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Quand faut-il mettre deux "i" à la suite dans certains mots ?

C’est rare mais cela arrive : parfois la langue française exige deux « i » de suite… et bien souvent on oublie le deuxième, avertit Muriel Gilbert.

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Quand faut-il mettre deux "i" à la suite dans certains mots ? Crédit Image : FRED DUFOUR / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

Amis des mots, aujourd’huiiii, je me suis penchée sur le cas de la lettre "i". Vous avez vu, j’ai mis plein de "i" à mon "aujourd’hui", parce que ce dont je veux vous parler, c’est une erreur que je relève souvent sous la plume des journalistes du Monde – ceux de RTL la font peut-être, ils la font même probablement, mais ils s’en tirent bien, parce qu’il n’y a pas moyen de le savoir, car c’est une faute qui ne s’entend pas… Et c’est sans doute l’une des raisons qui expliquent qu’elle soit si fréquente. Ça, et le fait que, à l’écrit, la bonne orthographe semble parfois si surprenante qu’on n’ose pas croire que c’est la bonne, précisément : je veux parler des mots dans lesquels il faut écrire deux "i" l’un à côté de l’autre – ce qui, c’est vrai, est rarissime en français.

Il y a l’exemple du mot Hawaii, qui peut s’écrire avec deux "i" finaux (et aussi avec un "ï", au choix). Il y a aussi le mot chiite, qui prend deux "i". Mais je pensais surtout à des verbes conjugués. Je ne voudrais pas que vous oubliiez un "i" en conjuguant le verbe oublier, amis des mots.

Que nous oubliions, que vous oubliiez, ce verbe, au présent du subjonctif, et à l’imparfait de l’indicatif aussi, d’ailleurs, prend deux "i" successifs aux deux premières personnes du pluriel, nous et vous. Il faut que nous doublions le "i" dans oubliions(mais pas dans doublions, attention !).

Deux "i" à la suite ou le "i" derrière le "y"

Pourquoi cette différence ? Attachez votre ceinture, voyage dans le temps, je vais vous rappeler de vieux souvenirs d’école : les verbes sont composés d’un radical et d’une terminaison. Le radical, c’est la partie qui ne change pas quand les temps et les personnes changent. Pour le verbe jouer, le radical, c’est jou, mais pour oublier, le radical, c’est oubli – qui se termine par un "i". Au subjonctif présent, comme à l’imparfait de l’indicatif, aux deux premières personnes du pluriel (nous et vous), la terminaison à ajouter est ions, iez. On doit donc ajouter ions et iez à un radical qui se termine déjà en "i"…

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Et voilà pourquoi on se retrouve avec deux "i" de suite. Que nous oubliions, que vous oubliiez. C’est vrai, ça surprend. Et c’est la même chose pour tous les verbes en IER, dont le radical se termine en "i", comme apprécier, plier, publier, trier, épier, crier, etc. Dans tous ces verbes, on retrouve deux "i" successifs à l’indicatif imparfait et au subjonctif présent.

D’ailleurs, un peu dans le même genre surprenant, il y a des verbes pour lesquels, dans les mêmes cas, il faut ajouter un "i" derrière un "y". C’est le cas des verbes en YER, comme envoyer, appuyer, employer... "Quand nous étions petits, nous envoyions des lettres" : YIONS. Puisque c’est ainsi que ces verbes se conjuguent il faut bien que nous nous y pliions.

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