2 min de lecture

Passer le test HOMA pour évaluer son risque de diabète, est-ce vraiment utile ou pas ?

On parle de plus en plus du test HOMA sur les réseaux sociaux. Des laboratoires d’analyses médicales le proposent, certains médecins le prescrivent. Réalisé à partir d’une prise de sang, il permet de diagnostiquer une résistance à l’insuline, et par là, le risque de développer un diabète à plus long terme. Efficace ou pas ?

La mesure du tour de taille donne autant d'informations que le test HOMA.

Crédit : Pixabay

Le test HOMA pour évaluer son risque de diabète, utile ou pas ?

00:04:12

Le test HOMA pour évaluer son risque de diabète, utile ou pas ?

00:04:13

Aline Perraudin

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Le test HOMA (pour Homeostasis Model Asseement) est un test qui évalue la résistance à l’insuline. L’insuline, c’est l’hormone qui permet au glucose, d’entrer dans les cellules pour être utilisé comme énergie. On parle de résistance à l’insuline quand les cellules deviennent moins sensibles à l’insuline. Le glucose a plus de mal à entrer, il reste davantage dans le sang.

Le pancréas doit produire plus d’insuline pour essayer de maintenir une glycémie normale. Cette résistance à l’insuline est souvent un signe précoce de risque de diabète de type 2. Elle peut être détectée alors que la glycémie est normale, plusieurs années avant l’apparition d’un diabète.

On le calcule à partir de deux valeurs: la glycémie, le taux de sucre dans le sang, et l’insulinémie, c’est-à-dire le taux d’insuline dans le sang. Un indice HOMA supérieur à 2,4 indique généralement une résistance à l’insuline. Il faut faire une prise de sang à jeun. Certains nutritionnistes le conseillent, des médecins le demandent dans certaines situations.

Une "fiabilité limitée"

L’argument, c’est que cela permet d’identifier un déséquilibre métabolique et d’agir en conséquence, de revoir son alimentation et de bouger davantage, pour éviter de développer plus tard un diabète de type 2 ou une maladie cardiovasculaire.

Ce test est-il fiable ? C’est là le problème. "Il a une fiabilité limitée", souligne le Pr Eric Renard, diabétologue au CHU de Montpellier car le résultat dépend de la méthode utilisée pour doser le taux d’insuline. Il n’y a pas de méthode standardisée. Au lieu de dépenser 20 ou 30 euros en faisant ce test, il y a bien plus simple à faire pour estimer son risque cardiovasculaire ou de développer un diabète. C’est de prendre un ruban-mètre et de mesurer son tour de taille.

Avec un tour de taille supérieur à 80 cm si on est une femme, le risque est accru. S’il est supérieur à 88 cm, le risque est accru de manière importante. Et chez un homme, le risque est accru avec un tour de taille supérieur à 94 cm, et fortement augmenté s’il dépasse 102 cm.

Un test qui n'est pas utile et qui coûte cher

"Par conséquent, le test HOMA ne sert à rien. Sauf cas très spécifiques, il n’est pas recommandé en routine. C’est plus un outil de recherche, ajoute le diabétologue. Le tour de taille apporte les mêmes informations. » D’ailleurs, si on a trop de ventre, on aboutit aux mêmes recommandations qu’avec un indice HOMA élevé : il faut revoir son alimentation et faire de l’exercice régulièrement.

Derrière cette "mode" du test HOMA, se cache souvent une démarche commerciale puisque certains laboratoires en profitent pour recommander la prise de compléments alimentaires, comme le chrome, le zinc, la cannelle… en cas d’indice HOMA élevé. Ce qui, selon le spécialiste, est parfaitement inutile.

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info