2 min de lecture

Langue française : quel rapport entre le "livre" et le "bouquin" ?

La correctrice de RTL nous entraîne dans un surprenant voyage en étymologie livresque...

Image d'illustration

Crédit : thilak-mohan/unsplash

Muriel Gilbert

Les amis des mots sont souvent aussi des amis des livres, des gens qui passent leur temps à bouquiner. Mais au fait, vous êtes-vous jamais demandé d’où vient ce verbe étrange, "bouquiner" ? Du bouquin, bien sûr, cette version familière du livre. Pourtant, de manière surprenante, les deux mots n’ont pas grand-chose de commun.

Allons fouiller dans nos dictionnaires. Le Larousse dit "livre : nom masculin, assemblage de feuilles portant un texte, réunies en un volume relié ou broché". D’ailleurs, mon Petit Larousse est un livre, ce qui ferait presque de cette définition une mise en abyme (une mise en abyme, c’est une version littéraire du principe de la vache de la boîte de la Vache qui rit, qui porte des boucles d’oreilles en forme de boîte de Vache qui rit). Livre vient du latin liber - voilà au passage pourquoi on parle de librairie et pas de livrairie.

Pourtant, à l’époque de Jules César, on ne connaissait pas le livre, alors comment le mot "livre" peut-il venir du latin ? Et bien, en latin, "liber" ne désigne pas le livre, mais "la pellicule située entre le bois et l’écorce extérieure de l’arbre sur laquelle on écrivait avant la découverte du papyrus", selon le Dictionnaire historique de la langue française. Ensuite, "liber" s’est mis à désigner le livre, l’assemblage de ces pellicules.

Une notion de plaisir, de loisir, dans bouquiner

Et le "bouquin", alors ? Lui ne vient pas du latin. Il s’agit d’un emprunt au vieux néerlandais "boec", de la même famille que... le book anglais. Et figurez-vous que ce mot-là aussi descend d’un arbre ! Il dérive de "boka", le "hêtre", dont le bois servait de "matériau pour les tablettes sur lesquelles on inscrivait les runes" ! Incroyable, non ? 

À écouter aussi

Le sens a d’abord été celui de "vieux livre fripé et peu connu" (dictionnaire de Furetière, en 1690). Par extension, précise mon dico étymologique, "bouquin" s’est d’abord dit péjorativement d’un livre moderne, puis finalement de tout livre, mais avec une valeur familière" et globalement plutôt affective et positive.

Quant au verbe "bouquiner", il a d’abord signifié "rechercher des vieux livres", puis par extension "lire des vieux livres" et maintenant dans le langage familier "lire" n’importe quel livre. Enfin, pas tout à fait n’importe lequel. Il y a une notion de plaisir, de loisir, dans bouquiner. On ne bouquine pas un livre de classe ou le code pénal. Si vous n’aimez pas lire, chers auditeurs, je vous propose d’essayer de... bouquiner. Vous allez voir, c’est délicieux.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée