de paix pour les premières années de ce jeune enfant, loin de la pesanteur de la couronne. 

Avant même sa naissance, Archie était très attendu et célèbre. Le 6 mai 2019, le premier enfant des nouveaux duc et duchesse de Sussex est né. Son prénom jurait déjà avec ceux de ses royaux cousins George, Charlotte et Louis : Archie Harrison Mountbatten-Windsor. Archie est le diminutif du précieux Archibald et Harrison à l'avantage de faire très américain et de composer un jeu de mots avec le surnom de son père, Harry : "Harry's son", le fils d'Harry (et nous disons "surnom" car le prénom légal de Harry est Henry). On se trouve à deux doigts du marketing. 

Archie est septième dans l'ordre de succession au trône britannique, mais ses parents ont rapidement choisi de mener une vie moins monarchique.

Le Prince Harry et la Duchesse de Sussex, avec leur nouveau-né Archie Harrison Mountbatten-Windsor, le 8 mai 2019
Le Prince Harry et la Duchesse de Sussex, avec leur nouveau-né Archie Harrison Mountbatten-Windsor, le 8 mai 2019 Crédit : Dominic Lipinski / POOL / AFP

Un Megxit prévisible

Les cérémonies et inaugurations, les messes, les soirées de gala pour représenter la reine et la nuée de photographes qui accompagne chacun de ses événements, Harry les laisse à son frère aîné, William. En choisissant de quitter la famille royale - un départ baptisé "Megxit" car tous les éléments négatifs sont traditionnellement imputés à l'Américaine Meghan Markle - Harry fait le choix de préservation. Seuls les héritiers directs au trône : Charles et Camilla ainsi que William, Kate et leurs trois enfants devront ronger leur frein et goûter aux joies de la vie officielle. 

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Il faut dire que depuis leur mariage, Meghan et Harry sont subitement devenus les cibles préférées de la presse mondiale. Ils intéressent, ils sont différents, ils créent la polémique ou l'illusion de polémique... Ils font vendre. Indubitablement. Mais celui qui a vécu toute sa vie dans la tempête médiatique, celui qui a perdu sa mère, Diana, à l'âge de 12 ans, alors qu'elle était poursuivie par les paparazzis, n'a pas envie que l'histoire se répète.

Quelques mois après la naissance du petit Archie, des tensions sont rapportés au sein de la famille royale. William et Harry ne se parleraient plus autant qu'avant ( "Nous sommes frères. Nous serons toujours frères, a déclaré Harry. Nous sommes certainement sur des chemins différents en ce moment mais je serai toujours là pour lui, tout comme je sais qu'il sera là pour moi. (...) En tant que frères, vous savez, il y a de bons jours et il y a de mauvais jours"), Kate et Meghan sont constamment opposées par les tabloïds, le prince Charles aurait même haussé le ton pour que tout le monde se calme et que ces petites brouilles ne viennent pas faire de l'ombre à la famille royale. 

Au cœur de la tempête : Meghan Markle. Même si l'actrice est habituée à la pression médiatique, elle a révélé lors d'une interview à la chaîne ITV les difficultés de son quotidien de femme, d'épouse, de mère et de proie médiatique. L'onde de choc est considérable puisque la famille royale évite bien d'évoquer ses éventuels problèmes en public. C'est la jurisprudence mise en place par Elizabeth II. Mais Meghan Markle n'a aucune envie de se laisser faire. 

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Meghan admits she was warned British tabloids 'will destroy your life' | ITV News

"Merci, parce que peu de gens m'ont demandé si j'allais bien", avait-elle lâché face aux caméras, les larmes aux yeux. "Toutes les femmes sont très vulnérables pendant leur grossesse, c'est vraiment un défi d'élever un nouveau-né, et surtout en tant que femme, il faut ajouter cela au fait d'essayer d'être une jeune maman et une jeune mariée. C'est quelque chose de réel, et c'est très dur d'y faire face en coulisses. (...) Ce que tout cela provoque en moi est probablement très destructeur, et le pire c'est que je savais que ce ne serait pas facile, mais je pensais au moins que ce serait juste", a-t-elle déclaré. Des confidences qui faisaient échos aux révélations de 1995 quand Lady Di s'était confiée sur les difficultés de son mariage et sa boulimie. 

Loin des yeux...

C'est très probablement le souvenir de la vie de ses parents, Diana et Charles, qui a provoqué ce désir d'exil et de tranquillité chez le prince Harry. Très fidèle à sa grand-mère et à son pays qu'il a servi dans l'armée, Harry s'est accommodé de la vie royale pendant de longues décennies. Il n'a aucun problème de fond avec la monarchie. La pression médiatique a cependant largement contribué à la mort de sa mère et la vie officielle l'a obligé à marcher longuement derrière son cercueil et devant les caméras du monde entier. Ce traumatisme passé s'est ajouté à la pression qu'il a reçue lui-même toute sa vie et la pression que commençait à recevoir sa femme. Meghan était scrutée physiquement, elle n'échappait pas aux remarques anti-américaines, racistes et sexistes et sa famille paternelle, Thomas Markle en tête, était une source inépuisable de ragots et de critiques. 

