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Obésité : à l’école, au travail, chez le médecin... Comment la stigmatisation peut aggraver la prise de poids

Moqueries, discriminations et remarques blessantes ne relèvent pas seulement du manque de bienveillance : elles peuvent aussi aggraver le surpoids et l’obésité, au point d’en faire un véritable enjeu de santé publique.

La stigmatisation de l'obésité n'aide pas à faire maigrir, au contraire... (photo d'illustration).

Crédit : DEON BLACK / PEXELS

Violette Babocsay - édité par La rédaction numérique de RTL

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Aujourd’hui encore, les personnes vivant avec une obésité sont très souvent confrontées à des jugements, à des discriminations ou à des remarques blessantes liées à leur poids. C’est cela, la stigmatisation de l’obésité : le fait de réduire une personne à son apparence corporelle, avec à la clé des stéréotypes négatifs et des traitements injustes.

Cette stigmatisation se manifeste dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. À l’école, les enfants en surpoids sont davantage exposés aux moqueries et au harcèlement. Dans le monde professionnel, certaines études montrent qu’ils peuvent être pénalisés à l’embauche ou dans l’évolution de leur carrière.

Le milieu médical n’échappe pas à ce phénomène. Certaines personnes rapportent que tous leurs problèmes de santé sont systématiquement attribués à leur poids. Cette réduction peut avoir des conséquences concrètes : elle peut conduire à retarder ou éviter certaines consultations, ou encore à passer à côté de diagnostics importants.

Pourquoi la stigmatisation peut aggraver l’obésité

On pourrait croire que ces remarques ou cette pression poussent à perdre du poids. C’est une idée très répandue. Pourtant, les recherches montrent plutôt l’inverse. Aujourd’hui, la stigmatisation du poids est considérée comme un facteur susceptible de contribuer à aggraver l’obésité.

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Plusieurs mécanismes peuvent l’expliquer. D’abord, elle augmente le stress chronique. Ensuite, elle peut conduire certaines personnes à éviter l’activité physique, par peur du regard des autres ou de remarques humiliantes. Elle peut aussi favoriser l’alimentation émotionnelle, c’est-à-dire le fait de manger pour faire face à des émotions difficiles.

Une étude marquante sur l’alimentation émotionnelle

Un exemple concret permet de mieux comprendre ce phénomène. Dans une étude publiée en 2011, des chercheurs ont montré à des femmes en surpoids plusieurs vidéos associant le poids à des stéréotypes négatifs, comme le fait d’être paresseuses ou maladroites. Les participantes ont ensuite eu accès à différentes collations.

Résultat : celles qui avaient été exposées au contenu stigmatisant ont consommé trois fois plus de calories que celles qui avaient vu un contenu neutre. Autrement dit, la culpabilité ou l’humiliation ne sont généralement pas de bons moteurs pour améliorer durablement sa santé.

Reconnaître cela ne revient pas à nier les complications qui peuvent découler du surpoids ou de l’obésité. Un excès de masse grasse peut entraîner des conséquences pour la santé. Mais il est possible d’en parler sans porter de jugement sur les personnes concernées. Ces deux idées ne sont pas contradictoires. C’est même une approche plus efficace pour aider chacun à prendre soin de lui sur le long terme.

Au fond, le point essentiel ne concerne pas seulement ce que l’on met dans son assiette. Il concerne aussi la façon dont nous parlons du poids et dont nous traitons les personnes concernées. Car la stigmatisation n’est pas seulement une question de respect ou de bienveillance : c’est aussi une question de santé publique.

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