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"Il n'y a aucune honte à faire des profits" : le PDG de TotalEnergies menace de mettre fin au plafonnement des prix "en cas de surtaxe"

Patrick Pouyanné a en revanche indiqué mardi 5 mai à la presse régionale qu'il était "fort probable" que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les grandes entreprises instaurée en 2025.

Patrick Pouyanne, PDG de TotalEnergies SE, prend la parole lors de la conférence Semafor sur l'économie mondiale à Washington, le 13 avril 2026.

Crédit : Mandel NGAN / AFP

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TotalEnergies ne pourra "pas maintenir" son plafonnement sur le prix des carburants dans ses station-services en cas de taxe sur les profits exceptionnels liés à la guerre au Moyen-Orient, a prévenu mardi son PDG Patrick Pouyanné dans une interview à la presse régionale. "En cas de surtaxe sur nos raffineries, qui sont par ailleurs souvent déficitaires, nous ne pourrons pas maintenir le plafonnement dans nos stations en France", a averti le patron, dans une interview à Sud Ouest et à La République des Pyrénées.

Les bénéfices exceptionnels réalisés par TotalEnergies grâce au conflit en Iran ont relancé le débat politique sur l'opportunité d'une taxe spécifique, objet de propositions de loi à gauche, face à un gouvernement plutôt enclin à laisser le pétrolier "redistribuer" cet argent comme il l'entend. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a ainsi encouragé l'entreprise à "un plafonnement généreux des prix à la pompe" pour redistribuer les profits supplémentaires réalisés grâce à la flambée des cours du brut, selon des déclarations rapportées par la Tribune Dimanche.

TotalEnergies a annoncé mercredi de juteux bénéfices de 5,8 milliards de dollars au premier trimestre (4,96 milliards d'euros), soit une hausse de 51% sur un an et un doublement par rapport au 4e trimestre 2025. En conséquence, et si la crise devait se prolonger, le PDG a précisé qu'il était "fort probable" que son groupe soit éligible en 2026 à la surtaxe sur les multinationales instaurée en 2025, en raison des marges exceptionnelles de son activité de raffinage depuis le début de la guerre.

Cette surtaxe sur les grandes entreprises, mise en place par le gouvernement en 2025 et reconduite pour l'année 2026, s'applique aux entreprises ayant un chiffre d'affaires d'au moins 1,5 milliard d'euros. Mais le géant pétrolier n'y était pas soumis au titre de l'année 2025 car cette activité était déficitaire en France. Le PDG a aussi précisé ses propos alarmistes de fin avril sur une "ère de pénurie énergétique" si le blocage du détroit d'Ormuz par Téhéran durait encore "deux ou trois mois". "Je n'ai jamais parlé de pénurie en France parce que justement nous saurons l'approvisionner", a-t-il assuré.

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Il n'y aura pas de manque de carburant en France mais "cela aura un coût plus élevé", puisque "nous devrons acheminer des carburants en concurrence avec l'Asie vers la France, donc en payant plus cher", a-t-il toutefois prévenu.

Le gouvernement veut "changer d'échelle" pour "adapter" ses dispositifs

Cette déclaration intervient alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait savoir plus tôt dans la journée que le gouvernement s'exprimera "en début de semaine prochaine" pour "changer d'échelle" et "adapter" ses dispositifs de soutien à l'activité économique, face à la flambée des prix des carburants qui se prolonge. "On peut tenir ce cap" du soutien à l'activité "mais désormais, il va falloir changer d'ampleur et d'échelle", a-t-il affirmé devant l'Assemblée nationale, en réponse à une question du chef de file du groupe MoDem Marc Fesneau.

"Le gouvernement sera amené à reprendre la parole en début de semaine prochaine pour adapter l'ensemble des dispositifs au soutien à l'activité et à l'économie", a-t-il ajouté. Le chef du gouvernement a reconnu que la situation sur le plan économique était "particulièrement difficile et grave" du fait de la guerre au Moyen-Orient, où "nous ne sommes pas loin d'un risque de reprise des combats".


Il a redit que le gouvernement effectuerait un point "tous les dix jours" sur les surplus fiscaux générés par la hausse des prix des carburants - 190 millions sur mars-avril -, qui financeront "intégralement" les aides aux secteurs les plus touchés. Côté distributeurs, il a admis "qu'on peut avoir un débat sur la redistribution des richesses de TotalEnergies sans tomber dans un Total-bashing".

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