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Faut-il dire entraîneur ou entraîneuse ?

Peut-on parler d’une entraîneuse... de chevaux ? Pour Muriel Gilbert, c’est oui, sans hésitation.

Un dictionnaire (illustration)
Un dictionnaire (illustration)
Crédit : Pisit Heng / Unsplash
Chauffeur ou chauffeuse ? Entraîneur ou entraîneuse ?
02:52
Muriel Gilbert - édité par Léa Stassinet

Ce dimanche matin, on parle olympisme, amis des mots ! Naturellement, l’olympisme façon Bonbon sur la langue, c’est le sport à travers la lorgnette des mots. Voilà : c’était au début du mois, je portais ma casquette de correctrice du journal Le Monde, celle que je porte lorsque je n’arbore pas la magnifique casquette rouge RTL. Dans une page sport du journal, une brève sur les Jeux olympiques était titrée : "Pentathlon moderne : un entraîneur allemand exclu pour avoir frappé un cheval". "Bien fait pour lui !", a été ma première pensée, "frapper un cheval, quel horrible bonhomme !". Mais en lisant la brève, je me suis aperçue de quoi ?

L’entraîneur était une femme. Donc j’ai corrigé : "Pentathlon moderne : une entraîneuse allemande exclue pour avoir frappé un cheval". Et alors là, "vlatipa" qu’autour de moi commencent à fuser des cris d’orfraie sur le thème : "Tu ne peux pas remplacer entraîneur par entraîneuse, vu qu’entraîneuse, c’est une prostituée !"

Alors, cela peut-il être gênant ? Eh bien moi je dis que non. D’abord, ouvrons le dictionnaire. Il y a bien une entrée "entraîneur, entraîneuse" dans le Larousse, avec la définition adéquate : "Personne qui entraîne des sportifs, des chevaux de course, etc.". Il y a une autre entrée, juste au-dessous qui dit "entraîneuse : nom féminin. Femme employée dans un établissement de nuit pour engager les clients à danser et à consommer". Où l’on apprend d’ailleurs au passage qu’entraîneuse n’est pas à proprement parler un synonyme de prostituée. Et donc, en titre de la brève, finalement, nous avons bien écrit "entraîneuse".

Dit-on chauffeur ou chauffeuse ?

J’ai déjà eu le même genre de discussion sur le mot chauffeuse, quand il s’agit d’une femme qui conduit. Alors là, j’entends : "Impossible, une chauffeuse, c’est un fauteuil !". Or, là encore, le Petit Robert le dit bien : chauffeur, chauffeuse : "conducteur, conductrice d’automobile" ou "personne dont le métier est de conduire".

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C’est la fameuse féminisation des noms de métiers, qui s’opère à mesure que les femmes se mettent à pratiquer ces métiers. Enfin, il y a encore du boulot ! Hélène Carrère-d’Encausse, de l’Académie française, tient à ce qu’on l’appelle madame LE secrétaire perpétuel, parce que secrétaire, au féminin, manque un brin de glamour. Pourtant, si la chauffeuse est un fauteuil, n’oublions pas qu’un secrétaire, au masculin, c’est aussi un petit "meuble à tiroirs ou à casiers comportant une surface pour écrire", comme le définit le Larousse.

De même, un avocat, c’est à la fois un fruit et un professionnel de la loi. Le contexte permet de comprendre duquel il est question : "Je ne parlerai qu’en présence de mon avocat", en général il ne s’agit pas d’un avocat vinaigrette ; "Je vous recommande notre avocat aux crevettes", il y a peu de chances que ce soit le bonhomme. Des mots qui recouvrent plusieurs sens, la langue française en est farcie, et ça donne l’occasion de plein de jeux de mots. Alors vive les chauffeuses, les entraîneuses de foot et même les plombières, tenez – les glaces aux fruits confits comme les expertes en plomberie !

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