2 min de lecture Cinéma

La vie de Madame Claude, bientôt à l'affiche d'un film

VU DANS LA PRESSE - Un film retraçant la vie de Madame Claude, la plus célèbre proxénète de France décédée en 2015, va sortir dans les prochains mois.

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La vie de Madame Claude, bientôt à l'affiche d'un film Crédit Image : MICHEL GANGNE / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Isabelle Choquet édité par Quentin Marchal

Elle était une figure de la France du général de Gaulle. La vie de Madame Claude, la plus célèbre proxénète de l'histoire de France, va devenir un film, à l'affiche dans quelques mois. M, le magazine du Monde, lui consacre un long récit.

Si elle en avait fait son métier, Madame Claude détestait le mot "prostitution". Elle préférait parler d'"échanges de bons services" et estimait qu'il ne fallait pas confondre ses filles avec des prostituées effectuant vingt passes par jour. D'ailleurs, elle détestait aussi le mot "passe", trop vulgaire à son goût. "Mon métier consiste à rendre le vice joli", aimait-elle dire.

Voilà pour le mythe, qu'elle a toujours su construire avec habileté. Née Fernande Grudet, dans une famille pauvre d'Angers, madame Claude s'était inventé une enfance bourgeoise. Après des études chez les sœurs visitandines, un passé de résistante et une déportation à Ravensbrück, elle monte à Paris, où elle effectue de la prostitution occasionnelle. Elle y aura une histoire d’amour avec l’un des cerveaux du gang des tractions, Pierre Loutrel, plus connu sous le surnom de "Pierrot le Fou".

Maîtresse du mensonge, elle avait compris que les hommes adorent se bercer d'illusions. Alors pour les grands patrons, les politiques, les stars de cinéma, tous ceux qui préféraient oublier qu'ils couchaient avec une prostituée, elle avait inventé la call girl, tellement plus glamour.

Elle détestait les hommes et méprisait les femmes

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Au début des années 1960, sa réputation avait largement dépassé les frontières. Le chah d’Iran, le patron de l’empire Fiat ou le guide libyen Mouammar Kadhafi faisaient partie de ses clients. Ou plutôt de ses "amis", c'est comme ça qu'elle les appelait. Selon la légende, lors d'une visite à Paris en 1961, John Kennedy aurait exigé le sosie de son épouse Jackie "en plus libérée". Ses tarifs étaient de 10.000 francs la soirée, dont elle prélevait 30%, sans parler des cadeaux qu'elle confisquait systématiquement aux filles de son réseau. 

Pour ce prix-là, Madame Claude promettait du haut de gamme. Les filles devaient être jeunes, plutôt grandes, avec un minimum d'éducation. Elle leur offrait de toute façon une petite formation intellectuelle en leur enseignant les rudiments des bonnes manières. Elle recrutait au Crazy Horse, dans les boîtes de nuit, chez Castel ou chez Régine. Elle se vantera aussi d’avoir engagé des femmes mariées et des bourgeoises en mal de sensations.

Froide, avide, mégalo, Madame Claude ne s'aimait pas, détestait les hommes et méprisait les femmes. Son moteur était l'argent bien sûr, mais aussi le pouvoir. "C’est si excitant d’entendre un milliardaire ou un chef d’État solliciter ce que vous pouvez lui donner avec une voix de petit garçon" disait-elle. 

Madame Claude a fini comme elle avait commencé, pauvre et anonyme. Elle est morte seule, à l’hôpital, en 2015, à 92 ans. À son enterrement, seulement six personnes étaient présentes, dont ses 4 coiffeurs.

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