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Conjugaison : le présent n’est pas toujours si facile

Ce samedi, Muriel Gilbert vous en dit plus sur les règles particulières qui touchent le présent de l’indicatif, un temps appris très tôt à l'école que l'on croit à tort connaître par cœur.

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Conjugaison : le présent n'est pas toujours si facile Crédit Image : MYCHELE DANIAU / AFP | Crédit Média : RTL | Durée : | Date : La page de l'émission
Muriel Gilbert
Muriel Gilbert

On croit tout connaître du présent de l’indicatif, mais certaines formes sont très surprenantes. Le présent de l’indicatif, c’est le temps de base, le premier que l’on apprend à l’école et dans la vie : "Je chante une chanson", "tu racontes une histoire"...

Du coup, on croit tout savoir sur lui. Et pourtant, le présent n’est pas toujours un cadeau ! Je reçois quantité de messages d’auditeurs sur langue@rtl.fr ou sur les réseaux sociaux pour me poser des questions de langue. Et parfois ils me demandent si je n’ai pas commis une erreur ici ou là, dans une de mes chroniques ou dans un de mes livres. Et bien entendu, cela arrive, même si (ouf) c’est rare. 

Mais il y a aussi tous les lecteurs qui se figurent avoir trouvé une faute là où en réalité il n’y en a pas. Et ils sont nettement plus nombreux que les premiers. Or, l’erreur imaginaire que l’on me signale le plus souvent vient de me l’être encore une fois, par Hubert, la semaine dernière. Il s’agit d’une règle particulière qui touche le présent de l’indicatif et qui semble être largement ignorée. Alors j’ai décidé de tordre le cou à cette lacune.

Dans certains types de phrases, en français, on inverse le verbe et le sujet, cela tout le monde le sait. Quand je demande "puis-je entrer ?", le sujet "je" est après le verbe ; quand je m’exclame "suis-je bête !", c’est pareil, inversion du sujet "je" ; ou quand j’écris, dans un récit, "dis-je", ou "dit-il", encore une fois sujet et verbe sont inversés. 

Un "é" euphonique final à la place du "e" muet

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Le problème se pose au présent, quand le sujet est le pronom "je" et que le verbe appartient au premier groupe, celui des verbes en "er", comme s’exclamer, ou demander, par exemple. On dit "s’exclame-t-il", "demande-t-elle", mais comment fait-on à la première personne ? "M’exclame-je" ou "demande-je", c’est impossible à prononcer, c’est pourquoi on ne dit pas "m’exclame-je" ou "demande-je", mais "demandé-je" et "m’exclamé-je", avec un "é" final à la place du "e" muet. Et c’est ce "é" qui surprend tant mes lecteurs, qui croient y voir une erreur. 

En fait, il est là pour l’euphonie, parce que, comme nous l’avons vu, "demande-je", ça ne sonne pas bien. D’ailleurs, c’est une tournure qui ne s’emploie quasiment qu’à l’écrit. Rappelons – c’est encore moins fréquent mais cela existe – que l’on retrouve aussi ce "é" euphonique à l’imparfait du subjonctif des verbes du troisième groupe : c’est pour cela que l’on dit "dussé-je en souffrir" au lieu de "dusse-je en souffrir". À noter aussi que la réforme de l’orthographe de 1990 vous permet d’opter pour un accent grave à la place d’un accent aigu sur le e final, parce que l’on considère que c’est plus proche de la prononciation réelle (m’exclamè-je ; dussè-je en souffrir). 

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2019-03-02 09:52:00
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