2 min de lecture

Trois personnes meurent en pleine croisière : qu'est-ce que le hantavirus, soupçonné d'être à l'origine du drame sanitaire ?

Au large du Cap-Vert, trois personnes sont mortes sur un navire de croisière où un cas de hantavirus a été confirmé et cinq autres sont suspectés. L'OMS a lancé des investigations sur ce virus rare, généralement transmis par les rongeurs, qui peut entraîner des formes respiratoires graves.

Trois morts sur un bateau de croisière au large de Cap Vert

Crédit : AFP

Jérémy Descours & AFP

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Trois personnes sont mortes et une quatrième a été placée en soins intensifs après l'apparition d'un foyer de syndrome respiratoire aigu à bord d'un navire de croisière reliant Ushuaïa, en Argentine, au Cap-Vert

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un cas de hantavirus a été confirmé et cinq autres sont suspectés. Le navire se trouvait au large de Praia, capitale du Cap-Vert, au moment des faits, ce dimanche 3 mai 2026.

"Des investigations approfondies sont en cours", indique l'OMS, qui évoque des analyses complémentaires et des enquêtes épidémiologiques. L'agence précise également que "bien que rare, le hantavirus peut se transmettre d'une personne à l'autre et entraîner des maladies respiratoires graves", nécessitant une prise en charge adaptée. 

Et d'ajouter : "Le séquençage du virus est également en cours". Mais qu'est-ce que l'hantavirus ?

Un virus identifié durant la guerre de Corée

Les hantavirus regroupent plusieurs types de virus qui diffèrent selon leur répartition géographique et les symptômes qu'ils provoquent. Présents sur tous les continents, ils tirent leur nom de la rivière Hantaan, située entre les deux Corées.

À écouter aussi

Selon l'Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP), "un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d'un être humain à un autre". Ces virus ont notamment été identifiés lors de la guerre de Corée (1950-1953), durant laquelle plus de 3.000 soldats ont été gravement infectés.

Quels modes de transmission ?

Les hantavirus se transmettent principalement à l'être humain par des rongeurs infectés, comme les rats ou les souris. Le virus est présent dans leur salive, leur urine et leurs excréments.  La contamination peut survenir lors d'une morsure, d'un contact avec ces animaux ou leurs déjections, mais aussi par inhalation de poussières contaminées. 

"La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections salive), au cours d'activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d'activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs", précise le site de l'Agence nationale de Santé publique française.

 La prévention repose donc avant tout sur la limitation des contacts avec les rongeurs et leurs sécrétions.

Quels sont les symptômes ?

Chez l'être humain, l'infection peut être de gravité variable, parfois mortelle. Les premiers symptômes ressemblent généralement à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête et douleurs musculaires. Deux formes principales de la maladie existent : celle sur le continent américain et celle en Europe et en Asie. 


Les types d'hantavirus sévissant en Europe et en Asie peuvent être à l'origine de dysfonctionnements rénaux, voire d'une insuffisance rénale aiguë. La létalité varie selon les virus et peut aller jusqu'à 15% des cas, selon l'OFSP.

Les types de virus que l'on trouve sur le continent américain peuvent ainsi entraîner des complications telles que des œdèmes pulmonaires et des syndromes de détresse respiratoire aiguë. 

200 cas recensés chaque année

Selon les Centres américains pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC), environ 38% des personnes développant des symptômes respiratoires graves peuvent décéder. 

Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus sont recensés chaque année, principalement en Amérique. À ce jour, il n'existe ni vaccin ni traitement spécifique : la prise en charge consiste uniquement à soulager les symptômes.

La rédaction vous recommande
À écouter aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info