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"Tu vas te faire appeler Arthur !" : mais pourquoi Arthur ?

L’origine amusante de l’expression "se faire appeler Arthur" n’est pas sans lien avec les événements actuels, nous apprend Muriel Gilbert.

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"Tu vas te faire appeler Arthur !" : mais pourquoi Arthur ? Crédit Image : Unsplash/João Silas | Crédit Média : RTL | Durée : | Date :
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Muriel Gilbert
Muriel Gilbert édité par Maeliss Innocenti

L'autre soir, comme je sortais balader ma chienne, Fifi, voilà que mon compagnon, qui s’appelle JC - maintenant, amis des mots, vous connaissez toute la famille - m’interpelle : "Dis donc, tu oublies ton papier d’attestation de déplacement ! Tu vas te faire appeler Arthur !"

"Se faire appeler Arthur", quelle drôle d’expression, n’est-ce pas ? Ce qui est amusant, c’est que son histoire a un rapport assez étroit avec le confinement actuel lié à l'épidémie de coronavirus. Selon Clémentine Portier-Kaltenbach, auteure des "Secrets de Paris illustrés", l’expression remonterait à l’occupation allemande. 

Le couvre-feu du soir était fixé à 20h : "Acht Uhr", en allemand. "Acht Uhr !", c’est ce que les patrouilles criaient aux retardataires qui traînaient dans les rues. C’est ainsi que "se faire appeler Arthur", dans le jargon humoristique des années 1940, est devenu synonyme de se faire rappeler à l’ordre.

Quand on se penche sur le sujet, on s’aperçoit qu’il existe quantité d’expressions qui sont construites sur des prénom "À l’aise, Blaise", par exemple ou "Tranquille, Bill", et toutes ces expressions basées sur des rimes de mirliton : "Fonce, Alphonse", "Tu rotes, Charlotte !" Et je préfère vous laisser deviner ce que fait Lucette dans cette liste poétique. Mais il y a aussi des expressions qui racontent une histoire…

"Chauffe, Marcel, chauffe !"

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"Chauffe, Marcel !", par exemple - cette façon d’interpeller un musicien pour qu’il mette du cœur à l’ouvrage et qu’il fasse monter l’ambiance. L’expression remonte aux années 1960. Les jazzmen, paraît-il, s’encourageaient déjà entre eux par plaisanterie en s’exclamant : "Chauffe, chauffe !" Et plusieurs amuseurs s’en sont servis dans leurs sketchs (Dupont et Pondu, les Charlots… je vous parle d’un temps dont les moins de 60 ans se souviennent à peine).

Mais, semble-t-il, ce qui a fait passer l’expression à la postérité, c’est la chanson Vesoul, de Jacques Brel : "T’as voulu voir Vesoul et on a vu Vesoul". Il y a dans cet enregistrement de 1968 un solo du grand accordéoniste Marcel Azzola, que Brel encourage à coups de "Chauffe Marcel !" La petite histoire raconte que ce n’était pas prévu, une exclamation spontanée du chanteur, mais qui depuis a franchement fait florès.

"En voiture Simone !"

Une dernière expression bâtie sur un prénom, pour la route ? Eh bien, tenez, puisque c’est pour la route, je dirais : "En voiture, Simone !" Cette expression a été popularisée par Guy Lux, à l’époque de la création de l’émission Intervilles, dans les années 1960. Elle fait référence à Simone Louise des Forest, légende féminine de la course automobile des années 1930.

Comme la co-animatrice d’Intervilles était également une Simone, la blondissime Simone Garnier, Guy Lux avait pris l’habitude de lancer certaines séquences d’une joyeuse expression devenue depuis synonyme de "C’est parti" : "En voiture, Simone !"

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