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Un test sanguin de dépistage des anticorps antirabiques qui détecte les anticorps contre le virus de la rage
Crédit : Wladimir Bulgar / Science Photo Li / WBU / Science Photo Library via AFP
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Un cluster en plein océan. Trois personnes sont décédées et une autre est actuellement en soins intensifs après l'apparition d'un foyer d'hantavirus, syndrome respiratoire aigu, à bord d'un navire de croisière reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert.
L'Organisation mondiale de la santé a été informée samedi 2 mai que des passagers atteints d'une affection respiratoire grave se trouvaient à bord de ce bateau MV Hondius, qui ne compte plus que 147 personnes à bord. Les suspicions de contamination au sein du navire progressent.
Sa possible transmission entre êtres humains interroge, alors que les passagers du bateau sont toujours confinés pour éviter un risque de propagation. RTL.fr lève le voile sur ce virus encore méconnu en France.
L'hantavirus se compose d'une soixantaine de souches, aux caractéristiques différentes. Plusieurs d'entres-elles sont présentes à l'état naturel chez les rats et les souris et peuvent être transmises à l'homme via ces rongeurs.
Contrairement aux idées reçues, ce virus ne se contracte pas à la suite d'une morsure de rat. Celui-ci va se retrouver dans les urines, les déjections ou la salive de ces rongeurs, qui vont ensuite contaminer les sols en rejetant des petites particules. Ces dernières se transmettent à l'homme par l'inhalation.
Cette maladie se caractérise chez les patients par "des atteintes pulmonaires et respiratoires qui s'avèrent grave, car souvent associées à des problèmes hémorragiques, comme des troubles de la coagulation sanguine", explique l'épidémiologiste Antoine Flahault, professeur de santé publique à l'université de Genève à RTL.fr.
Les personnes touchées souffrent notamment de difficultés à respirer, de toux et de fièvre. Les types d'hantavirus sévissant en Europe et en Asie peuvent aussi être à l'origine de dysfonctionnements rénaux.
L'OMS a récemment soupçonné qu'une transmission interhumaine de la maladie serait possible sur ce navire de croisière. Parmi les différentes souches de ce virus, une seule est connue pour pouvoir se transmettre entre personnes, comme le précise l'épidémiologiste Antoine Flahault. "Il s'agit de la souche provenant des Andes, région montagneuse en Amérique du Sud. Les autres souches de hantavirus sont seulement transmises entre les rongeurs", détaille-t-il.
Hantavirus : "Il faut raison garder", explique Gilles Pialoux
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Si les contaminations entre humain restent possibles, elles sont cependant "exceptionnelles", indique Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital Tenon de Paris. "Des cas de transmissions interhumaines ont existé par le passé, essentiellement en Argentine près de la zone montagneuse (...) mais cela reste des épidémies circonscrites", a expliqué le spécialiste ce mardi à RTL.
Les versions de l'hantavirus connues en Europe et en Asie ne sont pas dangereuses pour la vie des malades, mais d'autres souches d'hantavirus peuvent causer de graves complications de santé, dont certaines pouvant aller jusqu'au décès. Les hantavirus issus du continent américain sont notamment responsables d'un syndrome cardiopulmonaire, et peuvent mener à des situations de détresse respiratoire chez les patients.
"Dans le cas où les patients souffrent d'infection respiratoire, le taux de mortalité peut atteindre 30 à 40% des cas", prévient Antoine Flahault. Le hantavirus présente aussi un risque supplémentaire pour les personnes vulnérables comme les nourrissons, personnes âgées, femmes enceintes et autres individus "dont l'immunité est un peu transformée par la prise de médicaments, par exemple", a ajouté l'épidémiologiste à RTL.fr.
À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement spécifique permettant de soigner ce virus. "En dehors des traitements de réanimation, il n'y a pas d'autres solutions ni de vaccins pour guérir du hantavirus, qui reste une maladie rare", souligne l'épidémiologiste.
Il faut donc se tenir à des mesures de prévention pour limiter la contamination des personnes, comme la bonne désinfection des lieux de propagation ou bien éviter d'inhaler les petites particules présentes sur le sol des zones identifiées comme à risque.
Cette maladie du hantavirus présente un point commun avec le virus du Covid-19 : les patients souffrent de symptômes semblables à un état grippal dès les premiers jours de contamination. Les deux virus restent loin d'avoir les mêmes effets. Contacté par RTL.fr, Antonin Bal, directeur adjoint du CNR Virus Respiratoires des Hospices Civils de Lyon, appelle à la prudence : "Il n'y a pas de risque de pandémie pour le hantavirus, où la probabilité de transmission interhumaine reste limitée".
"La contamination au Covid-19 se fait via les cellules respiratoires, quand celle des hantavirus se fait à travers les cellules endothéliales (situées au niveau des vaisseaux sanguins, NDLR) notamment après avoir été exposé à des poussières contaminées", a-t-il ajouté.
"On fait face à une maladie beaucoup plus grave et bruyante, car plus mortelle, mais nettement moins transmissible", souligne à son tour Antoine Flahault. Malgré l'absence de traitement contre ce virus, le risque de vivre une nouvelle épidémie mondiale à l'image du Covid-19 reste donc très limité.
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