Ajoutez à ce cocktail explosif, une époque qui commence enfin à prendre sérieusement compte des troubles psychiques (jamais la santé mentale n'a été autant discutée) et la naissance d'un premier enfant et vous avez la clé du Megxit. Puisque rien ne semblait apaiser la faim médiatique, les deux jeunes parents ont décidé de diminuer au maximum leurs obligations pour vivre loin et tranquille. Un choix difficile qui pose des questions financières et qui pourrait ne pas être une garantie de sécurité. La presse britannique s'intéressera toujours à Harry, Meghan et Archie et leur rareté dans les médias fera augmenter les prix. L'adolescence et la vie d'Archie sera un sujet, qu'ils le veuillent ou non. Reste à savoir si cet effet boomerang sera positif ou négatif pour Archie.

La famille royale réunie pour le baptême d'Archie en juillet 2019
La famille royale réunie pour le baptême d'Archie en juillet 2019 Crédit : Instagram Kensington Palace

Pour l'heure, Meghan et Harry ont décidé de tarir la source plutôt que de contrôler leur communication avec les puissants outils de la famille royale. Dans une lettre très virulente au Sun, au Daily Mail, au Daily Mirror et au Daily Express, le couple désormais installé en Californie a expliqué qu'il ne voulait pas être utilisé comme "monnaie dans une économie de pièges à clics et de déformation. (...) Le duc et la duchesse de Sussex ont vu des gens qu'ils connaissent - mais aussi des gens qui leur sont absolument étrangers - avoir leur vies démolies, simplement parce que les ragots salaces font grimper les revenus publicitaires".

Une marque puissante

Une nouvelle vie américaine donc. Si le couple ne veut plus des diamants de la vie royale, ils entendent bien se bunkériser derrière des murailles plus américaines : argent, influence, fondation et divertissement. Harry ne va pas travailler à l'usine ou faire le service dans un petit restaurant pour goûter les joies de la "simple life". C'est probablement Meghan qui reprendra son ancienne carrière d’actrice/ambassadrice. 

Avant de quitter le Royaume-Uni, elle avait été la narratrice d'un documentaire de Disney, firme qui a toujours gagné gros avec les "princesses". "Les gens aiment l'idée qu'elle ait été princesse. Même s'ils n'appartiennent plus à la famille royale, les gens vont continuer à lui associer cette marque", estime Simon Thompson, producteur et journaliste à Los Angeles. Meghan n'a jamais été princesse, seulement "duchesse" mais ce fait semble difficile à faire enregistrer outre-Atlantique. Peu importe, ça la sert. 

D'autres géants du divertissement, comme Netflix, ont aussi manifesté leur envie de travailler avec Meghan. Si elle devait vraiment reprendre les tournages, la jeune femme devra toutefois se montrer très sélective dans le choix de ses rôles, souligne Simon Thompson auprès de l'AFP. Je pense qu'elle aura de grosses propositions. Ça sera à elle de voir si elle veut continuer à être perçue comme une célébrité ou faire bouger les lignes".

Meghan Markle et le prince Harry, le 7 mars 2020
Meghan Markle et le prince Harry, le 7 mars 2020 Crédit : AFP

Le roi des bonnes œuvres

Harry, lui, devrait rester beaucoup plus proche de son ADN royal en se concentrant sur sa famille et les bonnes œuvres. Le duc et la duchesse de Sussex ont expliqué au Daily Telegraph qu'ils avaient accompli le mois dernier les démarches administratives nécessaires pour lancer leur nouvelle fondation aux États-Unis : Archewell. "Avant SussexRoyal [leur marque personnelle], nous était venu l'idée de 'archè', un mot grec qui signifie 'source de l'action'. Ce concept nous a plu (...) et c'est aussi devenu une source d'inspiration pour le prénom de notre fils".

"Archewell est un nom qui combine le mot en grec ancien signifiant 'force' et 'action' avec un autre mot (well, ou puits en anglais) qui évoque les ressources profondes dans lesquelles chacun doit puiser", expliquent-ils. Des pros du marketing, on vous dit. Harry et Meghan comptent aussi construire un site internet et se lanceront dans le partage de "matériel éducatif et de formation", grâce à des films, podcasts et livres. "Nous sommes impatients de lancer Archewell le moment venu", a annoncé le couple, assurant se concentrer actuellement sur la lutte contre la pandémie de Covid-19. 

Meghan et Harry pourrait, à l'instar du couple Bill et Melinda Gates ou Barack et Michelle Obama, investir le champ très politique et parfois lucratif de l'influence, avec Archie en héritier tout trouvé. Pourquoi rester à côté d'un trône inaccessible, lorsque l'on peut construire son propre empire...

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