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Coronavirus : des caméras pour surveiller le port du masque vont-elles être autorisées ?

FACT CHECKING - Un décret autorisant la surveillance par caméra du port du masque dans les transports publics inquiète. L'expérience avait déjà été menée au printemps dernier.

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Coronavirus : des caméras pour surveiller le port du masque vont-elles être autorisées ? Crédit Image : Hugo Amelin | Crédit Média : RTL | Date :
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Jean-Mathieu Pernin édité par Venantia Petillault

"Attention vous êtes filmé, mettez vos masques". Entendrons-nous bientôt ce message dans les métros, tramways ou trains ? Peut-être puisqu’hier, le décret 2021-269 a été publié au Journal officiel afin de mettre à contribution les caméras de surveillance dans "les véhicules ou les espaces accessibles au public et affectés au transport public de voyageurs".

Mais contrairement à certains messages craignant une dérive totalitaire, il ne s’agit pas d’utiliser les caméras pour verbaliser en cas de non-port du masque mais de réaliser des études statistiques sur le port du masque dans les lieux publics, comme le dit le texte dans un jargon administratif toujours enthousiaste et chaleureux. 

"L’objectif est de permettre aux exploitants et gestionnaires d’adapter leurs actions d'informations et de sensibilisation du public". Les images filmées par ces caméras équipées de logiciel de reconnaissance ne doivent pas être stockées. Aucune donnée susceptible d'identifier des individus ne doit en effet être récoltée, prévient le décret. Le résultat "ne porte que sur le nombre de personnes détectées et le pourcentage de ces personnes qui portent un masque", souriez, vous êtes masqué.

Une expérience menée à la station de métro Châtelet

Il y a déjà eu un premier essai mais cette expérience ne concernait qu’une station de métro, Châtelet les halles, qui est un carrefour avec de nombreuses connexions en mai 2020. La régie de transport compte ainsi évaluer qui porte ou non le masque. Prévu pour durer trois mois, elle cessera début juin 2020 en raison d’un avis de la CNIL. La commission, informatique et libertés, avait souligné le besoin de permettre aux usagers un droit d’opposition pratique et généralisable. Même si l’on ne conserve pas les données, il faut donner la possibilité à l’usager de refuser d’être filmé, or c’était un droit difficile à appliquer dans un couloir de métro ou de RER. En gros, il aurait fallu passer devant les caméras en faisant non de la tête pour marquer le refus d’être filmé.

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Quand on ne sait pas où se trouvent les caméras, vous passez tout votre trajet à faire non de la tête, pratique... Une expérimentation désormais un peu mieux encadré avec ce décret.

En juin 2020, la commission publie un avis de prudence sur ces nouvelles technologie anti-Covid-19. "Leur développement incontrôlé présente le risque de généraliser un sentiment de surveillance chez les citoyens, de créer un phénomène d’accoutumance et de banalisation de technologies intrusives". Caméra à reconnaissance faciale, reconnaissance thermique... Des nouvelles technologie qui vont permettre de revivre mais également d’être plus intrusif, vivement les balades en forêt !

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