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Facebook prépare une version d'Instagram pour les enfants

Après Messenger Kids, Facebook souhaite désormais proposer une version spéciale d'Instagram pour les moins de 13 ans. Mais le projet devrait se heurter à la problématique de la vérification de l'âge des personnes en ligne.

Instagram compte plus d'un milliard d'utilisateurs
Instagram compte plus d'un milliard d'utilisateurs
Crédit : Creative Commons
Benjamin Hue
Benjamin Hue

Les enfants pourraient bientôt disposer de leur propre version d'Instagram à l'avenir. De plus en plus concurrencé par TikTok et Snapchat auprès des jeunes générations, Facebook travaille actuellement au développement d'une déclinaison de son service de partage de photos et de vidéos destinée aux moins de 13 ans. 

Encore en gestation, le projet a été officialisé jeudi 18 mars par le patron d'Instagram en personne, Adam Mosseri, dans un tweet en réaction à une information révélée par le site américain Buzzfeed

"Les enfants demandent de plus en plus à leurs parents s'ils peuvent rejoindre des applis les aidant à rester en contact avec leurs amis", a écrit l'entrepreneur. "Une version d'Instagram où les parents gardent le contrôle, comme ce que nous avons fait avec Messenger Kids, est une idée que nous explorons".

À l'heure actuelle, un âge minimum légal de 13 ans est nécessaire pour s'inscrire sur Instagram. Mais les jeunes utilisateurs peuvent mentir sur leur date de naissance et se retrouver à évoluer dans la même interface que les adultes. 

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Selon une étude menée récemment auprès de 6.500 jeunes par l'association Génération Numérique, 63% des moins de 13 ans disposent déjà d'un compte sur au moins un réseau social en France. Ils courent alors le risque de faire face à des comportements inappropriés et d'être exposés à des contenus inadaptés pour leur âge.

La question centrale de la vérification de l'âge

Ce sujet est une problématique importante pour Instagram, qui est l'application du groupe Facebook la plus dynamique auprès des jeunes internautes alors que ces derniers ont tendance, dans le même temps, à délaisser le réseau social historique au profit d'applications plus tendances, comme Snapchat ou Tiktok

Mais la gestion des mineurs en ligne soulève de sérieuses questions de sécurité au regard des risques que font courir les réseaux sociaux en matière de harcèlement, d'exposition à des contenus illicites et d'addiction aux écrans.

La semaine dernière, Instagram a annoncé une série de mesures pour empêcher les adultes d'importuner ses utilisateurs les plus jeunes. La plateforme ne laissera plus les majeurs envoyer des messages directs aux moins de 18 ans qui ne les suivent pas et des recommandations vont être adressées aux jeunes pour les inciter à restreindre l'accès à leur compte.

Pour vérifier si ses jeunes usagers respectent les restrictions d'âge, Instagram a aussi annoncé son intention d'utiliser des algorithmes d'intelligence artificielle. Cette technologie ne s'intéressera pas au contenu des conversations mais aux interactions entre les utilisateurs pour estimer si un membre a plus ou moins de 18 ans. Par exemple, en analysant l'âge des personnes suivies par un compte.

Mais le contrôle de l'âge en ligne est encore une science très incertaine. Et Instagram ne s'en cache pas. "Nous savons que les jeunes peuvent mentir sur leur date de naissance. Nous voulons faire plus pour empêcher que cela ne se produise, mais la vérification de l’âge des personnes en ligne est complexe et c’est un problème auquel beaucoup de personnes dans notre secteur sont confrontées".

"Il n'existe pas de solution satisfaisante pour l'instant. C'est le même problème que pour la pornographie. Et si on ne peut pas valider le profil d'un mineur, ça veut dire qu'un adulte pourra aller aussi sur un éventuel Instagram Kids", souligne Cyril Di Palma, délégué national de l'association Génération numérique.

Autre écueil pointé par le spécialiste : les adolescents ne souhaiteront probablement pas s'inscrire sur Instagram Kids s'ils peuvent aller sur la plateforme principale. "Les jeunes ne veulent pas avoir accès à un réseau social réduit. Ils veulent l'application sur laquelle se trouvent leurs proches et leurs modèles. Comment faire en sorte que ça les intéresse ? La passerelle entre les deux ? Il y a une vraie réflexion à mener pour savoir quel Internet on souhaite offrir aux moins de 13 ans".

Le précédent Messenger Kids

Selon les premiers éléments de sa communication, Facebook est déterminé à s'appuyer sur le modèle de Messenger Kids, l'équivalent à la messagerie instantanée réservée aux moins de 13 ans. 

Lancée il y a trois ans sans publicité ni achats intégrés, cette application comporte des fonctionnalités limitées censés garantir la sécurité des échanges. Elle laisse surtout un contrôle important aux parents qui peuvent garder la main sur la liste des contacts et approuver chacun des interlocuteurs de leur progéniture. 

Mais la promesse de Messenger Kids a déjà montré ses limites. Il y a deux ans, un problème technique a donné la possibilité à des enfants de discuter avec des inconnus que leurs parents n'avaient pas autorisés au préalable. Le réseau social avait dû désactiver les groupes et discussions concernés en urgence. Le lancement de YouTube Kids avait aussi donné lieu à des détournements problématiques de vidéos il y a trois ans.

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