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"On ne se reconnaît pas" mais "on continue à vivre" : sur RTL, des grands brûlés racontent le "parcours de soins très long" qui attend les victimes de Crans-Montana

Sur RTL, deux grands brûlés ont raconté leur parcours de reconstruction après leur accident. Soins médicaux, aspect psychologique, regard d'autrui... Ils reviennent sur les étapes délicates qui se profilent pour les rescapés de l'incendie à Crans-Montana.

L'entrée du bar Le Constellation le 2 janvier 2026, après un incendie meurtrier qui s'est déclaré au petit matin du jour de l'An à Crans-Montana.

Crédit : Harold Cunningham / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

L'INTÉGRALE - Les Auditeurs ont la parole du 09 janvier 2026

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Marine Langlois

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"On est nombreux, mais on ne nous voit pas." Laurent Gaudens avait 4 ans quand il a été brûlé sur 60% du corps par un barbecue, comme il l'a raconté sur RTL ce vendredi 9 janvier. Après un lourd parcours de soins - une vingtaine d'années, 80 interventions chirurgicales, 150 anesthésies générales -, il a décidé de créer l'association Burns and Smiles pour sensibiliser le grand public mais aussi aider les grands brûlés à sortir de chez eux. 

Un sujet d'autant plus d'actualité, plus d'une semaine après l'incendie du bar Le Constellation à Crans-Montana, en Suisse, qui a fait 116 blessés et 40 morts la nuit de la Saint-Sylvestre. Des dizaines de personnes sont toujours à l'hôpital souvent dans des services de grands brûlés, le début d'un "parcours de soins très long", comme l'explique Laurent Gaudens. 

"Il y a une première partie où on est à l'hôpital pendant plusieurs mois. Si vous interrogez souvent les grands brûlés, ils vous diront qu'ils sont restés à l'hôpital plusieurs mois. Ensuite, il y a de la rééducation, pendant assez longtemps. Et après, il y a tout un parcours de chirurgie : chirurgie réparatrice et puis ensuite chirurgie esthétique. Et tout ça, ça prend du temps, on ne peut pas tout faire tout de suite", détaille Laurent Gaudens sur RTL. 

"On ne se reconnaît pas dans un miroir"

S'ajoute à cela, la partie psychologique, surtout le moment "très violent" où les victimes se verront dans un miroir pour la première fois. Laurent se souvient être resté "de longues secondes" devant le miroir avec sa mère. "On ne se reconnaît pas dans un miroir, donc c'est là où les psychologues sont très importants, sont à vos côtés pour pouvoir vous accompagner, ajoute-t-il. Et c'est un des grands challenges après, au-delà de la douleur." 

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Âgé de 45 ans, Milo a lui été brûlé sur 60% du corps à 3 ans lors d'une opération militaire. Il se souvient également du moment où il a découvert son nouveau visage pour la première fois. "J'étais prêt à repartir au combat. Pour moi, je n'avais rien, c'était normal. Je ne savais pas ce que j'avais. Et je crois que c'est les collègues qui m'ont dit, 'non mais t'es brûlé, tu ne peux rien faire, c'est fini'", raconte-t-il sur RTL. 

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Gérer les soins, l'aspect psychologique mais aussi également les jugements extérieurs. "Quand on nous regarde, il faut arriver à accepter le regard des autres sur soi", explique Milo, affirmant être "regardé comme des bêtes". Des réactions parfois violentes que Laurent Gaudens a aussi dû subir très jeune. "Mes parents m'ont sorti tout de suite après le retour à la maison et on a eu des réactions violentes dans la rue. Il y a même des personnes qui se sont mises à hurler en me voyant. Ça peut être très très violent comme réaction", confie-t-il. 

Aujourd'hui, Milo veut juste continuer à avancer, affirmant qu'il ne "cherche pas de l'empathie". "Juste laissez-nous, on vit tranquillement, on a été brûlés. Nous, on continue à vivre. On ne demande rien à personne."

Laurent Gaudens de son côté se mobilise avec son association Burns and Smiles ("des brûlures et des sourires" en français) dont l'un des engagements est de sensibiliser le grand public. "Parce que vous pouvez aider une personne qui est brûlée à sortir de chez elle, à essayer de reprendre sa place dans la société. S'il n'y a que des réactions négatives de rejet ou de gêne parce que les gens ne sont pas habitués à nous voir, en fait ça fait l'effet inverse, c'est-à-dire qu'on a de nouveau envie de se cacher", regrette-t-il. 

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